Publié le 14/02/2018 à 15:15 / Talluto Franck

Réseau FNSEA-JA

Stop au double discours !
Les agriculteurs de la Loire ont devancé le mot d'ordre lancé par la FNSEA et JA pour manifester mercredi 21 février. Ils étaient ce mercredi 14 février devant les sous-préfectures de Roanne et Montbrison pour dénoncer le franchissement de la ligne rouge par le président de la République avec les accords de libre échange avec les pays du Mercosur.

Les sous-préfets de Roanne et Montbrison ont pris note des revendications des agriculteurs. Ici, à Montbrison.

Le monde agricole l'avait compris le 25 janvier lors du discours d'Emmanuel Macron au monde agricole dans le Puy-de-Dôme, il en a eu la confirmation quelques jours après. « La France et l'Union européenne se préparent à lâcher l'agriculture dans la négociation en cours sur le Mercosur, écrivaient la FNSEA et les Jeunes agriculteurs dans un communiqué daté du 31 janvier. Toutes les lignes rouges sont franchies : économiques, sanitaires et environnementales. » Ainsi, en fin de semaine dernière, le syndicalisme majoritaire a lancé un appel à la mobilisation pour mercredi 21 février. La FRSEA et JA Aura s'y préparent.


La FDSEA et les Jeunes agriculteurs de la Loire ont préféré devancer ce mot d'ordre et mobiliser leur troupes dès mercredi 14 février, en guise de préambule. Ainsi, le rendez-vous avait été donné devant les sous-préfectures de Roanne et de Montbrison. Les agriculteurs ligériens ont voulu pointer du doigt le double discours des responsables politiques français qui sème l'incompréhension. « D'un côté, il est demandé aux agriculteurs français de produire avec des contraintes toujours plus compliquées ; de l'autre, des produits étrangers dont les normes de production sont strictement opposées aux nôtres pourront librement être mis sur le marché français », expliquait un communiqué signé de la FDSEA et de JA Loire.

 

D'un côté, il est demandé aux agriculteurs français de produire avec des contraintes toujours plus compliquées, et de l'autre des produits étrangers dont les normes de production sont strictement opposées aux nôtres pourront librement être mis sur le marché français.

« Toutes les lignes rouges sont franchies »

« Malgré la signature d'une charte d'engagement par les représentants des entreprises agro-alimentaire et de la distribution, nous constatons d'extrêmes tensions dans les négociations commerciales, indiquaient les responsables syndicaux. Il nous semblait que le gouvernement nous avait entendus en organisant les Etats généraux de l'alimentation. Et ce même gouvernement semble prêt à sacrifier notre agriculture en ratifiant les accords UE-Mercosur. » Pour la FDSEA et JA Loire, concernant le Mercosur, « toutes les lignes rouges sont franchies ». Selon la FNSEA et JA national, « le sacrifice de la filière bovine est une évidence. Le Mercosur représente déjà les trois-quarts des importations de bœuf de l'Union européenne. Les producteurs de ces pays sont extrêmement compétitifs et exportent malgré l'application des droits de douane prévus par l'OMC. Nos producteurs ne pourront pas lutter ! Et le secteur bovin n'est pas le seul sacrifié. Le chef de l'Etat a oublié de mentionner le poulet brésilien, la viande porcine, le sucre ou l'éthanol ».


Pour le syndicalisme majoritaire, ce n'est pas seulement les emplois de plusieurs dizaines de milliers d'éleveurs qui sont « bradés » dans le cadre de cet accord, mais aussi la qualité de l'alimentation et la santé des Français : « Entre le fait de produire localement en tenant compte de critères toujours plus exigeants et l'approvisionnement où seul le prix entre en ligne de compte, les positions doivent être précisément tranchées ! »

Lucie Grolleau Frécon

 

 

Mots clés : FDSEA JA FNSEA MOBILISATION LOIRE AGRICULTURE ROANNE MONTBRISON TRACTEURS EMMANUEL MACRON SOUS-PRÉFET MERCOSUR 21 FÉVRIER 2018