De 1946 à 2025 : comment Paysans de la Loire unit quatre générations
Entre les pages jaunies du journal Paysans de la Loire et celles de l’édition actuelle, un arrière-grand-père et son petit-fils rient, s’étonnent et échangent anecdotes et souvenirs, tissant un lien unique entre passé et présent.
Autour de la table du salon, deux générations se rencontrent : Marius, 95 ans, et son arrière-petit-fils Louis. Devant eux, deux journaux sont posés côte à côte, l’un de 1946, l’autre du 7 novembre 2025. Dans la maison de « Pépé » Marius, la gouaille est toujours là, vive et malicieuse. Ensemble, ils replongent dans 80 ans d’histoire agricole, à travers les pages de Paysans de la Loire.
« Le journal, je l’ai eu entre les mains dès 1946. Mon père était abonné. On parlait encore de la fin de la guerre », se souvient Marius. À 14 ans, il travaille déjà à la ferme, avant de reprendre l’exploitation familiale à la mort de son père, à seulement 21 ans. Chaque vendredi, Paysans de la Loire arrive dans la boîte aux lettres des Dumoulin à Chalain-le-Comtal. « Ce journal, c’est sacré, si on veut rester dans le sillage agricole », glisse Marius, d’un ton à la fois ferme et affectueux.
Louis, 18 ans, partage la même passion pour le monde paysan. Élève à l’école de Ressins et apprenti dans une ferme du Forez, il donne aussi des coups de main à son père, aujourd’hui à la tête de l’élevage familial de vaches laitières.
« J’ai toujours vu Paysans de la Loire sur la table, que ce soit chez moi ou chez mon pépé, raconte-t-il. Je le feuillette souvent. J’aime les pages d’actualité et celle des cours et marchés. » Dans la famille Dumoulin, les discussions tournent naturellement autour de l’agriculture : « Quand je lis un article, on en parle presque toujours ensemble, avec Pépé, mon grand-père ou mon père. »
Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Louis s’informe aussi via les réseaux (Facebook, Instagram), mais reste fidèle à l’hebdomadaire : « Quand un sujet me parle, je vais voir ce que dit le journal, et on en discute en famille. »
Un témoin de huit décennies agricoles
Marius, lui, aime se replonger dans ses souvenirs. Avec ses vingt vaches, le travail ne manquait pas, mais lire le journal était un moment de pause, une fenêtre ouverte sur le monde. « J’aime m’informer, savoir ce qu’il se passe. La première page que je lis, c’est l’édito, ça donne le ton. Et souvent, je reconnais des noms ! » lance-t-il. Ce qu’il apprécie avant tout, c’est de suivre l’évolution des communes, de voir comment les choses ont changé au fil du temps.
Revivez les 80 ans d'histoire de Paysans de la Loire en cliquant ici.
Marius ne travaille plus en tant qu’agriculteur, mais son lien avec la terre reste intact. Dans les pages de l’hebdomadaire, il prend plaisir à lire les sujets sur l’écologie et la technologie. Il aime suivre les innovations qui transforment le monde agricole, comme ces nouvelles méthodes pour semer dans les prairies. Chaque découverte le fascine, car elle raconte une histoire de progrès et de respect de la nature. Pour lui, rester informé, c’est continuer à faire vivre sa passion, à nourrir cette curiosité qui le rattache à ses racines, même loin des champs où il a tant donné.
Depuis 1946, Marius a vu défiler les époques et les maquettes du journal : d’abord une simple feuille recto-verso, puis la couleur du logo en 1948, les premières pages colorées en 1985, et enfin la généralisation de la couleur en 2013. Des décennies de lecture, d’histoires et de souvenirs.
Certains articles l’ont plus marqué que d’autres. Il évoque par exemple la période du Covid, en 2020 : « C’était une époque angoissante. En lisant le journal, je me demandais comment un virus pouvait bien toucher la planète entière », confie-t-il, encore étonné par l’ampleur des événements.
Une histoire qui continue
Chez les Dumoulin, Paysans de la Loire n’est pas qu’un journal, c’est une mémoire vivante de leur métier et de leur territoire. Marius, Louis : deux époques, deux façons de s’informer, mais une même fierté d’appartenir à ce monde paysan. Autour de la table, entre les journaux de 1946 et de 2025, un lien se tisse encore. Celui d’une terre, d’un métier, et d’une famille.