Énergie
« Accompagner les agriculteurs : la souveraineté alimentaire en dépend »

Face à la flambée des coûts de l’énergie, Fabrice Pannekoucke, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en charge notamment de l’agriculture, en appelle au gouvernement pour accompagner les agriculteurs.

« Accompagner les agriculteurs : la souveraineté alimentaire en dépend »
Pour Fabrice Pannekoucke, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, une "réaction nationale" à la problématique énergétique actuelle est "nécessaire". ©Michel Peres

Ce n’est un secret pour personne. Le coût de l’énergie a explosé en 2022 pour l’ensemble des filières agricoles et agroalimentaires. Les perspectives pour cette nouvelle année, ne sont pas plus réjouissantes. Le site Internet ecologie.gouv.fr l’annonce : « en 2023, les prix des marchés du gaz et de l’électricité seront plus de dix fois supérieurs à ceux de 2020 ». Face à ce constat, le vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en charge notamment de l’agriculture, Fabrice Pannekoucke, tient à tirer une sonnette d’alarme. « En 2022, les agriculteurs comme de nombreux chefs d’entreprise ont dû faire face à une forte croissance des coûts de l’énergie, notamment pour l’irrigation. Toutefois, l’année qui vient de s’achever a mis en exergue, s’il était encore utile de le faire, l’impérieuse nécessité d’irriguer pour produire. Les organisations d’irrigation, souvent collectives, ont permis d’assumer les coûts en 2022. Toutefois, il est certain que les perspectives pour 2023 ne pourront pas être supportées dans l’absolu », souligne l’élu régional, chiffres à l’appui. « Dans la Drôme, pour le syndicat des irrigants, les charges sont passées de 2,5 millions d’euros en 2021 à 7 millions en 2022. Les premières estimations pour 2023 font état de 20 millions d’euros. C’est insoutenable quand on sait que le budget du syndicat est de l’ordre 10 millions d’euros. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres. La situation est malheureusement la même partout. » Face à cette situation sans précédent, Fabrice Pannekoucke, en écho au courrier que Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a envoyé à la Première ministre, Élisabeth Borne, alerte : « l’ensemble de nos douze départements sont concernés par cette situation comme l’ensemble des treize régions de France. Une réaction nationale à cette problématique est nécessaire. La souveraineté alimentaire nationale en dépend ».

Poursuivre le travail engagé en recherche et développement

La Région continuera, le vice-président l’affirme, à accompagner les entreprises comme elle le fait déjà. Surtout, elle se veut prospective. « Concernant l’énergie, nous faisons face à une double temporalité : l’instant où nous devons apporter une réponse rapide aux agriculteurs notamment, mais également l’avenir. Nous devons nous interroger dès maintenant à la manière dont nous abordons cette question énergétique pour l’avenir afin que nous ayons la capacité d’accompagner notre économie, notre agriculture face à ces défis. C’est aujourd’hui que nous trouverons les solutions pour moins consommer d’énergie demain et surtout en produire de manière durable. L’autoconsommation doit être l’une des pierres angulaires de cette question énergétique », commente l’élu régional. Pour lui, il est primordial d’étudier comment mieux valoriser la production énergétique sur une ferme au profit de la production agricole.

La production agricole est la priorité

Concernant la solarisation ou encore la méthanisation, Fabrice Pannekoucke est formel : il faut travailler de manière intelligente avec la profession agricole et surtout ne pas perdre de vue que la production agricole doit demeurer la priorité. Et pour lui, cela passera par la recherche et le développement. Il cite notamment l’exemple de l’expérimentation conduite à la station expérimentale fruits Auvergne-Rhône-Alpes (Sefra) dans la Drôme autour de la plantation de vergers sous panneaux photovoltaïques. « Ce projet illustre une manière de concilier production agricole et solarisation. Même s’il faudra encore quelques années d’expérimentation avant de tirer des conclusions définitives, les premiers retours sont plutôt positifs. Il faut poursuivre le travail engagé dans la recherche et le développement. Nous avons beaucoup de fers au chaud, nous devons tenir bon pour être capables demain de faire encore mieux », conclut le vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Marie-Cécile Seigle-Buyat