Publié le 09/07/2018 à 11:40 / Talluto Franck

Sanitaire

Peste porcine africaine : prévenir pour limiter la propagation
Les services départementaux de l'Etat mettent en garde les éleveurs contre l'accélération de la propagation en Europe de la Peste porcine africaine et dispense des mesures de prévention. Les voyageurs ont eux aussi leur rôle à jouer dans la prévention contre cette maladie.

La prévention contre la Peste porcine africaine dans les élevages de porcs et de sangliers passe par le respect de mesures générales de biosécurité et dans la mise en oeuvre de mesures plus spécifiques liées au mode de contamination.

La Peste porcine africaine (PPA) est une maladie virale hautement contagieuse. En Europe, où elle est présente depuis plusieurs années, elle affecte les porcs et les sangliers. La maladie n'est pas contagieuse pour l'homme. A ce jour, la PPA est présente dans les populations de sangliers et/ou de porcs des pays suivants : Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, République tchèque, Hongrie, Russie, Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Roumanie. Les conséquences économiques de l'arrivée de la maladie en France seraient très importantes pour la filière porcine. La PPA peut se transmettre facilement d'un animal à l'autre ou par des objets ou des aliments contaminés. Il n'y a ni traitement, ni vaccin.

Symptômes et transmission

Selon la virulence de la souche impliquée, la PPA va se présenter sous différentes formes :
- forme aiguë : forte fièvre, anorexie, léthargie, désordres hématologiques s'accompagnant d'hémorragies souscutanées et d'ictère, diarrhée, mort rapide (2 à 3 semaines) et taux de mortalité pouvant avoisiner les 100 % ;
- forme subaiguë : symptômes moins intenses, avec un taux de mortalité moindre et la mort survenant dans un délai plus long ;
- forme chronique : une clinique insidieuse est observée, avec des signes frustes d'une maladie évoluant sur plusieurs mois.

 

La maladie étant très contagieuse, les symptômes se propagent très rapidement à l'ensemble des porcs d'une exploitation. Chez les sangliers, une forte mortalité est souvent rapportée. Ces derniers mois, la PPA s'est propagée en Europe, malgré les mesures de lutte mises en place, touchant des pays qui étaient jusque-là indemnes. Deux facteurs expliquent cette propagation :
- les sangliers : ils sont considérés comme le réservoir du virus et, par leurs déplacements non contrôlables, peuvent propager la maladie en-dehors des zones déjà infectées voire dans les pays transfrontaliers ;
- le facteur humain : c'est le risque principal de dispersion de la maladie vers de nouvelles régions ou de nouveaux pays qui ne sont pas en lien territorial avec des zones déjà infectées. En effet, le virus est persistant dans certaines denrées alimentaires à base de produits et/ou viande de porcs contaminés, comme des charcuteries. Ces produits en provenance de zones infectées peuvent contaminer les porcs ou sangliers, notamment lors de l'abandon de déchets dans la nature.

Mesures de prévention

La prévention contre la PPA dans les élevages de porcs et de sangliers, passe par le respect de mesures générales de biosécurité et dans la mise en oeuvre de mesures plus spécifiques liées au mode de contamination de la PPA :
- utilisation de tenues vestimentaires dédiées par l'éleveur ;
- limitation de l'accès aux exploitations porcines aux seules personnes indispensables au bon fonctionnement de la structure ;
- interdiction de distribution de déchets de cuisine aux porcs ;
- mise en quarantaine des nouveaux porcs introduits au sein d'un élevage ;
- interdiction de pénétrer au sein d'une exploitation porcine ou d'entrer en contact avec des porcs dans les 72 heures qui suivent un contact avec un sanglier sauvage.

 

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de la Loire rappelle qu'il est strictement interdit de :
- ramener de la viande de porc ou de sanglier ou des produits de viande de porc ou de sanglier issus de pays ou de zones où sévit la PPA ;
- donner à manger des déchets d'alimentation à des porcs ou sangliers ;
- abandonner des déchets ou des restes d'aliments dans la nature.

 

Le fait de provoquer ou de propager involontairement une épizootie (épidémie animale) est puni d'une amende de 15 000 euros et d'un emprisonnement de deux ans (article L.228-3 du Code Rural et de la Pêche Maritime).

D'après un communiqué de la préfecture de la Loire
Mots clés : SANITAIRE LOIRE AGRICULTURE ÉLEVAGE SANGLIERS PESTE PORCINE AFRICAINE