Crise agricole, PAC et balance commerciale : ce qu’Emmanuel Macron a dit au Salon de l’agriculture
Au Salon de l’agriculture 2026, Emmanuel Macron échange avec la FNSEA et JA sur la PAC, la crise agricole et la balance agroalimentaire française.
Le chef de l’État s’est rendu, aux premières heures de la journée du 21 février, au Hall 1 du Salon de l'agriculture, pour couper le ruban tricolore, en compagnie de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et du président du salon, Jérôme Despey.
C’est sur fond de crise agricole que cet événement s’est ouvert. En témoigne l’absence des bovins pour cause de Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une absence qui est révélatrice des maux qui frappent le secteur agricole « depuis maintenant trois ans », a souligné Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.
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Entre les mauvaises récoltes qui ont fait plonger les revenus des céréaliers dans le rouge, la crise viticole, la baisse du prix du lait, les accords de libre-échange, les retards dans la publication des décrets d’application pour la loi d’orientation et la loi Duplomb, les distorsions de concurrence sur les produits phytosanitaires avec les autres pays européens et les inondations (Garonne, Loire…) qui touchent de nombreuses exploitations, « la coupe est pleine ». Au point que les agriculteurs nourrissent un sentiment de déclassement.
« Il faut des actes »
Après un traditionnel petit-déjeuner sur place, Emmanuel Macron a rencontré une délégation de la FNSEA, conduite par son président Arnaud Rousseau. « Un entretien très franc et très direct », a relaté ce dernieru. Le dialogue a tourné autour de la négociation de la Pac et le président de la République a déclaré « qu’il comptait jusqu’au dernier moment être à la manœuvre », c’est-à-dire jusqu’au mois de mai 2027.
Il a aussi été question de la balance agroalimentaire française qui, « seulement excédentaire de 181 millions d’euros, a perdu 10 milliards d’euros en trois ans, dont près de 5 Md€ en un an ». « Quand on regarde les chiffres, et notamment la balance commerciale, on n’est pas au rendez-vous, voilà ce qu’on lui a dit », a indiqué Arnaud Rousseau, qui a martelé la nécessité et le « besoin de redonner de l’ambition, de la vision à l’agriculture française ».
Le chef de l’État a également rencontré le président de Jeunes agriculteurs (JA), Pierrick Horel, et le secrétaire général, Quentin Le Guillous. « On a vu un président assez à l’écoute. Maintenant il faut des preuves, des actes, notamment sur le renouvellement des générations », a déclaré ce dernier.
Ligne de fracture
La crise agricole est perceptible au sein de la population française. Les Français eux-mêmes se déclarent majoritairement inquiets (85 %) pour l’avenir de l’agriculture française, selon une enquête d’opinion (Conduite les 28 et 29 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 061 Français) réalisée par OpinonWay pour Calif Solutions, un cabinet de conseil en affaires publiques. Plus du tiers (38 %) des personnes interrogées se disent même « très inquiètes » pour l’avenir de l’agriculture et des agriculteurs.
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Cette crainte est nourrie par le fait même qu’ils se disent très attachés au monde agricole. En effet, 87 % des Français déclarent avoir une bonne opinion des exploitants et exploitantes agricoles. Ils sont aussi 80 % à juger qu’ils ne sont pas suffisamment soutenus par les pouvoirs publics et 79 % estiment qu’ils ne sont pas rémunérés à leur juste valeur.
Par ailleurs, près des trois quarts des sondés (71 %) considèrent que les importations sont plutôt « une mauvaise chose, en raison de leurs impacts sociaux, environnementaux et sanitaires ». Cependant, quand il s’agit de passer à l’action et à la caisse, les Français sont moins nombreux : 71 % se disent prêts à payer plus cher pour garantir une rémunération équitable et 72 % pour des produits ayant un impact positif sur l’agriculture française.
De surcroît, « un peu plus de la moitié (55 %) soutiennent l’objectif de produire davantage en France, quitte à alléger certaines normes environnementales, tandis que 44 % préfèrent maintenir des standards stricts ». Cette tension « révèle une ligne de fracture structurante du débat agricole français : comment concilier souveraineté productive, compétitivité économique et exigences environnementales ? » souligne l’enquête d’opinion.