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Pratique

Est-ce le bon moment de passer à la voiture électrique ?

Dans le contexte actuel des prix exorbitants du carburant, de plus en plus de personnes envisagent l’achat d’une voiture électrique. Ces véhicules récents peuvent-ils rivaliser avec les traditionnels sur le marché de l’occasion ? Voici quelques éléments de réponse

Par Augustin Schlupp
Est-ce le bon moment de passer  à la voiture électrique ?
Face à l'explosion des prix du carburant, de plus en plus de Français envisagent l’achat d’une voiture électrique. © Adobe Stock

Face à la flambée des prix des carburants, une question revient : est-il judicieux d’opter pour une motorisation électrique ? De plus en plus de Français prennent cette voie, qui représentait 20 % des voitures neuves achetées en 2025. Ces véhicules, qui n’émettent pas de particules polluantes, contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et réduisent les nuisances sonores, sont agréables à conduire par leurs accélérations plus franches.

La motivation première des usagers demeure toutefois financière : là où le coût du carburant est estimé à environ 14 euros pour 100 km en thermique, il oscillera entre 2 et 7 euros en électrique selon le modèle choisi. Le principal frein est également d’ordre financier : pour un même véhicule, la différence de prix entre ses versions thermique et électrique peut dépasser les 10 000 euros. De quoi faire réfléchir, d’autant qu’on n’a pas encore énormément de recul sur la durabilité de ces nouvelles motorisations.

Des aides nationales

Dans le cadre de la transition énergétique, l’État a instauré des aides financières pour l’achat ou la location d’un véhicule particulier neuf fonctionnant uniquement à l’électricité. La prime "coup de pouce véhicule particuliers électriques", maintenue en 2026 et qui est déduit de la facture d’achat ou versé après coup, a ainsi remplacé le bonus écologique. S’y ajoute un plus pour les véhicules dont la batterie a été fabriquée dans le respect des réglementations européennes. Divers critères s’appliquent : le prix du véhicule ne doit pas excéder 47 000  euros et il doit peser moins de 2,4 t. Le montant de cette mesure varie de 3 500 à 5 700 euros et l’aide complémentaire pour le lieu de production des batteries est compris entre 1 200 et 2  000  euros.

Une autre mesure nationale permet d’accompagner les particuliers à la location d’un véhicule électrique sur une durée de trois ans ou plus avec ou sans option d’achat. Pour bénéficier des 7 000 euros de leasing social, il faut parcourir plus de 15 km par jour entre son lieu de travail et son domicile ou bien faire plus de 8  000  km par an dans le cadre de son activité professionnelle. Les critères concernant les caractéristiques du véhicule sont identiques. Pour faire valoir vos droits à ce soutien soumis à condition de revenus, rendez-vous chez le concessionnaire ou vendeur. Une fois le dossier monté et les démarches réalisées, la somme sera déduite du premier loyer. Avec ce mode de fonctionnement, aucun apport n’est nécessaire et le professionnel se doit de proposer un modèle avec une mensualité de 140  euros ou moins au maximum. De quoi convenir à de nombreux budgets. 

Autonomie et temps de charge

Les voitures électriques ont aussi leur lot d’inconvénients, à commencer par l’autonomie, plus limitée, et le temps de charge, pour l’heure plus long qu’un passage à la pompe. On doit donc surveiller de près son niveau de batterie pour ne pas être pris de court en cas d’imprévu même si la France compte de plus en plus de bornes de recharge (plus de 150 000). Sur les prises domestiques standard, le temps de charge moyen dure huit à dix heures. On peut également installer chez soi des dispositifs permettant de “refaire le plein” plus rapidement. Autre préoccupation : la durée de vie moyenne d’une batterie, dont le remplacement est très onéreux. On estime qu’elles fonctionnent en moyenne une quinzaine d’année sans dégradation trop importante. 

De même, une interrogation éthique se pose vis-à-vis du devenir de ces composants. À l’heure actuelle, l’Union européenne impose un taux de recyclage de 65 % du poids des batteries, mais les matières rares extraites pour leur fabrication seront-elles bien valorisées après utilisation ? Aussi, face aux constructeurs étrangers et notamment chinois, comment savoir si des réglementations sont appliquées pour ces voitures dont les prix défient toute concurrence ? Déterminer si la suppression des émissions de particules polluantes contrebalance les coûts de recherche et de fabrication des batteries demeure la grande inconnue du marché de l’automobile électrique. Il est donc important de se tenir à jour dans les avancées technologiques, économiques et politiques pour déterminer le moment le plus important d’acquérir les véhicules de demain. 

Augustin Schlupp