Débat

EGA : deuxième rencontre régionale
Vendredi 27 octobre, le préfet de région a organisé le deuxième séminaire régional des États généraux de l’alimentation (EGA), à Lempdes (Puy-de-Dôme), après une première rencontre le 6 septembre dernier en préfecture de région à Lyon.

Quelque 200 participants ont participé à la deuxième rencontre régionale des
États généraux de l’alimentation.

C'est dans les locaux de l'école supérieure VetAgro Sup de Lempdes que s'est tenu, vendredi 27 octobre, le deuxième round régional des États généraux de l'alimentation. Après une première rencontre autour de trois thèmes principaux – l'élaboration d'un prix rémunérateur pour le producteur, la différenciation comme source de valeur, l'export et la restauration hors domicile – c'était au tour de la création et de la répartition de la valeur d'être passée au crible par les quelque 200 participants. Parmi eux des responsables syndicaux, la coopération, des associations environnementales, les administrations, des scientifiques mais aussi des consommateurs. Tous ont pris part à l'un des quatre ateliers organisés. Leur thème : l'innovation et les investissements d'avenir ; la contractualisation ; les attentes sociétales et le rôle des territoires.

 

Réchauffement climatique : un sujet sensible

Stéphane Joandel, en tant que professionnel et président de la FRPL, était bien décidé à faire entendre sa voix. À quelques jours du séminaire, il reste mitigé et désireux de plus de dialogue. « J'ai participé au débat dans un sous-groupe nommé « ressources », au sein de l'atelier sur les attentes sociétales. Nous étions censés parler du foncier, de l'eau et de l'air, mais il y a eu beaucoup de hors sujets. J'ai tenté de recentrer le dialogue sur la question du stockage hivernal de l'eau, sans succès. La question du réchauffement climatique reste un sujet très sensible. La seule réponse que j'ai pu avoir, c'est que les ressources se raréfient et qu'il faut apprendre à s'en passer. Ce n'est pas suffisant pour les agriculteurs ! » regrette-t-il. « La question du foncier n'a presque pas été évoquée. Nous étions 15 autour de la table et avions à peine quarante-cinq minutes pour aller au fond des questions. Il aurait fallu avoir un seul thème pour aboutir à des propositions concrètes. J'ai ce mauvais sentiment que les sujets n'aient été qu'effleurés », ajoute-t-il.

 

La restauration hors foyer silencieuse !

De son côté, une demande forte a retenu l'attention de Yannick Fialip, président de la FDSEA de la Haute-Loire et membre du bureau de la FRSEA : le besoin de travailler sur la création et le partage de la valeur dans un partenariat avec l'ensemble des opérateurs. C'est tout l'enjeu des contrats de filière évoqués dans l'atelier sur la contractualisation auquel il a participé. « Il faut que chacune des parties s'engage à apporter de la qualité tout en gardant des prix stables. Des contrats tripartites allant jusqu'à la distribution permettraient encore plus de transparence », souligne Yannick Fialip. Si ce dernier point n'a pas été approfondi pendant ce deuxième séminaire, il a laissé la place à un autre, particulièrement sensible : la Pac et la gestion du marché agricole européen et mondial. « Nous avons besoin de mener une politique cohérente avec nos voisins européens pour ne plus être systématiquementen compétition avec eux ». Du côté de la coopération, Patrice Dumas, président de Coop de France Auvergne-Rhône-Alpes , a été surpris de n'entendre aucun représentant de la restauration hors foyer s'exprimer. « C'est un enjeu majeur quand on sait que 60 à 70 % des menus ne sont pas locaux. Nous avons besoin d'avoir des acteurs en face de nous pour discuter », soutient-il. Et d'ajouter : « Pendant ces ateliers, nous avions parfois l'impression de balayer les sujets restant sur des débats de société certes très intéressants mais ne donnant pas lieu à un véritable plan d'action », ajoute-t-il. À une exception près : l'atelier sur le thème de l'innovation « très bien structuré, avançant des propositions concrètes ».

 

Alison Pelotier
Mots clés : EGA