TOURNÉE

De la bonne application de la réforme de la chasse...
À l'occasion de la 5e étape de son tour de France des régions, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, s'est arrêté à Andrézieux-Bouthéon, fief des chasseurs de la Loire, accueilli par Gérard Aubret, président des fédérations départementale et régionale.

D’après les tout derniers chiffres livrés par Willy Schraen, président national des chasseurs, on dénombre 1 040 000 chasseurs en France.

« Le gouvernement a voté une loi historique pour la chasse qui modifie en profondeur le fonctionnement interne et notamment les flux financiers. Il est logique de venir sur le terrain, à la rencontre des élus et des salariés des fédérations, répondre à leurs questions et vérifier qu'elle s'applique bien », entame le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen. Trois à quatre élus et salariés des fédérations départementales sont en effet venus à la rencontre du président national, lundi 10 février à Andrézieux-Bouthéon.

 

Si les flux financiers ont en effet été inversés avec la réforme, le paiement du permis national est directement versé à l'échelon national et redescend ensuite au niveau départemental, « les fédérations n'y perdent pas un centime », assure-t-il d'emblée. Le président s'est dit vigilant pour les départements avec peu de chasseurs sur le territoire et beaucoup de gibiers (donc beaucoup de chasseurs extérieurs), comme la Haute-Loire par exemple, afin de s'assurer qu'ils ne soient pas lésés financièrement, allant jusqu'à imaginer des reversions si nécessaire.

Des actions en faveur de la biodiversité

Si la baisse du prix du permis de chasse a été la mesure la plus médiatique de la réforme, Willy Schraen a préféré insister sur la mise en place de l'éco-contribution, enveloppe financière commune aux chasseurs et à l'État qui permet de financer des actions en faveur de la biodiversité. « Grâce à l'appui du Conseil régional et de Laurent Wauquiez, Auvergne-Rhône- Alpes travaillait déjà bien sur cette thématique, a-t-il souligné en préambule. Nous croyons que nous représentons l'écologie de terrain, qui peut collaborer avec l'écologie idéologique et l'écologie scientifique. » Concrètement, l'éco-contribution, d'un montant de 1,7 million d'euros en Auvergne- Rhône-Alpes, a déjà permis le lancement de plusieurs projets sur la préservation des milieux, la protection des espèces (la marmotte dans le Cantal...), etc.

 

Autre point de la réforme évoqué, le renforcement de la sécurité par la formation. « Les chasseurs devront obligatoirement se former tous les dix ans sur la sécurité. Nous devrions être en mesure de commencer dès cette année. C'était une demande forte de notre part. Si les jeunes qui passent le permis aujourd'hui sont bien formés, ce n'était pas le cas auparavant. » Pour autant, cette formation ne sera pas sanctionnée d'un examen. En revanche, un chasseur qui ne participerait pas perdrait le droit de chasser. Enfin, les dirigeants se sont réjouis que la réforme apporte des missions nouvelles aux fédérations départementales autrefois assurées par les services de l'État : la gestion du plan de chasse et des ACCA (Association communale de chasse agréée). Ils se sont dits prêts à en prendre d'autres, notamment en matière de police cynégétique ou environnementale de proximité.

Sangliers : « on ne veut pas être les seuls à payer ! »

Si le cas du sanglier n'est, à proprement parler, pas concerné par la réforme, il est un sujet de préoccupation et de discussion constant sur les territoires. « Les chasseurs attendent toujours de ne plus être les seuls à payer les dégâts de gibiers. Aujourd'hui, un petit quart de surfaces sont non chassables. On respecte cette décision, mais il faudrait que les propriétaires privés ou publics qui font ce choix participent aux indemnisations », estime Willy Schraen. « Ce que l'on souhaite, c'est un débat objectif et dépassionné », conclut Gérard Aubret, qui reconnaît des tensions régulières avec le monde agricole sur la gestion du sanglier.

David Bessenay
Mots clés : CHASSE ANDRÉZIEUX-BOUTHÉON FRANCE FÉVRIER 2020 WILLY SCHRAEN