OFB, loups, sangliers : la colère des Jeunes agriculteurs Loire se traduit par des actions coup de poing
Des agriculteurs des réseaux FDSEA et Jeunes agriculteurs de la Loire étaient mobilisés mercredi 18 mars en soirée pour, une nouvelle fois, pointer du doigt les dossiers départementaux en souffrance.
Face à une accumulation de dossiers locaux qui peinent à avancer – superposition des zonages, contrôles réalisés par l’OFB (Office national de la biodiversité), interdiction de brûlage des déchets verts, dégâts de sangliers, présence du loup -, les membres du bureau de Jeunes agriculteurs Loire, réunis lundi 16 mars, ont décidé de conduire des actions coup de poing mercredi 18 mars dans la soirée. Comme d’habitude, la FDSEA s’est positionnée en soutien du syndicalisme jeune.
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Des déchets issus des fermes ont été déversés devant leurs cibles, à savoir la préfecture, les sous-préfectures, la Fédération départementale des chasseurs et celle de la pêche, ainsi que l’OFB. Des banderoles ont aussi été déployées : “Stop aux promesses, oui aux actes et au bon sens paysan“, “Stop aux contrôles“, “Non aux loups“ pouvait-on y lire. « Cette action visait à montrer notre ras le bol aux services de l’Etat et aux organismes concernés. La conduire le soir avait pour but d’éviter de déranger la population », précise Christelle Seyssiecq, secrétaire générale de JA Loire.
Les sujets s’accumulent
Elle aborde tour à tour les raisons de la colère agricole ligérienne. « Les zonages réglementaires se superposent sur certains secteurs, compliquant le travail des agriculteurs. » De plus, « nous avions le sentiment que les relations s’amélioraient avec l’OFB, mais nous avons été alertés sur le fait que les contrôles vont se multiplier en arboriculture, sur des sujets très pointus. »
Parmi les secteurs très impactés par les dégâts de sangliers, celui de Sainte-Foy-Saint-Sulpice semble être le pire. « Les populations sont conséquentes, poursuit la jeune agricultrice. On nous a transmis une vidéo comptabilisant une cinquantaine de sangliers. Les chasseurs se félicitent d’en avoir beaucoup abattu, mais ce n’est pas assez ! Nous approchons de la période des semis de maïs. Comment les agriculteurs vont-ils pouvoir gérer la situation ? » Quant aux loups, « les attaques se multiplient et les moyens de protection ne sont pas forcément adaptés à notre territoire, par exemple avec les patous. Les autorités et la population doivent avoir conscience que les loups se rapprochent de plus en plus des villes. Notre demande est claire : obtenir le droit de tirer ces prédateurs. »
Lire aussi : JA et FDSEA Loire face à la préfète : « Nous voulons des avancées concrètes pour les agriculteurs ligériens »
Autre dossier irritant : l’interdiction de brûlage, sur place, des déchets verts en zone de pente. « Cette opération est autorisée dans le Puy-de-Dôme voisin. Nous n’avons aucune explication sur cette différence de traitement », proteste Christelle Seyssiecq.
Des réponses dans les prochains jours ?
Le message adressé aux services de l’Etat est sans ambiguïté : « Si nous n’avons pas de réponse dans les prochains jours, nous recommencerons nos mobilisations. » Les responsables de JA Loire et de la FDSEA, accompagnés de deux élus de la Chambre d’agriculture, ont pu le faire savoir directement à la préfète, Muriel Nguyen, et aux directeurs départementaux des territoires et de la protection des populations, Sébastien Vienot (DDT) et Pierre Cabridenc (DDPP) lors de leur entrevue vendredi 20 mars. Prévue de longue date dans le cadre du suivi des dossiers agricoles, cette réunion a été l’occasion de débattre des sujets mis sur la table lors des actions “coup de poing“.
« Nous avons rencontré une préfète à l’écoute de nos revendications, relate la secrétaire générale de JA Loire. A notre tour, nous suivrons attentivement son discours lors de l’assemblée générale de la FDSEA (qui se tenait le lendemain de l’interview, mardi 24 mars, ndlr). Nous comptons sur elle pour apporter des réponses. »
Le rendez-vous de vendredi dernier était aussi l’occasion d’aborder des sujets nationaux, comme par exemple la hausse du prix du carburant en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Lucie Grolleau-Frécon