FDSEA Loire : quel bilan 2025 entre crise sanitaire, DNC et mobilisations agricoles ?
Le bilan de l’année écoulée pour la FDSEA a été dressé sous la forme d’une vidéo, complété par les propos de son secrétaire général, Maxime Brun.
Le rapport d’activité 2025 a été présenté sous la forme d’un film. Il balayait les grands événements de l’année écoulée : campagne de terrain pour l’élection à la Chambre d’agriculture, d’où FDSEA et Jeunes agriculteurs (JA) sont ressortis en tête dans les collèges où ils avaient présenté une liste ; adoption de la loi dite Duplomb pour alléger les contraintes ; manifestations dans le département et à Lyon, mais aussi à Strasbourg et Bruxelles (Mercosur, Pac, zone vulnérable aux nitrates, stockage de l’eau, épandages, aires protégées) ; multiples rencontres avec les représentants de services de l’Etat dans la Loire ; accueille de la ministre de l’Agriculture en mars.
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La DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) aura particulièrement marqué l’année 2025, avec la détection d’un cas dans le Rhône et l’instauration de la zone réglementée sur une grande partie du département de la Loire. « Face à l’angoisse générée par l’arrivée de cette nouvelle maladie, la FDSEA a fait le choix de la responsabilité et de la science, rappelait Maxime Brun, secrétaire général. Le protocole, tel qu’il est établi par l’Etat, a été mis en œuvre rapidement, avec pour unique objectif d’éradiquer cette maladie et de préserver nos troupeaux. Guidés par l’intérêt des éleveurs, nous avons soutenu une stratégie claire : prévenir par la vaccination, maîtriser les mouvements et accompagner les éleveurs. Le réseau FDSEA-JA a été exemplaire, en lien avec les vétérinaires et le GDS (Groupement de défense sanitaire), pour assurer la vaccination dans les plus brefs délais. »
Maxime Brun soulignait aussi le travail réalisé par le syndicalisme majoritaire en parallèle de la gestion de la maladie, à l’échelon départemental et national, pour obtenir des dérogations visant à assouplir les restrictions de mouvements des bovins, le report de la date limite d’épandage en zone vulnérable aux nitrates, des accords bilatéraux afin de permettre l’ouverture de l’export ou encore le doublement de l’enveloppe d’indemnisation des pertes en zone réglementée.
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Sur la même période, le réseau FNSEA s’est mobilisé pour faire barrage à la mise en œuvre de l’accord commercial de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. « Alors que le Parlement européen avait voté la saisine de la cour de justice européenne pour vérifier que ces accords sont conformes aux traités de l’Union européenne, Ursula Von der Layen persistait et signait avec l’application à titre provisoire du Mercosur », s’indignait le responsable syndical.
Acquis syndicaux
Le film sur le rapport d’activité proposait également un tour d’horizon des activités des sections et commissions, mettant par la même occasion en évidence les acquis syndicaux obtenus : fiscalité pour les bovins ; recours sur l’indice assurance récolte, pérennisation du TO-DE (Travailleurs occasionnels et demandeurs d'emploi) pour les saisonniers ; fonds d’urgence grandes cultures ; tir de protection des semis, y compris en battue, contre les sangliers ; report du calendrier d’épandage au 31 décembre 2025 ; assouplissement des plafonds et des procédures pour les ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement) ; calcul des retraites sur les 25 meilleures années ; augmentation de dix points de l’exonération de la TFNB (Taxe sur le foncier non bâti) ; changement du statut du loup…
L’assemblée générale offrait aussi l’opportunité de rappeler les services aux adhérents : commandes groupées de paille et de fioul, newsletter hebdomadaire, centre juridique et fiscal, Agri emploi 42.
« Les sujets à traiter sont nombreux, nous avons besoin du dynamisme et de l’engagement de tous, chacune et chacun à votre niveau, pour porter les revendications de la profession, concluait Maxime Brun. Ne nous laissons pas gagner par la sinistrose. Sachons montrer quotidiennement et localement qu’il y a un intérêt à défendre la profession agricole. » « Le système pyramidal des notre réseau est une force pour porter les dossiers et obtenir des avancées », complétait Jean-Luc Perrin, le président. Rémi Jousserand, président de la Chambre d’agriculture, assurait que « le syndicalisme doit être porté par le collectif. Il est fort si des adhérents s’engagent. S’ils ne s’engagent pas, d’autres prendront du temps pour décider à leur place. »
Yannick Fialip, membre du bureau de la FNSEA, s’adressait aux représentants de l’administration : « Vous avez de la chance d’avoir une FDSEA et une Chambre d’agriculture organisées. Nous l’avons vu avec la DNC. Vous pouvez compter sur ces structures. »
Lucie Grolleau-Frécon
« Faites confiance au bon sens paysan ! »
En parallèle du rapport d’activité de l’année 2025, plusieurs revendications portées par la FDSEA étaient évoquées. Pour le président, Jean-Luc Perrin, l’avenir de l’agriculture et le renouvellement des générations passera par un revenu satisfaisant, composé de prix rémunérateurs et de charges limitées ou à répercuter sur l’aval des filières. La Pac a aussi un rôle non négligeable dans l’équilibre économique des exploitations agricoles. « Mais pour vivre de notre métier, nous devons avoir des moyens de production » : foncier, eau, protection des cultures et des animaux...
« Il est grand temps de faciliter la création d’outils de stockage de l’eau en levant les freins réglementaires et en apportant un soutien financier aux projets », répétait Maxime Brun, secrétaire général. La FDSEA demande aussi une adaptation du calendrier d’épandage en zone vulnérable aux nitrates dans un contexte de changement climatique et dit « non » à l’extension de cette zone dans la Loire. « Nous attendons de pied ferme la prise en compte de notre position par les Dreal des bassins Loire-Bretagne et Rhône-Méditerranée », indiquait Maxime Brun.
La faune sauvage a bien évidemment été abordée : alors que les loups gagnent du terrain dans la Loire, « nous demandons la possibilité de les tuer » ; et le sanglier occasionne toujours plus de dégâts. En raison de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), des agriculteurs ont dû garder sur leur ferme des animaux plus longtemps que prévu, engendrant une augmentation du chargement et pouvant potentiellement avoir des conséquences sur l’attribution de l’ICHN (Indemnité compensatoire de handicap). C’est pour cela que la FDSEA demande que la Loire soit reconnue en situation d’aléa sanitaire.
Maxime Brun avait prévu s’adresser aux parlementaires, mais aucun n’était présent dans la salle. Il évoquait la non publication de décrets de lois relatives à l’agriculture et faisait référence au principe de non-régression en matière de protection de l’environnement, institué par la loi en 2016 : « Il est temps d’appliquer un principe de non régression de l’agriculture en France ! ». Jean-Luc Perrin complétait, en se tournant également vers les représentants de l’administration : « Laissez-nous produire ! Faites confiance au bon sens paysan. »
LGF