Publié le 12/04/2018 à 08:25 / Talluto Franck

Enseignement agricole

Le challenge AgriManager touche à sa fin
Les étudiants de quatre classes d'enseignement agricole du département se sont amicalement affrontées autour du jeu AgriManager. Alors que le challenge proposé par le Crédit agricole touche à sa fin, élèves, enseignants et professionnels évoquent l'intérêt pédagogique du jeu créé par la banque verte.

AgriManager est

C'est ce vendredi 13 avril que s'achève le challenge AgriManager organisé par le Crédit agricole Loire Haute-Loire autour de son serious game (lire l'encadré ci-dessous). Trois établissements y ont pris part et le classement permettra de récompenser les trois meilleurs joueurs, qui recevront leur lot (une tablette) lors de la Fête de l'agriculture, le 19 août à Rozier-en-Donzy, avec aussi des dotations collectives pour chacune des quatre classes participantes (1).

 

Pour la banque verte, l'enjeu autour de cet événement était simple : montrer aux élèves de manière concrète mais ludique la diversité des tâches et responsabilités qu'impose la gestion d'une exploitation agricole. « Être bon en technique est une chose, être bon en gestion en est une autre. Or il est plus facile de se faire accompagner dans la technique que dans la gestion », rappelait André Peyret, vice-président de la caisse régionale, dans l'enceinte du lycée agricole de Précieux à l'occasion du lancement du challenge, le 3 avril.

 

Ce jour-là, 19 élèves en 1re année de BTSA Acse étaient réunis dans la salle informatique de l'établissement forézien. Chacun installé devant un ordinateur, ils ont suivi une petite session d'initiation à AgriManager avant de démarrer une partie en mars 2016 à la tête d'une exploitation de plaine à dominante viande. Objectif : arriver jusqu'en mars 2021 en prenant leurs propres décisions afin d'obtenir le meilleur score possible (2) et, surtout, d'éviter le game over.

« Un réel intérêt pédagogique »

Coordinateur de la filière BTS Acse (Analyse et conduite des systèmes d'exploitations) à Précieux et formateur en économie-gestion, Philippe Barraud disait à cette occasion voir « un réel intérêt pédagogique à cette animation ». « Les jeunes se sont tout de suite impliqués dans le jeu et ce format leur permet d'apprendre de leurs erreurs », estimait-il. Un constat appuyé par David Jouve, directeur de l'EPLEFPA de Montbrison : « Le serious game est très puissant pour sensibiliser les élèves. »

 

Le fait de pouvoir apprendre de ses erreurs est l'un des atouts du jeu selon Philippe Barraud : « Quand ils se trompent, les étudiants cherchent à comprendre pourquoi et c'est très intéressant. J'ai aussi pu constater que tous avaient leur stratégie, certains ont été plus prudents et ont pris le temps d'analyser, d'autres sont partis bille en tête... J'ai parfois retrouvé les caractères que j'observe en cours. »

 

Les élèves se sont pris au jeu. « J'étais curieux de voir ce que donnait AgriManager et on se rend vite compte des difficultés qui peuvent arriver, acquiesce Florian, qui a pour projet de s'installer en vaches allaitantes. On voit le métier différemment, on est au cœur de la prise de décision, donc de l'entreprise et c'est difficile, il faut bien gérer et penser à tout. J'avais conscience de tout cela, mais cette expérience me renforce dans cette idée. J'ai vu des choses auxquelles je ne m'attendais pas forcément, comme toutes les assurances qui peuvent permettre d'éviter des problèmes auxquels on pense seulement quand ils arrivent... L'expérience est positive. »

« C'est marrant et assez réaliste »

Même son de cloche chez Clément, qui souhaite, lui, s'installer en Gaec avec son père à Saint-Nizier-de-Fornas et y développer du poulet label en plus des charolaises déjà en place. « J'avais envie de voir comment ça se passait, c'est marrant et assez réaliste, estime le jeune homme. J'ai par exemple dû recommencer du début car j'ai d'abord voulu autofinancer le matériel et je me suis retrouvé dans le rouge... Après avoir joué à AgriManager, j'interrogerai sans doute mon père sur ce qui concerne les prêts bancaires, les aides. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de travail sur ces questions-là. »

 

Bertrand Palais, installé depuis 2005 à Cottance/Rozier-en-Donzy, se réjouit de voir ses futurs collègues pouvoir se frotter à la réalité de manière virtuelle. « Je ne suis pas si vieux que cela, mais je n'ai pas eu la chance d'avoir un tel outil », glissait avec le sourire le secrétaire général de Jeunes Agriculteurs Loire avant de se montrer plus sérieux : « J'espère que ce jeu va amener de la pédagogie aux étudiants car les exploitations sont de plus en plus grandes. Il faut savoir prendre le temps de la réflexion et, en tant qu'exploitant, il devient impératif d'avoir des notions de gestion. Elle est devenue essentielle, la technique ne suffit pas. »

 

Alors que le challenge AgriManager sera décliné en Haute-Loire au cours de l'année, la réflexion est en cours pour lui donner une 2e édition dans notre département. A noter qu'AgriManager propose trois modes de jeu : individuel, classe et compétition. Le second cité permet à l'ensemble des enseignants d'intégrer ce jeu à leurs cours.

Franck Talluto

(1) LEGTA de Précieux-Saint-Genest-Malifaux (sur les deux sites), lycée agricole de Roanne-Chervé et MFR Les Athiauds à Saint-Germain-Lespinasse.
(2) Le score est calculé selon différents critères : des finances saines, un exploitant prévoyant (épargne et assurances) et qui gagne en confort (services et assurances souscrits), le niveau de production de l'exploitation et sa gestion équilibrée.

 

AgriManager, c'est quoi ?

Développé par le Crédit agricole Agrimanager est un jeu à vocation pédagogique accessible gratuitement depuis le site internet www.ca-agrimanager.com. Ce serious game invite à se plonger dans la peau d'un agriculteur à la tête d'une exploitation. Le joueur se confronte ainsi aux différentes problématiques (budget, souscription d'assurances, achat de matériel, aléas climatiques, épidémies, vols) en cherchant à se développer tout en maîtrisant son budget.