Publié le 23/04/2020 à 07:40 / Talluto Franck

Tourisme rural

Les fermes pédagogiques et de découverte privées de public
La fermeture des écoles et le confinement de la population ont eu raison du début de saison des fermes pédagogiques et découvertes. Le point avec Valérie Laleuf, leur responsable au sein du réseau Bienvenue à la ferme Loire

Les fermes pédagogiques et de découverte privées de public

A Cordelle, tout était prêt pour le coup d'envoi de la saison. La ferme du Bessy aurait dû afficher complet lors des trois semaines qui viennent de s'écouler. Depuis l'annonce du confinement, l'activité est au point mort, indique Valérie Laleuf, également responsable du réseau des fermes pédagogiques et découvertes au sein de Bienvenue à la ferme Loire : « Comme toutes les activités non essentielles, nous avons dû fermer. C'est malheureusement assez logique car les structures d'accueil d'enfants le sont aussi et les pensionnaires d'établissements avec lesquels nous travaillons habituellement (Adapei, instituts médico-éducatifs) ont l'interdiction de sortir. »


Logique, mais démoralisant. « On est un peu perdus, acquiesce cette agricultrice. On a l'habitude d'accueillir du monde tous les jours et là, la ferme est vide. L'accueil me manque, mais il faut éviter la propagation du virus. » Elle reconnaît aussi le caractère décourageant de la situation, après avoir vu tout le travail mené en amont cet hiver balayé d'un revers de main. Tout cela rend le contexte angoissant, d'autant qu'il est bien difficile de distinguer le bout du tunnel alors que plane la menace d'une nouvelle sécheresse.

Des questions sans réponse

Si les écoles rouvrent effectivement le 11 mai, « une bonne activité en mai et juin permettrait de limiter la casse », témoigne Valérie. Une institutrice lui a bien dit qu'elle aimerait venir avec ses élèves le plus tôt possible car les enfants en auraient bien besoin, mais en auront-ils l'autorisation ? Si oui, dans quelles conditions ? Autant de questions qui n'ont pas encore de réponse.


Cette incertitude vaut également pour les réservations estivales. Tout le monde avance dans l'inconnu, constate-t-elle après en avoir discuté avec plusieurs structures ligériennes labellisées Bienvenue à la ferme (8 fermes pédagogiques et 10 fermes découvertes). Il faut tenter de se projeter tout en travaillant sur l'impact de cette crise. « En tant qu'agriculteurs, nous n'avons pas droit au chômage partiel et il faut que le chiffre d'affaires ait diminué d'au moins 50 % pour bénéficier de la prime de 1 500 euros pour les indépendants, énumère Valérie Laleuf. Je comptais aussi sur l'assurance perte d'exploitation, mais le cas de pandémie en est exclu... Il y aura peut-être une aide de la région et on espère le soutien de l'Etat. On nous tend des perches, on espère ne pas rester au bord de la route. »

 

Au quotidien, elle centralise et filtre les informations jour après jour avant de les transmettre au réseau. Si notre agricultrice aurait aimé « un peu plus de communication de la part de Bienvenue à la ferme au niveau national », elle tient à n'accabler personne : « C'est une situation nouvelle et chacun essaie d'y faire face. » En attendant, il faut « tenter d'aller de l'avant quand même, de trouver des solutions au fur et à mesure et, surtout, garder la santé. »

F.T.
Mots clés : BIENVENUE À LA FERME LOIRE CORDELLE COVID-19 CORONAVIRUS FERMES PÉDAGOGIQUES ET DÉCOUVERTES VALÉRIE LALEUF