Abords de ferme
Pour une intégration paysagère réussie

Embellir son corps de ferme par envie ou par nécessité pour rendre son lieu de travail plus agréable et pour l’intégrer dans le paysage, certains agriculteurs et agricultrices y pensent mais ne savent pas comment s’y prendre. Conseils de deux agents du Département qui suivent plus particulièrement les dossiers de subvention pour l’intégration paysagère des bâtiments agricoles.
Pour une intégration paysagère réussie

Des abords entretenus, des lieux de production et de vente soignés, des sièges d'exploitation intégrés dans le paysage offrent une image positive de l'agriculture et donnent un sentiment de confiance et de sécurité aux consommateurs. Une intégration paysagère réussie assure aussi un cadre de vie agréable aux agriculteurs et à leur famille, ainsi qu'aux voisins, habitants, vacanciers... « Se sentir mieux dans son environnement, c'est se sentir mieux dans son travail, estime Corinne Berthon, gestionnaire de dossiers au Conseil départemental de la Loire (Direction de la Forêt et de l'Agriculture). Un agriculteur passe toute la journée sur son exploitation, donc autant qu'il s'y sente bien. » Il ne faut pas perdre de vue que les bâtiments agricoles, par leurs matériaux, leur style et leur implantation contribuent à façonner le paysage. L'implantation réfléchie des bâtiments et des voies de circulation (matériel, animaux) contribue également à la bonne organisation du travail et à la sécurité.
Mais en matière d'intégration paysagère, il n'est pas toujours simple de composer avec des constructions traditionnelles, des bâtiments parfois vieillissants et des constructions modernes, avec le relief ou autres contraintes naturelles, avec des réseaux existants (route, mais aussi colonne de gaz ou ligne électrique). Ainsi, pour accompagner les exploitants agricoles dans leur démarche d'amélioration des abords de leur ferme, le Conseil départemental est susceptible d'attribuer une subvention aux agriculteurs qui en font la demande. Elle est répartie en deux aides : l'une pour réaliser un diagnostic architectural et paysager ; l'autre pour la réalisation de travaux.
Des exploitants ont déjà eu une démarche d'aménagement des abords pour l'accueil à la ferme ou du tourisme et veulent encore plus embellir leur cadre de vie. L'aide du Conseil départemental est mobilisable tous les dix ans, donc certains agriculteurs y reviennent, après une première phase. Il y a aussi des exploitants qui ont la volonté d'améliorer leur environnement, de restaurer des anciens bâtiments, de créer un ensemble cohérent entre les bâtiments anciens et récents. « Certains ont construit des bâtiments et n'ont pas pris le temps de traiter ou finaliser les abords. Il en résulte souvent des problématiques d'entretien», indique Angélique Berthail, technicienne foncier agricole au Département de la Loire (Pôle Aménagement et Développement durable, Direction de la Forêt et de l'Agriculture) qui est en charge de l'intégration paysagère. Dans beaucoup de cas, c'est aussi pour des raisons financières que les travaux d'aménagement n'ont pas été faits après la construction d'un bâtiment. « On retrouve aussi des agriculteurs qui souhaitent dissocier la maison d'habitation de l'exploitation en créant un chemin. »
Finalement, chaque exploitation a un projet et un potentiel spécifiques. « Globalement, nous constatons beaucoup d'améliorations dans les exploitations», notent Corinne Berthon et Angélique Berthail, mais des points noirs subsistent. Une attention particulière est donnée aux fermes visibles des axes de circulation et à celles accueillant du public.

 

Des actions simples

Même si chaque ferme a ses propres caractéristiques et qu'il n'existe pas de modèle type, Angélique Berthail note que des problématiques reviennent régulièrement. Selon elle, avant de se lancer dans des travaux conséquents, quelques actions simples peuvent être mises en place pour améliorer l'aspect visuel du siège d'exploitation. A commencer par le rangement et l'organisation : trouver le bon emplacement pour chaque matériel, pour le stockage... Puis, entretenir l'existant (tondre, débroussailler...). L'agriculteur peut aussi améliorer par lui-même les abords, tout simplement avec du fleurissement, des plantations ou des barrières pour délimiter les espaces ou souligner l'entrée de l'exploitation.
Dans sa mission d'accompagnement pour l'intégration paysagère, Angélique Berthail conseille effectivement de « bien délimiter les espaces, notamment en fonction des contraintes de circulation. Il faut organiser visuellement l'exploitation ». Pour cela, elle recommande de niveler les espaces et de les délimiter, mais aussi de les enherber pour un entretien plus facile. « On retrouve régulièrement la problématique des talus qui ne sont pas entretenus » puisque difficilement accessibles ou pas aménagés. La technicienne recommande également des plantations en forme de bosquets pour créer une dynamique. « Il faut évidemment bien réfléchir à leur positionnement » pour l'harmonie de l'ensemble et pour ne pas qu'ils gênent. La question des accès, de la circulation et du traitement des voies revient régulièrement sur les exploitations. Angélique Berthail ajoute que la mise en valeur des points de vente ne doit pas être négligée. Pour cela, « il faut matérialiser les zones de stationnement, valoriser l'espace d'accueil. Il faut travailler sur les abords et sur les bâtiments ».

 

Un œil extérieur

Angélique Berthail incite également les agriculteurs à solliciter un œil extérieur (des membres de la famille, des amis, des voisins...), pour avoir un ou des avis « critiques » permettant de faire un état des lieux et d'apporter des idées pour embellir son lieu de travail. « Souvent, l'agriculteur ne prend pas le temps et le recul.» Elle suggère également aux agriculteurs de se mettre en relation avec d'autres exploitants qui ont déjà fait la démarche d'aménager les abords de leur ferme pour prendre des idées et pour en savoir plus sur l'attribution de l'aide du Département.

 
Lucie Grolleau Frécon

Sources d’inspiration...

 
Voici des exemples d’aménagements d’abords de ferme choisis par Angélique Berthail et Corine Berthon, du Conseil départemental de la Loire.
 
Des façades en parpaing étaient visibles depuis un chemin de randonnée fréquenté. L’ensemble des façades ont été améliorées par la réalisation d’un enduit couvrant en partie basse et un bardage bois sur la partie haute. L’utilisation des deux techniques a permis d’adoucir la masse du bâtiment.
 
Ce petit appentis, visible depuis une route départementale, sert à stocker du matériel. Il était en partie ouvert ou bardé de tôles dégradées. Les exploitants ont fait bâtir un mur pour fermer la façade. Un enduit couvrant a été réalisé et un bardage bois est venu fermer les façades non bâties. L’ensemble est harmonieux, l’accès au matériel se fait par l’avant du bâtiment resté ouvert et en partie accessible par un portail bois.
 
Sur cette exploitation, plusieurs constructions en pierre de pays ont été restaurées ou bâties. Un muret en pierre a été réalisé (au premier plan) en remplacement d’un talus disgracieux et difficile d’entretien. Il accueille à présent un massif de fleurs et arbustes. Les pierres du petit bâtiment, ainsi que les murets, ont également été repris et les joints restaurés.
 
Le chemin d’accès à l’exploitation a été empierré afin de remédier à des problèmes de stagnation et d’écoulement des eaux. Pour souligner l’entrée de l’exploitation, une barrière en bois a été mise en place, de même qu’aux abords de l’habitation afin de séparer la partie privée du travail. Cet aménagement a été complété par la plantation d’arbres et d’arbustes d’essences locales. Un bardage bois a été mis en œuvre afin de casser la hauteur de l’ouverture du bâtiment de stockage. Les toitures, remplacées récemment et de même teinte, créent un ensemble harmonieux.