Publié le 15/05/2018 à 13:20 / Talluto Franck

Comité départemental loup

Informer sur le loup et renforcer la surveillance
Le préfet de la Loire a installé, lundi en fin de journée, le comité départemental loup. Il avait été créé par arrêté préfectoral le 8 mars 2018 suite à l'attaque avec prédation d'un loup sur un mouton dans la nuit du 26 au 27 février sur la commune de Saint-Pierre-de-Bœuf, puis d'une seconde à Périgneux sur un chevreuil.

La première réunion du comité départemental loup a permis d’installer officiellement le comité loup, de partager les informations disponibles, d’arrêter quelques pistes d’action.

Les premiers constats de présence avérée du loup dans le département, fin février à Saint-Pierre-de-Bœuf puis à Périgneux, n'ont pas été une surprise. Il est effectivement présent depuis plusieurs années dans des départements voisins. Mais cela ne conduit pas à considérer le département comme une zone de présence permanente du loup. La perspective d'installation de foyers de présence permanente du loup n'est pas d'actualité immédiate, indiquaient les services départementaux de l'Etat lors de la conférence de presse qui se tenait juste avant la première réunion du comité départemental loup, lundi 14 mai. Néanmoins, il est nécessaire de déployer dans le département les premières dispositions et mesures d'organisation prévues au plan national loup. D'où l'installation du comité départemental loup, officialisé lundi en fin de journée.


Cette instance réunit tous les acteurs impactés par l'arrivée du loup : services départementaux et régionaux de l'Etat, syndicats agricoles, Chambre d'agriculture, représentants des intérêts forestiers, association des maires, Conseil départemental, louveterie départementale, Fédération des chasseurs, associations de protection de la nature, Gendarmerie... L'objectif est de « partager » en toute transparence les informations objectives sur la situation départementale, son évolution et les mesures engagées, « d'échanger et d'arrêter, le cas échéant, des dispositifs », précisait le préfet de la Loire, Evence Richard.

Etat des lieux

La première réunion du comité départemental loup a permis d'installer officiellement le comité loup, de partager les informations disponibles, d'arrêter quelques pistes d'action. Ainsi, il a été présenté la répartition nationale et régionale de la présence du loup et ses évolutions, ainsi que les axes d'action du plan national loup au regard des activités d'élevage (gouvernance, protection des troupeaux, indemnisation des dommages, interventions sur la population de loups). La situation du département de la Loire a ensuite été présentée, ainsi que le dispositif en place.

 

La perspective d’installation de foyers de présence permanente du loup n’est pas d’actualité immédiate, indiquaient les services départementaux de l’Etat.


Il a été rappelé que, dans la situation actuelle, le loup ne peut faire l'objet d'aucune dérogation pour des tirs de défenses ou de prélèvement. L'indemnisation de prédation d'animaux domestiques reconnue de la responsabilité du loup est possible. Des crédits d'urgence venant du ministère de l'Agriculture sont mobilisables par l'intermédiaire de la DDT, à condition que les animaux respectent la réglementation relative à l'identification, précise Xavier Céréza, directeur de la DDT de la Loire. Ainsi, le mouton reconnu comme tué par le loup à Saint-Pierre-de-Bœuf a fait l'objet d'une indemnisation, suivant le barème de la Draaf. Les aides financières pour la protection des troupeaux viennent du ministère de l'Environnement (fonds Feader).

 

Le monde agricole, « s'interroge, il est inquiet et désireux de connaître les dispositifs », rapportait le préfet en conférence de presse : « Tout le monde a en tête la situation dans le massif alpin, mais les pratiques d'élevage sont différentes. Puisque la présence permanente du loup n'est pas reconnue, le département n'est pas ouvert à tous les dispositifs. » Les actions mises en œuvre seront progressives et adaptées à l'évolution de la situation. Le comité départemental loup devrait être amené à se réunir à fréquence régulière (probablement une fois par semestre), et plus fréquemment si la situation évolue.

Suivi accentué

Il a été acté des mesures de suivi, dans le prolongement de l'organisation départementale déjà en place avec la cellule de veille, en réponse à l'entrée du département dans le réseau régional loup. Le département a effectivement besoin désormais d'un suivi accentué. La cellule de veille installée en 2009 sur le département va se transformer en une déclinaison technique opérationnelle du comité loup pour le suivi territorial d'indices et l'expertise des signalements. D'autre part, les principes de remontées des signalements d'observations ou de prédation ont été clarifiés afin d'en améliorer la réactivité. « Les acteurs de la cellule de veille seront conservés pour avoir plus de réactivité et d'efficacité, précise Denis Toumy, chef du service Eau – Environnement de la DDT. Il faut travailler sur la qualité du signalement et veiller à ce que la scène ne soit pas souillée pour tirer le meilleur parti des traces laissées par le prédateur. »


Dans le cadre du volet communication, le site internet de la préfecture est régulièrement mis à jour pour communiquer sur les dernières informations relatives au loup : tableau des signalements et conclusion des expertises, dispositif d'indemnisations et de protection du plan national. « Depuis la première attaque fin février, on a l'impression que tout le monde voit le loup partout », indiquait le préfet. Les signalements de suspicions d'attaques de loup se sont multipliés : « La preuve a été faite qu'il s'agissait de chiens errants. Il nous faut d'ailleurs rappeler aux maires les mesures pour les chiens errants. » Et d'ajouter : « Il est nécessaire d'avoir un volet communication pour dissiper les craintes, infondées, des concitoyens. »

Lucie Grolleau Frécon

 

« Le loup n'a pas sa place dans la Loire »

Gérard Gallot, président de la FDSEA de la Loire, participait à la première réunion du comité départemental loup, lundi 14 mai, aux côtés de Raymond Vial, président de la Chambre d'agriculture de la Loire, Rémi Jousserand, président de Jeunes agriculteurs Loire, et Jean-Paul Metton représentant la section dégâts de gibiers de la FDSEA. « Nous avons dit, à plusieurs reprises, que le loup n'a pas sa place dans notre département, où les animaux sont élevés en plein air. Le pâturage fait partie de l'élevage ligérien. » Et d'ajouter : « Nous sommes pour l'instant uniquement sur des passages d'un ou deux loups. Ce ne sera sûrement pas la même chose lorsqu'une meute se sera installée. Il faut signaler que les chiens errants sont aussi très dangereux pour nos troupeaux. »

La cellule technique, déclinaison de la cellule de veille, « reste à affiner ». « A la FDSEA, nous allons re-mobiliser les personnes qui avaient été formées lors de la création de la cellule de veille. Nous ferons en sorte que les personnes compétentes et les plus concernées siègent au bon endroit. Bien évidemment, cela se fera en concertation avec la section dégât de gibiers. » Gérard Gallot poursuit : « Bien évidemment, nous suivrons de près le dossier du loup. Nous échangeons régulièrement avec nos collègues de départements où le loup est présent. Nous connaissons les conséquences sur les éleveurs de vivre avec le loup. Ils ont la pression au quotidien, les burn-out sont de plus en plus fréquents. Les attaques ne sont pas uniquement sur les ovins. Les bovins sont concernés. »

Les responsables professionnels agricoles ont conscience que les dispositifs de prévention ne peuvent pas être actionnés puisque la présence permanente du loup n'est pas reconnue. « Il faut rappeler les risques liés aux chiens patous », dont le travail est de protéger les troupeaux : « Ils peuvent être dangereux pour les promeneurs, pour les enfants. »

 

Mots clés : LOIRE GÉRARD GALLOT EVENCE RICHARD MAI 2018 COMITÉ DÉPARTEMENTAL LOUP