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L'abattoir Andrézieux-Bouthéon passe en haut débit

L'abattoir de proximité d'Andrézieux-Bouthéon (Apab) a vu son chiffre d'affaires progresser depuis le début du confinement. Explications du directeur, Frédéric Chauveau.
 L'abattoir Andrézieux-Bouthéon passe en haut débit

 En temps « normal », qui semble désormais lointain, l'abattoir bi-espèces d'Andrézieux-Bouthéon, présidé par Bruno Bertholet, abat environ 40 tonnes par semaine. « A 90 % des porcins », précise son directeur, Frédéric Chauveau. Ovins et caprins complètent la ligne d'abattage. Et si clairement, Pâques n'a pas eu le rendement habituel pour les petits producteurs impactés par la fermeture des marchés, l'activité de l'Apab est en réalité en progression significative depuis le début de l'année, notamment grâce à la récupération d'un client grossiste du Roannais mais pas seulement.

Volumes en hausse

« Nous étions à + 10 % avant le confinement et on est passé à + 20 % depuis. A fin avril, tout confondu, nous affichions des résultats de + 13 % sur les quatre premiers mois de l'année », se félicite le directeur. Le professionnel attribue ces bons chiffres à la réactivité des petits producteurs spécialisés en vente directe (la majorité des clients de l'abattoir). « Ils ont réagi très vite en mettant en place des systèmes de drive, de livraison à domicile. Certains ont augmenté leur volume d'un tiers, d'autres ont carrément doublé ! Nos clients bouchers traditionnels, à l'exemple de la coopérative bouchère de La Talaudière, ont aussi augmenté leurs volumes. » Pour parvenir à répondre aux besoins de ses clients, l'Apab a dû élargir ses amplitudes horaires. « Ça génère des heures supplémentaires car on n'a pas l'outil adapté pour augmenter les cadences. Nous sommes même à la limite de la saturation, nous ne pourrions pas continuer à augmenter les volumes. » Une progression qui doit donc beaucoup à la volonté des salariés auquel le directeur rend hommage. Il entend bien récompenser leur motivation « en leur versant la prime covid ce mois-ci ».

« L'hygiène, on connaît »

Bien sûr, l'abattoir a dû répondre aux conditions sanitaires liées aux conséquences de l'épidémie de Covid-19. « Mais l'hygiène dans notre abattoir, on connait ça par cœur », rassure Frédéric Chauveau, « on a juste rajouté un distributeur de gel hydroalcoolique à l'entrée et on s'astreint à des nettoyages des poignées de porte au quotidien. Nous sommes une petite équipe, huit personnes sur la chaîne, donc ce n'est pas trop compliqué à gérer ». Du côté des apporteurs, qui restent à l'extérieur, la situation est aussi aisément gérable. « Nous avons élargi les horaires de dépôt des animaux et de retirement des carcasses. Il n'y jamais plus de 3 ou 4 clients en même temps ». Au final, une situation de crise bien gérée. « Mais j'imagine qu'un abattoir industriel n'aura pas la même analyse que la nôtre », conclut le directeur en espérant qu'une partie des consommateurs continueront à jouer le jeu des circuits courts après le confinement.

 

David Bessenay

 

 

 

PAYS DE CHARLIEU/ Passées deux semaines de chute brutale des volumes au début du confinement, l’abattoir de Charlieu a repris du poil de la bête et affiche un bilan satisfaisant. 

Plus de porcs et d’agneaux, moins de veaux 

« Je n’ai pas fait les comptes mais dans l’ensemble, on doit atteindre un chiffre d’affaires équivalent à celui de l’an passé. » Après deux premières semaines d’effondrement spectaculaire des volumes, la faute principalement à la fermeture des marchés, l’activité est repartie à la hausse au plus grand soulagement de Jean-Yves Tixier, responsable de l’abattoir du pays de Charlieu. « Le circuit-court travaille plus », constate-t-il. L’entreprise qui traite environ 2 500 tonnes/an, travaille principalement avec les boucheries traditionnelles, les chevillards, les producteurs-transformateurs et l’abattage familial sur quatre départements (42,71,69 et 03).  
Ce sont les volumes de porcs et d’agneaux qui ont bondi tandis celui des veaux a chuté, sans doute à cause de son prix. Enfin, la situation n’est pas simple pour le bœuf : « il faut réussir à écouler tous les morceaux sur une carcasse… ». 
Hausse spectaculaire de la découpe
Le responsable constate par ailleurs une spectaculaire hausse de l’activité découpe (+ 30 %), une des prestations offertes par l’abattoir. « On a dû prendre deux personnes supplémentaires pour la découpe et l’emballage, on a un mois de travail d’avance » 
Comme partout, les protocoles ont été adaptés pour répondre aux exigences sanitaires, « c’est plus de contraintes et un surcroît de travail », note le responsable qui se félicite que les 14 salariés de l’entreprise ont tous répondu présent depuis le début du confinement.
DB