Grand Prix du Centre-Est

Bold Eagle, la superstar du trot débarque à Feurs
C’est un véritable événement qui se prépare à Feurs. Dimanche 28 octobre, dans le cadre du Grand Prix du Centre-Est, l’hippodrome forézien accueillera Bold Eagle, l’un des meilleurs trotteurs de l’histoire. Présentation.

Bold Eagle, la superstar du trot débarque à Feurs

Trois mois après le concert du Scoop Music Tour (41 500 spectateurs), l'hippodrome de Feurs va encore vibrer. Avec Bold Eagle, c'est effectivement une star mondiale des courses que le Chantilly du Forez accueille dimanche 28 octobre à l'occasion du Grand Prix du Centre-Est. « Même si on ne peut pas comparer les champions et les époques, il fait incontestablement partie des meilleurs trotteurs de l'histoire. Son exceptionnel palmarès parle pour lui », confirme le journaliste Claude Piersanti.

 

Son palmarès ? A 7 ans, Bold Eagle compte déjà deux victoires dans le Prix d'Amérique (2016 et 2017), la plus grande course de trot au monde. Début 2017, il avait même décroché la triple couronne en remportant aussi le Grand Prix de France et le Grand Prix de Paris ! Une performance rare. « Ce n'était plus arrivé depuis le milieu des années 1970 avec Bellino II. Bold Eagle n'est que le quatrième cheval à réaliser cette performance ! » s'enthousiasme Claude Piersanti. Et le journaliste de préciser que Bold Eagle est le trotteur « qui a gagné le plus de courses G1 », l'élite de la discipline. Signe d'un appétit pantagruélique pour la victoire, son compteur approche déjà les 4,3 millions d'euros de gains. De quoi lui permettre d'espérer légitimement battre le record situé juste au-dessus des 5 millions d'euros et détenu par le jeune retraité Timoko.

Une polyvalence qui impressionne

 

Au-delà des chiffres, Bold Eagle impressionne par ses capacités. « Il est rapide, endurant et sait s'adapter aux différents terrains », apprécie Bernard Glass, rédacteur en chef adjoint à RTL et responsable du service hippique. « Bold Eagle est complet, a gagné des courses de 1 600 à 4 000 m, appuie Claude Piersanti. Il est capable de gagner en solitaire en assumant son statut de favori, mais possède également les facultés pour sprinter. »

 

Son propriétaire met lui aussi en valeur les capacités physiques de son champion. « Au haras, c'est une merveille, témoigne Pierre Pilarski. A part l'abcès au pied intervenu au plus mauvais moment fin 2017, il n'est jamais malade, ne se blesse jamais. Bold Eagle a un tempérament exceptionnel, est très gentil pour un étalon. Il travaille peu, il faut surtout veiller à le garder en forme car il sait tout faire, on n'a plus rien à lui apprendre... »

 

Alors que certains journalistes le comparent au sprinteur jamaïcain Usain Bolt, Pierre Pilarski n'est pas d'accord : « Tous deux ont su gagner avec beaucoup d'écart et leurs noms se ressemblent, mais Bold Eagle me parait beaucoup plus impressionnant par sa polyvalence. Surtout à une époque où les chevaux se spécialisent. Je le comparerais donc plutôt à Eddy Merckx, qui était capable de gagner aussi bien des courses d'un jour que de trois semaines. A l'avenir, on verra peut-être des chevaux plus rapides, mais on n'en reverra pas d'aussi complet Je pense qu'on se rendra vraiment compte de ce que Bold Eagle a accompli le jour où il arrêtera de courir. »

En quête de revanche ?

Pour la première fois, la star a connu quelques désillusions l'hiver dernier. Battu d'un souffle alors qu'il espérait réussir le triplé à Vincennes, Bold Eagle a raté sa tournée en Suède. Les spécialistes ne croient toutefois pas à la thèse du déclin. « Il a toujours cette rage de vaincre, vient de gagner à Enghien, à Cagnes-sur-Mer... Il est toujours dans la course. C'est ce qui fait la force des champions. Il ne se laisse pas abattre et sait se relever », affirme Claude Piersanti.

 

Pierre Pilarski confirme, lui qui espère voir son cheval courir jusqu'à la limite d'âge (10 ans), soit encore trois années, et décrocher un troisième prix d'Amérique : « Les cracks ne courent pas contre leur gré. Quand on sentira qu'il n'a plus envie ou n'est plus compétitif, on ne le ridiculisera pas. » Son propriétaire assure que l'argent n'est pas en jeu. « Aujourd'hui, on gagnerait plus en ne courant pas et en vendant son sperme... informe-t-il. Les enjeux financiers sont bien plus importants à la reproduction qu'à la course, d'autant que Bold Eagle présente une fertilité exceptionnelle. » Ses descendants commencent d'ailleurs à courir – et à briller – sur les hippodromes.

Un entourage qui joue la transparence

Bold Eagle dénote enfin par l'ouverture dont fait preuve son entourage. « Aussi bien son driver (Franck Nivard) que son entraineur (Sébastien Guarato) ou son propriétaire sont très accessibles. Ce n'est pas commun, dans le milieu », signale Bernard Glass. Claude Piersanti acquiesce, estimant qu' « ils jouent la carte de la transparence, sont disponibles et c'est très agréable pour travailler ». Et d'enfoncer le clou : « Il est rare d'avoir affaire à des personnes aussi disponibles avant les courses et après, y compris pour les turfistes, qui sont respectueux et n'en abusent pas. Par exemple, un entraineur comme André Fabre ne parle plus à la presse depuis vingt ans et les frères Wertheimer ne communiquent pas du tout. Et tandis que certains top jockeys font le minimum en pratiquant la langue de bois, Franck Nivard n'hésite pas à dire quand le cheval l'a déçu. »

 

Ce portrait dithyrambique amène à s'interroger. Sans faire injure à l'hippodrome de Feurs, on peut effectivement se demander quelles sont les motivations d'un tel crack à prendre la direction du Forez. Son propriétaire, Pierre Pilarski nous éclaire : « Il y a un paradoxe dans le monde des courses. En dehors du Prix d'Amérique, qui est l'événement de l'année, les plus belles courses se déroulent devant des tribunes parisiennes vides alors qu'il y a un vrai engouement populaire dans le reste de la France... »

 

De ses débuts comme amateur à Moulins, le propriétaire de Bold Eagle a gardé beaucoup d'amis dans la région. Il a donc échangé régulièrement avec l'un d'eux, Jean-Pierre Micholet (vice-président de la société hippique de la Loire) en l'occurrence, pour travailler à la venue de Bold Eagle dans le Forez. « Le Grand Prix du Centre-Est a été avancé pour se dérouler avant les quatre grandes courses préparatoires au Prix d'Amérique, apprécie Pierre Pilarski. Il y aura évidemment un intérêt sportif car nous courrons toujours pour gagner, mais ce n'est pas le propos. L'intérêt est surtout dans l'attractivité et le plaisir du public. »

 

Et de conclure sur une ambition : « Avec Jean-Pierre Micholet, on aimerait faire en sorte que chaque hippodrome comme Feurs, Lyon, Vichy puisse faire une fête avec des guest-stars. Si on y arrive, on aura réussi quelque chose d'important pour notre sport. Pour cela, il faut des personnes comme Gérard Vacher (président de la société hippique de la Loire) ou Jean-Pierre Micholet, capables de mobiliser beaucoup de personnes sur ce type d'événement. »

Franck Talluto

 

Article extrait de notre hors série distribué à l'hippodrome de Feurs dimanche 28 octobre et téléchargeable en cliquant sur ce lien

 

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