MFR Loire-Auvergne
La réforme de l'apprentissage au centre des débats

La Fédération territoriale des MFR Loire-Auvergne a tenu son assemblée générale le 17 septembre à Chalain-le-Comtal. Ce rendez-vous soldait l'année 2019 tout en évoquant les dossiers du moment, comme la réforme de l'apprentissage et ses impacts.
La réforme de l'apprentissage au centre des débats

Crise de Covid-19 oblige, c'est à quelques mois de basculer en 2021 que la Fédération territoriale des MFR Loire-Auvergne a finalement pu tenir son assemblée générale portant sur l'année 2019. Un exercice important pour les 19 établissements (dont 15 antennes CFA) qu'elle regroupe puisque « marqué par une réforme de la voie professionnelle et de l'apprentissage en particulier », notait en introduction son président, Dominique Hébert. Ce « grand chamboule-tout » va entraîner « des changements au sein des MFR au niveau de l'organisation, des financements, de la relation avec les entreprises, de la mise en place de nouvelles formations par apprentissage, de l'apparition de nouveaux acteurs, de nouvelles procédures, etc. », ajoutait-il. Dans ce contexte, 2020 a contribué à poursuivre le travail entamé pour « définir ou redéfinir les missions des fédérations au service des MFR ».

 

« La réforme de l'apprentissage nous a beaucoup questionnés », soulignait David Goiffon, secrétaire. Outre un changement de contexte avec de multiples opérateurs contre un seul auparavant (le Conseil régional), les CFA désirant proposer des formations en apprentissage auront l'obligation d'être certifiés Qualiopi, démarche qualité en lien avec celle de la RSO (Responsabilité sociale des organisations). « Des maisons ont très bien avancé, certaines n'ont pas encore pris le train et d'autres sont entre les deux », relevait Eric Arrio, adjoint de direction, au sujet de ce qui permet de « questionner ses valeurs » : « Essayons d'être positifs, c'est une opportunité de revoir l'organisation de sa Maison, de structurer les choses. Cela prend du temps au départ, mais pourra en faire gagner à terme. »

 

« Impactée par cette réforme », la taxe d'apprentissage devient un chantier majeur. Si sa collecte a progressé en 2019, le système change du tout au tout cette année. Pour la Fédération Loire-Auvergne, cela engendrera « une baisse réelle des fonds qui reviendront aux maisons », même si elle essaie, à travers le réseau AE3 (Alliance écoles entreprises pour l'emploi) de relancer la collecte et de limiter la perte, explorant aussi la voie du mécénat. Au niveau financier toujours, l'équipe de direction a évoqué ses liens avec les conseils départementaux de la Loire et, plus récents, du Cantal. Une démarche à initier sur les autres territoires que couvre la Fédération, en veillant à « rétablir de véritables relations » par l'intermédiaire notamment des élus de proximité.

Stratégie commune sur le recrutement et la communication

2019 s'est conclue sur un résultat financier conséquent (53 718,89 euros), mais « l'équilibre est plus compliqué à trouver sur 2020 », prévenait Denis Lafay. Le prévisionnel présenté s'avère positif, mais n'avait pas été recalculé en prenant en compte l'impact de la crise sanitaire actuelle. « Tartaras (MFR placée en liquidation judiciaire il y a deux ans) va nous suivre un paquet d'années, mais la vente de l'établissement va aussi rapporter des produits, relevait Denis Lafay. L'objectif de la Fédération n'est pas de faire du résultat, mais d'être à l'équilibre et d'apporter des services aux maisons. » A cet effet, l'assemblée a voté la mise en place d'un fond qui servira à financer leurs projets, concernant aussi bien des investissements que l'éducatif ou la vie associative.

 

La mutualisation des forces permet de s'attaquer à plusieurs chantiers. En parallèle des actions de coopération internationale au Togo et au Cameroun, une stratégie commune porte sur le recrutement et la communication, avec de réels efforts pour cibler les réseaux sociaux et former les équipes afin qu'elles s'approprient les outils, mais aussi l'envoi aux rédactions de communiqués de presse mensuels pour maintenir le contact. Concernant le premier point, 2019 a vu une stabilisation du nombre d'apprenants accueillis à l'échelle de la Fédération, avec un recul des effectifs "agricoles" et une progression de ceux d'apprentissage. Une tendance qui se confirme pour l'année en cours avec 100 personnes supplémentaires en apprentissage (+25 %), sans perte en revanche au niveau agricole. Autre satisfaction : un taux de réussite aux examens de 89 %. « Les jeunes réussissent très bien par alternance », applaudissait Denis Lafay, directeur.

Franck Talluto

 

Nouvelle identité visuelle pour les MFR

Depuis 2005, le réseau des MFR utilisait un logo constitué d'un personnage orange avec un fond vert et blanc sur lequel on distinguait un toit symbolisant ces établissements. L'Union nationale en a adopté un nouveau cet été, qui reprend certains codes. « Parce que nous sommes attachés à notre histoire, nous conservons cet individu emblématique et faisons évoluer sa forme pour une dimension plus actuelle, énergique, vivante, souligne-t-elle dans un document de présentation. L'individu est au cœur de la MFR, il est à la fois protégé et pleinement intégré. Acteur, il participe à la dynamique en formant le contre-poinçon du R. » Autre changement significatif, l'adoption d'une couleur ocre dorée qui « évoque la réussite, l'excellence et témoigne de la fierté des maisons et de l'association ; nature, elle rappelle la terre, le sable, les céréales, autant d'éléments proches de nos racines rurales ». Un virage que s'est chargée de détailler Catherine Vazille en clôture de l'assemblée générale de la Fédération territoriale Loire-Auvergne. Comme le souligne la présidente de la MFR de Saint-Etienne, ce logo s'inscrit plus largement dans « une identité de marque revue et réécrite pour réaffirmer les valeurs et les missions des MFR ». « Cela traduit une volonté d'harmoniser, de fédérer les maisons, les personnes qui communiquent pour et au sein d'elles, pour une force de frappe nationale », ajoute-t-elle. Fruit de plus d'un an de travail auquel ont été associés établissements, professeurs, apprenants et familles, cette charte graphique se diffusera peu à peu dans les maisons au cours de l'année scolaire qui vient de débuter.
F.T.