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La Fédération nationale ovine en congrès en Haute-Loire

Les 7 et 8 septembre, la Fédération nationale ovine (FNO) a tenu son congrès annuel en Haute-Loire. Un rendez-vous professionnel qui a permis de passer en revue les problématiques et les enjeux cruciaux qui conditionnent l'avenir de l'élevage ovin en France.

La Fédération nationale ovine en congrès en Haute-Loire
Le congrès de la Fédération nationale ovine s'est tenu au Puy-en-Velay en Haute-Loire, les 7 et 8 septembre. ©VG

Le dossier de la prédation a été au cœur du congrès de la Fédération nationale ovine. Les responsables syndicaux n'ont pas manqué de marteler l'incompatibilité entre un élevage dynamique et pérenne et la prolifération du loup. Selon Michèle Boudoin, présidente de la FNO : « Ce sont plus de dix mille brebis qui ont été tuées par le loup dans notre pays », a-t-elle indiqué non sans amertume avant de demander au gouvernement de mettre en place une politique en faveur des éleveurs ovins. Du côté de la Région, même discours : « On dénombre quatre mille attaques dans notre région, c'est trop ! Je suis convaincu que les loups sont trop présents en effectif. C'est pourquoi, à la Région, nous avons lancé un comptage », a indiqué Emmanuel Ferrand, conseiller régional et agriculteur dans l'Allier.

Quant à Yannick Fialip, membre du bureau de la FNSEA, il a attiré l'attention sur le coût du loup à la France : « Le budget dédié à l'aide ovine a baissé et, dans le même temps, on a augmenté le budget prédation, ce qui veut dire que la souveraineté alimentaire du loup est plus importante que celle des Français ! Sur dix ans, le loup a coûté trente-cinq millions d’euros… Arrêtons de financer la prédation et prélevons les loups ». Jean-Paul Celet, préfet référent du Plan national loup, a signalé une prédation en croissance en 2022 en Auvergne-Rhône-Alpes et annoncé deux évolutions dans le nouveau Plan national d'actions avec une extension du cercle 0 à des élevages fortement prédatés et le maintien des financements pour les moyens de protection.

Le libre-échange

Les éleveurs ovins sont également confrontés au grand retour des accords de libre-échange. Michèle Boudoin a dénoncé celui avec la Nouvelle-Zélande qui accorde des contingents supplémentaires à ce pays et a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis des futurs accords (Australie, Royaume-Uni et Nouvelle-Zélande). « Le gouvernement doit mettre fin à cette course au libre-échange sans règle ! » a-t-elle lancé. La sécheresse, autre grande source d'inquiétude de la profession au regard de la décapitalisation massive dans les élevages qu'elle risquerait d'entraîner, a également mobilisé la FNO.

Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, intervenant par vidéo, a assuré la pleine mobilisation du gouvernement en faveur de la filière ovine et en particulier sur ce dossier. Durant ce congrès, il a également été question de renouvellement des générations considéré comme un véritable défi par la FNO et qui entend engager un travail sur les attentes des futurs éleveurs. Au cours de son intervention par visioconférence en direct des Terres de Jim, Guillaume Cabot, vice-président de Jeunes agriculteurs, a signalé la rédaction d'un livre blanc sur la transmission-installation. Mais pour pérenniser les exploitations, il a dit « compter sur les prix et la contractualisation rendue obligatoire par la loi Egalim 2 ».

La contractualisation

L'un des grands temps forts du congrès de la FNO a été la table ronde sur l'application de la contractualisation obligatoire en ovins lait et viande. Aux côtés d’Alexandre Saunier, membre du bureau de la FNO, de Jean-François Cazottes de France brebis laitière, de François Monge de La Coopération agricole, d’Emmanuel Fontaine, représentant les organisations de producteurs non commerciales et de Théo Gning et Vincent Bellet, les deux experts techniques, il manquait la présence d’un représentant de la distribution. Une absence remarquée et jugée peu surprenante en cette période d'application de la loi Egalim. Elle s'appliquera dès le 1er octobre 2022 en lait de brebis et dès le 1er janvier 2023 en viande ovine.

Alexandre Saunier a rappelé toute l'importance de cette loi qui vise « une amélioration du revenu et de la qualité de vie des éleveurs ». Pour François Monge, la loi Egalim 2 va dans le sens du travail des coopératives : « il nous suffira d'intégrer les indicateurs dans les contrats dont disposent déjà les agriculteurs et de faire évoluer le règlement intérieur des coopératives », a-t-il expliqué. Tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité de contractualiser et ont encouragé les éleveurs à saisir cet outil. « Dépêchez-vous de contractualiser car, demain, je suis sûr que l'on va vivre une pénurie de viande », a confié Yannick Fialip. « Notre métier a un prix. Si on veut pérenniser la filière ovine, on aura besoin des nouvelles générations d'éleveurs, de perspectives et de stabilité. Or, la contractualisation donne des perspectives à notre métier », a conclu la présidente de la FNO, Michèle Boudoin.

Véronique Gruber