Histoire

L’arrivée de la Limousine dans la Loire
Alors que la Loire et Saint-Galmier accueillent le concours inter-régional limousin ce week-end, retour sur l'arrivée de spécimens de cette race dans le département.

L’arrivée de la Limousine dans la Loire

Le concours inter-régional limousin avait déjà été organisé dans la Loire, en 2007, au Lycée agricole de Précieux, devenu depuis Campus agronova. Ce rendez-vous était historique pour notre département, qui comptait à cette époque autour de 5 000 vaches de race Limousine. Depuis, les effectifs de la race Limousine ont continué à progresser pour atteindre, en 2018, 7 600 vaches. Mais il faut savoir que cette race ne comptait encore aucun individu dans les années 1960 dans la Loire. Trois hommes y ont marqué l'histoire de la race Limousine : Robert Ducreux, Gabriel et Marius Conseillon. Ce sont eux qui ont “importé” les premières vaches limousines dans la Loire. En 2007, ils racontaient comment leur était venue cette idée : « Ce sont tout d'abord les conditions de vêlage qui nous ont plu. De plus, nous savions que si l'élevage marchait, nous aurions des débouchés sur place, tant pour la boucherie que pour les animaux d'élevage. Nous étions dans une région de consommation de viande limousine avec Saint-Etienne et Lyon, mais elle n'était pas produite ici. »


Le trio s'est tout d'abord rendu en Haute-Vienne et en Corrèze, dans le berceau de la race, accompagnés de techniciens de la Chambre d'agriculture. Ils avaient pris contact avec des groupements de producteurs, qui leur ont fait visiter plusieurs élevages. C'est lors du premier voyage que Robert Ducreux, bénéficiant de la cessation laitière, a acheté deux vaches. Elles sont arrivées au printemps 1969. Les voyages dans le berceau de la race Limousine se sont succédé, les éleveurs devant parfois faire face aux aléas climatiques hivernaux en traversant le massif Central. Voir des veaux limousins naitre dehors, dans la neige, et se porter à merveille les a convaincus dans le choix de la race. Mais, à cette époque, la race Limousine était très demandée à l'étranger et il était difficile de trouver des femelles à acheter à un prix raisonnable. Les Ligériens se sont alors rendus dans des départements en dehors du berceau pour acheter d'autres femelles. Ils ont par exemple eu l'opportunité d'acheter un troupeau de 18 vaches. « Pour nous les répartir, nous avons tiré à la courte paille », racontaient les éleveurs en 2007.


Le transport des animaux achetés est aussi source de souvenir. « Les premières vaches sont arrivées par camion. Plus tard, certaines sont arrivées par le train. D'autres ont bénéficié des allers-retours d'un transporteur local. Il nous est arrivé d'aller chacun avec un camion-bétaillère chercher des animaux. C'étaient de sacrés voyages ! » Les trois éleveurs avouaient qu'ils ont été critiqués lorsqu'ils se sont lancés dans l'aventure de la race Limousine. « Certains disaient que les animaux ne s'adapteraient jamais dans notre région. Mais finalement, elles se sont faites aux conditions. Elles se sont également familiarisées avec les fils de clôture, qu'elles n'avaient pas connus dans leur élevage d'origine ! » Des ajustement sur la conduite ont quand même été nécessaires : « Nous étions habitués à nourrir des vaches laitières et nous avons conduit nos vaches limousines sur le même principe. Comme elles avaient été trop nourries, elles avaient trop d'état et certaines ont eu des problèmes au vêlage. »


La race Limousine s'est finalement développée dans l'ensemble du département grâce à sa rusticité, sa facilité de vêlage et la commercialisation de la viande. « Il faut dire qu'à la vente pour la boucherie, il y avait toujours un écart de prix avec les autres races et un rendement supérieur. » Les vaches limousines ont surtout remplacé les vaches laitières dans les exploitations.

LGF
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