Publié le 27/07/2017 à 10:25 / Talluto Franck

Préfecture

Le préfet de la Loire, Evence Richard, revient sur le rôle des lieutenants de louveterie et le déroulement des battues administratives.

Lors de la dernière saison cynégétique, 14 battues de destruction de sangliers ont été ordonnées par le préfet. Un chiffre bien inférieur à ce qui est pratiqué dans certains départements voisins.

Les interventions des louvetiers, en particulier lors des battues administratives, s'effectuent sous l'autorité du préfet, dans le cadre d'arrêtés préfectoraux qui en déterminent très précisément les conditions de lieu et de temps. Ces battues peuvent s'effectuer dans deux cadres :
- soit lorsque des animaux par leur présence, sur ou à proximité de voies de circulation, d'équipements publics ou de secteurs habités présentent un risque pour la sécurité des personnes qui y circulent ou qui y résident ;
- soit lorsque des animaux, par le nombre excessif, occasionnent aux cultures agricoles des dommages importants.


Le communiqué de la préfecture rappelle que, « quel que soit le cadre de leur exercice, ces battues sont toujours limitées dans le temps et dans l'espace. Par ailleurs, ces battues ne sont ordonnées que lorsque les autres opérations de régulation se sont avérées inopérantes, soit parce que les actions de chasse, compte tenu du lieu, ne sont pas praticables, soit parce que les actions de chasse pratiquées localement s'avèrent durablement insuffisantes ».


Lors de la dernière saison cynégétique, 14 battues de destruction de sangliers ont été ordonnées par le préfet, elles ont donné lieu au prélèvement de 7 sangliers au total. « Ces chiffres démontrent que, dans la Loire, le nombre de battues administratives ordonnées et les prélèvements qu'elles occasionnent se situent bien en deçà de ce qui est pratiqué dans les autres départements de la région », indique le préfet. A titre d'exemples, voici quelques chiffres de départements dont le tableau de chasse est proche de celui de la Loire : 106 battues administratives, 30 sangliers prélevés dans le Cantal ; 128 battues administratives, dont 21 de destruction, 50 sangliers prélevés en Haute-Loire ; 25 battues administratives de destruction, 23 sangliers prélevés en Haute-Savoie.

« Ces battues devraient s'exécuter avec l'appui des chasseurs locaux »

« Ces battues ne concernent qu'une infime partie des territoires de chasse et ne représentent qu'un tout petit pourcentage des animaux prélevés par les chasseurs (près de 2 800 sangliers sur 2016/2017). » Le communiqué rappelle également que « ces battues, qui répondent à un intérêt général, devraient s'exécuter avec l'appui des chasseurs locaux, ce qui, dans la Loire, est rarement le cas, obligeant les louvetiers à s'adjoindre le concours de chasseurs extérieurs aux secteurs où ils interviennent, voire à être accompagnés de la force publique, quand la passivité se transforme en franche hostilité ». Pour le préfet de la Loire, « l'action de la louveterie n'a pas vocation à se substituer et ne se substitue pas aux actions de chasses menées dans le cadre des structures locales. Elle répond à des nécessités et relève de l'intérêt général. C'est pourquoi elle nécessite d'être soutenue, et il n'est pas admissible qu'il puisse y être fait obstacle ».


Le communiqué adressé par la préfecture fait effectivement écho au récent éditorial du magazine de la Fédération départementale des chasseurs (Chasseur de la Loire n°196), dans lequel l'action de la louveterie, et notamment ses interventions lors de battues administratives, ont été mises en cause : « Cette mise en cause ne peut laisser le préfet indifférent dans la mesure où les lieutenants de louveterie, désignés par le préfet et assermentés par le procureur de la République, sont des collaborateurs du service public dans l'exercice des missions qui leur sont confiés par le représentant de l'État. Ils font depuis plusieurs mois l'objet de pressions, et même parfois de menaces, y compris sur leurs familles, ce qui est proprement intolérable compte tenu du cadre dans lequel ils interviennent. Comme pour tout fonctionnaire ou assimilé, le représentant de l'Etat leur doit la protection de l'Etat et se joindra à toutes les procédures pour leur apporter son soutien. »

LGF, d'après un communiqué de la préfecture de la Loire

 

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