Espèces exotiques envahissantes
Le datura, une adventice toxique

Aussi appelé l’herbe du diable, le datura est reconnu pour sa forte toxicité pour l’homme et les animaux, et pour son action compétitrice dans certaines cultures, affectant ainsi la qualité des récoltes et les rendements.
Le datura, une adventice toxique

Le datura est une plante herbacée annuelle, originaire du Mexique et du Sud-Ouest des États-Unis. On la rencontre principalement dans les friches, les champs et sur les bords de route. Comme de nombreuses autres solanacées, le datura produit des métabolites secondaires du type alcaloïde présentant un niveau de toxicité élevé : les alcaloïdes tropaniques (principalement l'hyoscyamine [atropine] et la scopolamine). Toutes les parties de la plante en contiennent. Ces molécules agissent sur le système nerveux central (excitation, hallucination, désorientation), entraînant notamment des troubles cardiaques (tachycardie), sécrétoires (salive, estomac, bile) et de la vision. De très faibles quantités suffisent à déclencher des symptômes. Des limites réglementaires ont ainsi été fixées dans l'alimentation.
Concernant l'alimentation humaine, la teneur maximale de 1 μg d'atropine ou de scopolamine par kg d'aliment est définie pour les préparations à base de céréales et aliments pour nourrissons et enfants en bas âge contenant du millet, du sorgho, du sarrasin ou des produits qui en sont dérivés (Règlement UE 2016/239 de la Commission du 19/02/2016 modifiant le règlement CE n° 1881/2006 portant sur les teneurs maximales de certains contaminants des denrées alimentaires). Cette norme pourrait s'étendre prochainement à d'autres types d'aliments.
Pour l'alimentation animale, la réglementation porte sur la quantité de graines présentes dans toutes les matières premières ou aliments pour animaux : le seuil est fixé à 1 g/kg (Directive européenne 2002/32). La simple présence de quelques plants isolés de datura dans une culture peut permettre le dépassement de ce seuil. D'après Arvalis-Institut du végétal, un seul pied de datura dans 25 m² de maïs destiné à l'ensilage peut suffire à entraîner une intoxication mortelle chez les bovins.

 

La nuisibilité du datura aux cultures

Outre la nécessité sanitaire et réglementaire de limiter fortement la présence du datura dans les matières premières destinées à l'alimentation, et donc dans les cultures qui les produisent, la lutte contre le datura s'avère aussi nécessaire, notamment dans les cultures estivales, car il a un caractère particulièrement invasif et son développement luxuriant peut générer une forte concurrence visà- vis de la culture en place concernant l'accès à la lumière, à l'eau et aux éléments nutritifs. Le rendement peut donc être grandement affecté. Les cultures potentiellement les plus impactées sont le soja, maïs, sorgho, tournesol, et les productions maraîchères. Le datura peut aussi poser des problèmes de triage et de perte de semences pour certaines cultures (oignons, radis, betteraves).

 

Les méthodes de lutte

Il est recommandé de combiner les méthodes agronomiques ayant une action préventive sur le développement du datura. Le levier de la rotation des cultures est l'un des plus efficaces : une alternance équilibrée entre cultures d'hiver, de printemps et d'été réduit les niveaux d'infestation des parcelles. En cas de présence d'un fort stock semencier au sein des parcelles, l'implantation des cultures les plus sensibles devra être écartée. Compte tenu des caractéristiques biologiques du datura (durée de vie des graines, étalement de la période de levée...) les pratiques de labour, de déchaumage, de faux semis et de décalage de la date du semis, donnent des résultats modérément satisfaisants. Assurer un peuplement dense et homogène de la culture semble en revanche défavoriser nettement le développement du datura par effet de couverture et d'étouffement. La lutte mécanique est d'une efficacité souvent limitée compte tenu de la capacité du datura à germer en profondeur et de façon très échelonnée. Cela explique aussi l'efficacité partielle des désherbages chimiques. En dernier recours, l'écimage ou l'arrachage manuel (port des gants impératif) peuvent être pratiqués pour limiter la production de graines. Pour des arrachages tardifs, bien évacuer les plantes hors des parcelles pour éviter des contaminations par des fruits arrivant à maturité. Lors des récoltes, il est préconisé de débuter par les parcelles les moins infestées. Par ailleurs, le nettoyage des outils (notamment de récolte) et l'entretien des fossés et des bords de champs limitent les infestations.

 

Fredon Aura

 

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