Publié le 08/11/2018 à 09:35 / Talluto Franck

Section lait FDSEA

« L’abus de promotions nuit à la vie des producteurs de lait ».
Des promotions dans les grandes surfaces sur le lait allant à l’encontre de l’esprit des Etats généraux de l’alimentation, voilà ce que voulait dénoncer la Fédération nationale des producteurs de lait en appelant à la mobilisation la semaine dernière. La section lait de la FDSEA avait donné rendez-vous à ses adhérents à Feurs.

Symboliquement, des chrysanthèmes ont été déposés dans le rayon des laits, avec le slogan « l’abus de promotion est dangereux pour la vie des producteurs de lait ».

La veille de la Toussaint, journée où les familles célèbrent leurs proches décédés et pour laquelle le chrysanthème est la fleur symbolique, des producteurs laitiers de la section lait de la FDSEA s’étaient donnés rendez-vous à Feurs au magasin de l’enseigne Carrefour pour dénoncer des promotions abusives. Prenant les chrysanthèmes vendus à l’entrée de la grande surface, ils se sont rendus dans le rayon laitier pour les poser symboliquement devant les packs de lait, affichant le slogan : « L’abus de promotion est dangereux pour la vie des producteurs de lait. »

 

« Nous avons répondu favorablement à l’appel à la mobilisation de la FNPL pour l’encadrement des promotions dans le cadre des EGA », explique Julien Derory, président de la section lait de la FDSEA. Suite aux EGA et à la loi alimentation, « des ordonnances sont attendues pour l’automne, ou peut être plus tard… » La partie concernant les promotions porte sur une limitation à 34 % du prix consommateur et sur 25 % du volume du plan d’affaire de l’entreprise. « Nous voudrions que le volume pris en compte soit par catégorie de produits et non pas sur la totalité des volumes de l’entreprise. » Julien Derory argumente la position du syndicat : « Beaucoup de promotions sont réalisées sur le prix UHT, donc les prix sont bas et font baisser la moyenne de prix faite sur le volume du plan d’affaire de l’entreprise. »

 

Le président de la section lait de la FDSEA poursuit : « Les consommateurs ont toujours un lait en promotion dans les rayons et finalement ne connaissent pas le vrai prix du lait. Le lait est un produit d’appel pour la grande distribution. » Si la future ordonnance qui doit encadrer les promotions portait sur le volume par produit et non sur toute la gamme, « cette spirale des prix à la baisse serait cassée ». Plus globalement, outre les ordonnances de la loi alimentation, la FNPL estime que les promotions incessantes sur le lait sont inacceptables. Le communiqué distribué lors de l’action syndicale la semaine dernière précisait : « C’est comme si notre travail était bradé sur l’autel de la distribution et que tous les discours des “engagements responsables” des distributeurs n’étaient que du vent. Là où la montée en gamme devait créer de la valeur pour la filière, ça ne devient qu’une occasion de se faire la guerre. »

Des prix inappropriés

La délégation de producteurs présente au magasin de Carrefour s’est indignée des promotions sur les produits issus de l’agriculture biologique. « Les usines ont du mal à fournir leurs clients en lait bio, il n’y a pas lieu de faire autant de promotions, de brader le lait bio, complétait Julien Derory. Ce n’est pas parce que le deuxième pack est à moitié prix que les enfants boiront deux bols de lait le matin… ». De plus, la démarche de Carrefour appelée Act for food (programme mondial d'actions concrètes pour mieux manger chaque jour, avec du bio 100 % français sur les fruits, les légumes, la volaille, la viande bovine et porcine, le lait et les œufs) n’est pas du goût du syndicalisme majoritaire. C’est notamment pour cette raison que la mobilisation des producteurs laitiers se déroulait dans un magasin de cette enseigne. « Les promesses de Carrefour par son projet Act for food de produits bio au prix du conventionnel d’aujourd’hui sont une impostures et sont contraires à l’état d’esprit des Etats généraux de l’alimentation, supposés ramener une juste rémunération aux producteurs », pouvait-on lire dans le communiqué. Pour Julien Derory, « l’idée du bien manger est bonne, mais la qualité des produits a un prix ».

Lucie Grolleau Frécon

 

 

 

 

 

Mots clés : FDSEA LAIT MOBILISATION LOIRE FEURS JULIEN DERORY OCTOBRE 2018