Publié le 29/07/2020 à 08:00 / Lucie Grolleau

Gouvernement

Fin de quinquennat : ce qu’il faut retenir pour l’agriculture
À l’occasion d’un entretien télévisé et d’un discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron et Jean Castex ont chacun esquissé la feuille de route de l’exécutif pour les 600 derniers jours du quinquennat.

Emmanuel Macron, président de la République.
Crédit photo : Agrapresse

Lors d'un entretien télévisé sur TF1 et France 2, réalisé le 14 juillet, le président de la République a annoncé que le plan de « relance industrielle, écologique, locale, culturelle et éducative » représentera « au moins 100 milliards d'euros (Mds €) », en plus des 460 Mds € déjà engagés en mesures sectorielles et de soutien à l'économie depuis le début de l'épidémie. Souhaitant illustrer « l'objectif » poursuivi, Emmanuel Macron a recouru à l'agriculture, confirmant en filigrane que le secteur sera bien concerné par ce plan : « Quand vous êtes agriculteurs, non, vous n'êtes pas foutus. Non, vous n'êtes pas l'ennemi du bien-être animal et de l'agriculture, de l'alimentation saine. Ce n'est pas vrai. D'abord, notre alimentation est saine et la France est dans l'excellence du modèle agricole. »


Le lendemain, lors de sa déclaration de politique générale, le nouveau Premier ministre a été beaucoup plus clair sur le sort de l'agriculture, annonçant que tous les « grands secteurs de l'économie » seront concernés. Il a ensuite déclaré que, dans le cadre du plan de relance et du pacte productif, « tous les investissements dans la filière agricole seront accélérés afin de développer une alimentation de qualité, locale, accessible dans toutes les villes et villages de France ».

Investissements écologiques : 20 milliards d'euros

Détaillant les différents volets du plan de relance, Jean Castex a évoqué l'agriculture au sein d'une enveloppe de 20 milliards d'euros dédiée à des investissements écologiques et rattachée au pacte productif, notamment « pour produire une alimentation plus locale et durable, pour soutenir les technologies vertes de demain, pour mieux recycler et moins polluer». Il a également annoncé la mise en place d'un « moratoire pour l'installation de nouveaux projets de centres commerciaux dans les zones périphériques ». La mesure est conçue pour « lutter contre l'artificialisation des sols, promouvoir les circuits courts et les petits commerces », a expliqué Jean Castex.

 

Une mesure similaire avait été proposée par la Commission d'enquête sur les pratiques de la grande distribution, présidée par Thierry Benoit (UDI). Les députés demandaient une pause de deux ans, qui devait constituer « pour les distributeurs une opportunité de concentrer leurs investissements sur la nécessaire transformation du parc existant de magasins en l'adaptant plus rapidement aux besoins d'une nouvelle relation client ». Durant son discours, le Premier ministre n'a pas évoqué le sort de la loi foncière demandée par l'ensemble des syndicats agricoles. Début juin, l'ex-ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait évoqué un « probable abandon » de ce projet de texte.

Biodiversité et climat dans la Constitution

Sur les suites de la Convention citoyenne sur le climat, Emmanuel Macron a précisé ses intentions concernant la voie du référendum : « La seule question sur laquelle il peut y avoir un référendum, compte tenu des demandes qui ont été faites par les citoyens de la Convention citoyenne, est une réforme constitutionnelle, celle de l'article 1er qui place l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique et aussi le respect de la biodiversité dans notre texte constitutionnel ». Le président de la République s'est dit « favorable » à ces deux propositions, évoquant « une avancée majeure » qui « permettra de créer du droit et donc des contraintes et d'aider à transformer notre pays ». Il a d'ailleurs souhaité lancer la procédure « le plus vite possible ». Mais, a-t-il précisé, « il faut d'abord qu'il y ait un vote par l'Assemblée puis le Sénat dans des termes conformes [...]. À ce moment-là, il peut y avoir ou un congrès ou un référendum».

« Souveraineté agricole » et protéines

Le 14 juillet, Emmanuel Macron s'est attardé sur la question protéique, alors que le secteur agricole est, depuis plusieurs mois, dans l'attente d'un nouveau plan protéines : « En vous aidant (agriculteurs, ndlr), en investissant, on va bâtir une souveraineté agricole qui n'existe pas. Aujourd'hui, j'importe la plupart de mes protéines. Je peux les produire en France, en Europe ». L'ex-ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait affirmé, à plusieurs reprises, que le plan protéine pourra être renforcé dans le cadre d'un plan de relance. Son successeur, Julien Denormandie, avait affiché, lors de son premier discours Rue de Varenne, sa détermination pour que « l'agriculture et l'alimentation soient des éléments importants du plan de relance ».


Évoquant par ailleurs la question de l'écologie, le président de la République a émis le souhait de « redévelopper le fret ferroviaire massivement », les trains de nuit, et les petites lignes de train, « parce que tout ça permet de faire des économies, permet de réduire nos émissions » polluantes. Cette orientation a été reprise le lendemain par Jean Castex, qui a souhaité, dans le cadre du « soutien aux territoires », accélérer les investissements dans les réseaux, dont le haut débit et les petites lignes ferroviaires.

M.R.
Mots clés : EMMANUEL MACRON JEAN CASTEX QUINQUENAT