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Élections municipales

Pour les communes sans élus dans la Loire, comment ça se passe ?

Dimanche 15 mars, comme dans 68 communes françaises, Arthun, Gumières, Nollieux et Saint-Polgues n’ont pas voté, faute de liste déposée. Aucun maire n’a été élu dans ces communes. Par arrêté du 16 mars, les sous-préfets de Montbrison et Roanne assurent une délégation spéciale.

Par Morgane Cros
Pour les communes sans élus dans la Loire, comment ça se passe ?
Les électeurs des quatre communes sont convoqués pour le 31 mai prochain. Le scrutin sera ouvert à 8 heures et clos à 18 heures. ©AdobeStock

Dans la Loire, quatre petites communes se retrouvent aujourd’hui dans une situation aussi rare qu’inattendue : sans maire, faute de candidats aux dernières élections municipales. À Arthun, Gumières, Nollieux et Saint-Polgues, aucune liste ne s’est présentée. Résultat : aucun conseil municipal n’a pu être élu, laissant ces communes sans exécutif local.

Des administrateurs provisoires

Face à cette situation, l’État a activé un dispositif prévu par le code général des collectivités territoriales. La préfète, Muriel Nguyen, les a placées sous la tutelle d’une délégation spéciale de trois membres en attendant l’organisation de nouvelles élections sous trois mois. Il s'agit de prendre en charge uniquement les affaires courantes comme les actes administratifs, le paiement des factures ou la gestion du personnel. En revanche, elles n’ont pas vocation à engager des projets structurants ou à prendre des décisions politiques de long terme.


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L’installation des délégations spéciales s’est déroulée selon un planning resserré : le jeudi 19 mars au matin à Saint-Polgues puis à Arthun, et le vendredi 20 mars à Gumières et Nollieux. Ces moments marquent une transition administrative, mais aussi une forme d’appel à la mobilisation citoyenne.

Leur mission principale est d’organiser une élection municipale partielle, condition indispensable pour désigner ensuite un maire et ses adjoints. Celle-ci doit se tenir dans un délai de trois mois. Dans le cas présent, les électeurs des quatre communes sont convoqués pour le 31  mai prochain. Le scrutin sera ouvert à 8 heures et clos à 18 heures. Le dépouillement suivra immédiatement la clôture du scrutin.

En amont, un calendrier précis a été fixé pour le dépôt des candidatures. L’enjeu est désormais de susciter des vocations dans des territoires où l’engagement municipal repose souvent sur un petit nombre d’habitants. Car si ces situations restent exceptionnelles, elles traduisent une difficulté croissante à mobiliser des élus locaux, notamment dans les communes rurales.


Lire aussi : Pour ces maires ruraux de la Loire l’engagement jusqu’au bout… mais à quel prix ?


Car derrière cette procédure technique se cache une réalité bien concrète : sans élus, une commune ne peut pleinement fonctionner. Le maire et le conseil municipal sont au cœur de la vie locale, qu’il s’agisse de gérer les équipements, d’animer le territoire ou de représenter les habitants.

L’absence de candidats interroge donc sur l’attractivité de la fonction. Charge de travail, responsabilités juridiques, faible indemnisation : les freins sont nombreux, en particulier dans les petites communes où les moyens sont limités. Pourtant, ces mandats restent essentiels au fonctionnement de la démocratie de proximité.

Une mobilisation attendue d’ici fin mai

Les semaines à venir seront décisives. D’ici au 31 mai, il faudra convaincre des habitants de s’engager pour leur commune. Une chose est sûre : dès que les nouveaux conseils municipaux seront élus et installés, les délégations spéciales cesseront automatiquement leurs fonctions. Ce retour à la normale marquera la fin d’un épisode inhabituel, mais révélateur des défis actuels de la démocratie locale.

La campagne électorale débutera lundi 18 mai et prendra fin samedi 30 mai à minuit pour le premier tour. En cas de second tour, la campagne débutera lundi 1er juin et prendra fin samedi 6 juin à minuit.

Si l’absence de liste est une nouvelle fois constatée, une autre délégation spéciale sera à nouveau formée. Néanmoins, la commune ne peut pas rester indéfiniment dans une situation qui, par définition, est censée être exceptionnelle. Une solution pourrait être d’envisager une fusion avec une commune voisine. Cela dit, seules les communes limitrophes peuvent se regrouper pour former une commune nouvelle. Cela permettrait à la commune actuellement sans conseil municipal de bénéficier à nouveau d’un maire et d’une instance exécutive.

Morgane Cros

L'info en +

Le second tour des municipales concernait huit communes ligériennes, où les électeurs étaient appelés à départager plusieurs listes.Ces résultats confirment certaines équipes en place et actent plusieurs changements à la tête des municipalités.

Régis Juanico est le nouveau maire de Saint-Etienne. Il est élu avec 44,13 %  des voix, devant Corentin Jousserand (RN, 26,68 %), Dino Cinieri (Union des droites, 18,75 %), Valentine Mercier (LFI, 10,44 %).

Yves Nicolin (LR, 53,37 %) a été réélu maire de Roanne pour un 3e mandat consécutif, devant Franck Beysson (DVG, 28,01 %) et Fanny Fesnoux (DVD, 18,62 %).

À Saint-Chamond, Axel Dugua arrive en tête (LR, 43,2 %), devant Jean-Luc Degraix (divers droite, 21,87 % des voix), Isabelle Surply (RN, 20.47 %) et Jean Minnaert (Les Écologistes, 14,46 %).

À Firminy c’est le retour de Marc Petit (45,58 %), devant le maire sortant Julien Luya (34,74 %), Anne-Sophie Putot (union à gauche, 12,98 %), et Dominique Giunta (Union des droites pour la république 6,70 %).

C’est un 7e mandat pour Gérard Tardy, maire sortant de Lorette (Divers Droite, 49,68 %) devant Evelyne Oriol (Divers droite, 40,59 %) ett Julien Lequeue (Divers, 9,73 %).