Publié le 22/06/2020 à 09:00 / Lucie Grolleau

Service de remplacement

Un job pour l’été ? Et plus si affinité…
Sylvain Tola et Pierric Duchez, deux jeunes agriculteurs qui ont travaillé plusieurs années au Service de remplacement Loire et qui sont désormais administrateurs, incitent vivement les jeunes à devenir salarié de cette structure au service des agriculteurs, ne serait-ce que pour l’été.

L’été est une période où le Service de remplacement Loire a besoin de recruter des agents en nombre pour remplacer les agriculteurs qui prennent quelques jours de vacances. Les volontaires sont les bienvenus.

Vous avez tous les deux travaillé au Service de remplacement Loire. Qu'en retenez-vous ?
Sylvain Tola : « J'ai été salarié du Service de remplacement pendant huit ans : un an et demi comme scolaire les week-end et pendant les vacances ; puis en CDD et en CDI. Tout en étant à l'école, j'ai pu gagner de l'argent. J'ai toujours eu l'objectif de m'installer sur l'exploitation familiale. Travailler au Service de remplacement représente une bonne expérience avant l'installation. Le changement d'exploitation régulièrement est à la fois un avantage et une contrainte. Ceci demande une certaine capacité d'adaptation. Les premiers remplacements peuvent paraître compliqués, mais tout est progressivement plus facile. »
Pierric Duchez : « J'ai commencé à travailler au service de remplacement quand j'ai été majeur, en 2010, tout d'abord en missions, les week-end et pendant les vacances, pendant mes deux années de BTS. Cela m'a permis de prendre confiance en moi, en complément de stages. Ca m'a permis d'acquérir de l'expérience, et aussi d'avoir un salaire. Quand on a 18 ans, on est content de gagner de l'argent. C'est un premier pas dans la vie active, et dans la vie tout court. Après mon BTS, je voulais changer de secteur d'activité avant de m'installer après la retraite de mon père. Mais les responsables du Service de remplacement m'ont incité à signer un CDD. Finalement, ça m'a bien plu et j'ai signé un CDI, qui s'est terminé au 1er janvier 2017 quand je me suis installé. J'ai conservé tous les ordres de mission ; j'ai compté que j'ai travaillé dans plus de 80 exploitations différentes. Je trouve que travailler au Service de remplacement est une bonne expérience avant de s'installer, encore plus enrichissante que les stages. C'est une réelle formation continue. J'ai pu rencontrer des gens que jamais je n'aurais rencontrés. On voit des techniques de travail que l'on peut reproduire ensuite sur son exploitation. »

 

Quelles sont les qualités requises pour devenir salarié du Service de remplacement Loire ?
ST : « Pour travailler au Service de remplacement, il faut savoir traire, avoir un bon contact avec les animaux et avoir des notions pour le matériel. Les traites constituent le gros des remplacements l'été. Pour travailler au Service de remplacement, il faut avoir une bonne capacité d'adaptation ; être rigoureux pour respecter les consignes ; avoir plus de 18 ans car en-dessous, certaines tâches sont interdites ; avoir un moyen de déplacement (voiture, scooter, mobylette). »
PD : « Les qualités requises sont : faire preuve d'adaptabilité ; être curieux pour poser le plus de questions possibles lors de la visite chez l'agriculteur pour éviter de se retrouver bête quand on est ensuite seul sur l'exploitation ; être discret, car ce qui se passe sur l'exploitation doit y rester. »

 

Que diriez-vous à un jeune qui hésite à devenir salarié du Service de remplacement ?
ST : «Le manque de main d'oeuvre est grandissant chaque année. Nous avons déjà engagé quelques jeunes pour des remplacements cet été, mais s'il y en avait plus, ils ne seraient pas de trop. Nous avons encore besoin d'en trouver. Même s'il faut travailler le week-end, car dans une exploitation il faut s'occuper des animaux tous les jours, la législation du travail est bien évidemment respectée. Les salariés ont droit à des jours de repos. Toutes les heures travaillées sont payées, tout comme les déplacements. Il y a aussi des congés payés. Il ne faut pas oublier que travailler au Service de remplacement est une super école de formation avant une installation éventuelle. On côtoie beaucoup de personnes, on voit de nombreuses façons de travailler et divers aménagements. Ce n'est pas une fois installé que l'on prend le temps d'aller voir ailleurs. »
PD : « Avant l'été, la problématique du manque de salariés s'accentue. Comme il y a de moins en moins de personnel engagé à l'année, il faut trouver encore plus de monde pour assurer les remplacements de l'été. Puisque nous tenons à honorer toutes les demandes, c'est un vrai défi de trouver le nombre suffisant de personnes. Le plus difficile est de garder les jeunes sur le long terme, au-delà d'un été. Le fait de changer d'exploitation régulièrement peut freiner certains candidats potentiels, mais ils doivent avoir en tête que les agriculteurs feront tout pour les aider car ils ont besoin de se faire remplacer. Et à ceux qui auraient peur du Covid-19, il faut savoir que depuis le début de la pandémie, les salariés ont à leur disposition du gel hydroalcoolique, des masques, des gants. Aucun des salariés n'a été malade.»

 

Quelle démarche doit faire un jeune qui souhaiterait lui aussi devenir salarié du Service de remplacement ?
ST : « C'est souvent le bouche à oreille qui fait que les jeunes s'adressent au Service de remplacement. Pour candidater, il suffit simplement de téléphoner au bureau à Feurs. Avant de signer son contrat, chaque candidat passe une journée sur l'exploitation d'un administrateur pour voir son comportement avec les animaux et le matériel. »
PD : « Une personne intéressée pour travailler au Service de remplacement peut aussi contacter un administrateur – il y en 30 sur l'ensemble du département -, ou se rapprocher d'un autre salarié.»

 

Quel message est transmis aux agriculteurs qui veulent se faire remplacer cet été ?
ST : « Quand un agriculteur contacte le Service de remplacement pour demander un salarié pour ses vacances, les administratifs l'incitent à trouver un jeune dans son entourage qui pourrait se faire salarier au Service de remplacement, ceci pour palier le manque de main d'oeuvre. C'est aussi un moyen de rassurer le jeune : c'est plus facile pour lui quand il connaît l'exploitation où il doit effectuer un remplacement. Malheureusement, on se rend compte que c'est compliqué de faire travailler ce jeune tout l'été au Service de remplacement car il a souvent peur d'aller travailler dans une autre exploitation. Certains répondent favorablement à des missions temporaires, puis nous arrivons à les embaucher en CDD et parfois en CDI. »
PD : « Ces dernières années, et cette année encore, les agriculteurs qui veulent se faire remplacer pendant l'été sont invités à motiver un jeune de leur entourage. Chaque année, nous publions des annonces sur les réseaux sociaux, dans les écoles d'agriculture... mais il n'y a rien de tel que le contact direct entre agriculteurs et jeunes. »

 

Vous-même, depuis que vous êtes installés, faites-vous appel au Service de remplacement ?
ST : « Je me suis installé en avril 2018 en Gaec avec ma mère (1). C'était logique pour moi d'adhérer au Service de remplacement. En étant salarié, j'ai pu voir des situations difficiles dans des exploitations où le contrat maladie-accident n'avait pas été souscrit. Adhérer au contrat groupe maladie-accident-décès est une assurance d'avoir quelqu'un qui vienne faire son travail. Pour l'instant, nous n'avons pas l'utilité de faire appel au Service de remplacement pour le motif Loisirs, car chaque associé peut faire le travail quand l'autre s'absente. Par contre, à terme, je serai seul sur l'exploitation, donc j'aurai bien évidemment besoin de me faire remplacer. »
PD : « Désormais, je suis installé en individuel (1). Même si mon père me donne un coup de main de temps en temps la semaine, il n'est pas question de le solliciter le week-end ou pour les vacances. J'adhère donc au Service de remplacement pour pouvoir me faire remplacer pour prendre du temps libre. J'ai aussi souscrit le contrat accident-maladie. Je me dis que si je me blesse en jouant au foot, je serai content d'avoir quelqu'un pour faire mon travail à la ferme. Je sollicite le Service de remplacement pour six à huit week-end, soit tous les deux mois, ainsi que pour une semaine complète de vacances. Mais aussi quelques jours pour mandats professionnels (Jeunes agriculteurs, Groupama). C'est intéressant de pouvoir bénéficier du Service de remplacement quand on s'engage pour les autres, et à un tarif intéressant. Un agriculteur peut bénéficier d'une réduction pour l'adhésion au Service de remplacement la première année après son installation. S'il est sociétaire Groupama, le Pass' installation lui permet aussi de bénéficier de jours de remplacement pour vacances ou complément de main d'oeuvre. Cette première année avec des avantages permet aux jeunes agriculteurs de découvrir le Service de remplacement. »

 

Pourquoi vous êtes-vous engagés comme administrateur du Service de remplacement ?
ST : « Je suis membre du conseil d'administration du Service de remplacement, et j'assiste à des réunions de bureau. J'avais connu le Service de remplacement du côté salarié, j'avais envie de voir le côté administrateur. C'est une ouverture d'esprit et une manière de sortir un peu de son exploitation. »
PD : « Il y a un an, j'ai été contacté pour remplacer un administrateur. Puisque j'étais déjà élu à Groupama, j'étais sensible au mutualisme et à la gestion des sinistres. J'ai accepté volontiers : en ayant travaillé sept ans au Service de remplacement, j'ai appris beaucoup de choses, donc c'était normal pour moi de m'y engager. Je suis même entré au bureau dès la première année pour être en charge de la gestion des sinistres des adhérents. »

 

Propos recueillis par Lucie Grolleau Frécon

 

 

(1) exploitation avec des vaches laitières, des vaches allaitantes et quelques veaux de lait, sur la commune de Vézelin-sur-Loire.
(2) exploitation laitière à Chatelneuf.

 

 

Devenir salarié du Service de remplacement

Les personnes souhaitant devenirs salariées du Service de remplacement sont invitées à téléphoner au bureau à Feurs (Tél. : 04.77.28.21.21) ou à remplir le formulaire via le site internet du Service de remplacement France (www.servicederemplacement.fr).
Une fois le premier contact pris, le candidat doit compléter une fiche de compétences et transmettre un CV listant stages et expériences. Une journée d'essais chez un agriculteur administrateur du Service de remplacement permet de jauger le candidat.
Le Service de remplacement Loire recherche actuellement des contrats temps plein et des salarié occasionnels, pour les vacances ou les week-end. Le nord du département et le Pilat (Saint-Genest-Malifaux et Bourg-Argental) sont des secteurs où le manque de salariés se fait le plus sentir.

 

Mots clés : SERVICE DE REMPLACEMENT RECRUTEMENT