Filière ovine

La Grivette a de l'avenir
La section grivette de races ovines des massifs sélection tenait son assemblée générale à la maison des agriculteurs à La Tour-de-Salvagny début mai. Si globalement les effectifs ovins tendent à diminuer à l'échelle nationale, ceux de la race Grivette se maintiennent.

Une quinzaine d'éleveurs de grivettes s'étaient réunis autour du président de la section grivette, Marc Touplin, qui a rappelé que « l'assemblée générale est un moment d'échanges entre tous et où chacun doit bien prendre conscience de l'incidence de son tra...

Quand on lance une recherche sur la race Grivette sur Google, la première phrase qui sort est : « La Grivette est une brebis originaire de la région Rhône-Alpes, qui a failli disparaître dans des croisements avec des races à viande, mais a finalement été sauvée. » Les chiffres présentés lors de l'assemblée générale de la section grivette de races ovines des massifs sélection, jeudi 2 mai, confirme cette information web. En effet, depuis plusieurs années, les effectifs de femelles grivettes sont en légère augmentation, pour atteindre 6 905 têtes en 2018, contre 6 629 en 2017. Cette dynamique positive est sans nul doute le résultat de la passion de la trentaine d'éleveurs adhérents de la section, qui sont pour la majorité très actifs au sein du schéma de sélection. Pour preuve : en 2018, 92 % des élevages sont fournisseurs de mâles et de femelles, contre 85 % l'année précédente. « Ce pourcentage ne cesse d'augmenter d'année en année », se réjouit Michel Pocachard de la Chambre d'agriculture du Rhône en charge de l'animation de la section.

Des résultats techniques encourageants

Par ailleurs, la progression de cette race rustique est également le fruit d'une technicité des éleveurs en constante amélioration. En effet, depuis 2014, le poids âge type 30 jours des mâles doubles (PAT 30 MD) ne cesse d'augmenter, pour atteindre une moyenne de 11,8 kg en 2018, contre 11,1 kg en 2017 et 11,2 kg en 2014. Le taux de mortalité des agneaux âgés de moins de 20 jours se situe aux alentours de 14 %, quand le taux de prolificité se stabilise autour de 195 %. « Les résultats des cinq meilleurs troupeaux (1) sur PAT 30 MD mettent toutefois en évidence les marges de progrès possibles, notamment en termes de PAT 30, et prouvent le potentiel élevé de la race. Comme chaque année, des écarts importants existent entre les élevages sur l'ensemble des critères. Ces écarts peuvent être liés à des niveaux génétiques différents selon les élevages, mais aussi et surtout à des conditions d'élevage qui ne permettent pas toujours l'expression du potentiel génétique », notifie Michel Poccachard.

Un renouvellement de bonne qualité

De plus, les résultats présentés lors de l'assemblée générale laissent apparaître que, globalement, la qualité génétique des agnelles conservées est en progression. En effet, 75 % des agnelles conservées sur la campagne 2018 sont issues de mères à bélier ou mères à agnelles. « Il faut rester très attentif sur le tri des agnelles et par conséquent, sur le choix des brebis lors de la mise en lutte en paternité, car c'est l'avenir génétique du troupeau et de la race qui en dépend. » À noter par ailleurs que le taux de paternité connue (73 %) reste également plus élevé que les années antérieures (57 % en 2014).


Autre thème génétique abordé au cours de l'assemblée générale : le génotypage sur l'hyper-ovulation. C'est un fait avéré : la race Grivette est prolifique. Pour lutter contre ce facteur, un génotypage hyper-ovulation est effectué depuis plusieurs années. Si la tendance semble être une baisse du nombre de béliers porteurs du gène d'hyper-prolificité, il est primordial, selon Michel Pocachard, d'être vigilant, « car à plus ou moins long terme, cela peut se traduire par une baisse de la prolificité de la race. Il est important de produire un maximum de femelles hétérozygotes en alternant l'utilisation de béliers porteurs et non porteurs ».


Concernant le fonctionnement du centre d'élevage, globalement les chiffres sont satisfaisants, avec 20 fournisseurs sur un potentiel de 24, un taux de vente de reproducteurs de 80 % et une bonne qualité génétique des animaux. Quant au volume d'agnelles diffusé, il a été mis en évidence qu'il reste conditionné par l'offre, même si la demande en agnelles est moins importante. La pénurie de ces dernières années a orienté plusieurs clients potentiels vers d'autres races. Il existe un fort potentiel de développement sur certaines zones, mais il faudrait avoir des lots de taille importante disponibles, ce qui n'est pas le cas pour l'instant.


L'assemblée générale de la section grivettes s'est achevée par un débat autour de l'agnelage. Il a été rappelé que l'anticipation était le maître mot. En effet, les points clefs à vérifier pour faciliter les conditions de travail et diminuer le taux de mortalité sont l'organisation des lots, la surveillance des agnelages et les cases d'agnelage où pour la race grivette le passage est fortement conseillé. Chaque éleveur présent a partagé son expérience.

Marie-Cécile Seigle-Buyat

(1) Les cinq élevages : Alain Dufour (71), EARL Coquinot-Quinard (21), Ferme de Ressins (42), Gilles Barbe (38) et Claude Brun (07), affichent une prolificité à 204 %, une productivité à 229 %, un taux de mortalité inférieur à 20 jours à 13 %, un nombre d'agneaux élevés sous la mère par mise bas de 1,55 et un PAT 30 MD de 13 kg.

 

Mots clés : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE GRIVETTE MAI 2019 FILIÈRE OVINE