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Mobilisation

« Jouez la solidarité nationale, mangez français ! »

Le réseau FDSEA-JA, et plus particulièrement les éleveurs allaitants, était mobilisé mardi matin à Neulise pour montrer du doigt une entreprise qui travaille de la viande de bœuf d'importation. Cette journée s'inscrit dans une série d'actions pour inciter les entreprises et les pouvoirs publics au « manger français ».
« Jouez la solidarité nationale, mangez français ! »

Le secteur de la viande bovine connaît des moments plutôt difficiles, après une période plus faste. La crise qui est en train de s'installer, avec une baisse des prix très forte, en viande bovine, mais aussi pour toutes les productions, trouve son origine dans la politique extérieure, comme par exemple l'embargo Russe ou les problèmes sanitaires (fièvre aphteuse) en Afrique du nord. Le marché intérieur français est saturé. « La remontée des cours de la viande bovine passera par le marché interne, avec une demande plus importante », estime François Garrivier, président de la section bovine de la FDSEA de la Loire et administrateur FNB (Fédération nationale bovine).

Selon ce responsable professionnel, il existe plusieurs secteurs d'activités qui peuvent représenter une marge de manœuvre : la restauration hors foyer, la grande distribution, et les entreprises de transformation. François Garrivier précise ce dernier point : « Il existe sur le territoire des entreprises de transformation du secteur de la viande dont la seule logique est de produire à moindre coût. Pour y parvenir, elles s'approvisionnent avec de la viande d'importation. »
C'est cette situation que la section bovine de la FDSEA et le groupe viande de JA Loire voulaient dénoncer en envoyant une délégation devant l'entreprise Crystal de Neulise. Cette entreprise agro-alimentaire est spécialisée dans la préparation industrielle de produits à base de viande (bœuf et volaille) à destination de la distribution Halal. « Nous savions que 100% de la viande de bœuf est importée ; c'est pour cela que nous y sommes allés. Nous avons pu rencontrer le directeur du site. La discussion a été vive et frustrante. Cette entreprise est dans une logique d'approvisionnement d'un marché où les consommateurs recherchent avant tout le prix le plus bas, peu importe l'origine géographique de la viande. »
Une fois les quatre représentants de la FDSEA et des JA ressortis de l'entrevue avec le responsable de l'entreprise, ils ont pu relater la teneur de la discussion. « Pour moi, ce genre d'entreprise a un comportement de fossoyeur de l'élevage ligérien et français », a pu lancer François Garrivier.

Le rôle des pouvoirs publics

Le syndicalisme majoritaire ne compte pas s'arrêter là pour défendre l'approvisionnement local, et plus largement français. « Nous allons mener des actions, à l'échelle départementale et régionale, auprès des décideurs de la restauration collective, qu'ils soient élus ou gestionnaires. Nous voulons les inciter à augmenter la part de produits nationaux dans les menus. Il semblerait qu'il existe une réelle volonté de la part des pouvoirs publics pour aller dans ce sens. Nous espérons maintenant des actes concrets. » FDSEA et JA en appellent donc à la responsabilité des pouvoirs publics, en particulier des élus locaux, qui « doivent mettre en cohérence leurs actes avec leurs discours. Aujourd'hui, les contraintes sociales et environnementales pénalisent nos coûts de production et se traduisent par des distorsions de concurrence, qui conduisent trop souvent à la disparition des produits français dans nos cantines. Nous demandons un engagement de chacun dans le "manger français" ».
FDSEA et JA demandent ainsi aux entreprises qui transforment les viandes et approvisionnent la distribution, et à la restauration hors foyer, de jouer le jeu de la solidarité nationale, car « sans production française, sans emplois directs en France, c'est l'ensemble de la filière et de notre tissu économique qui s'effondre petit à petit ».
Le réseau syndical sera une nouvelle fois mobilisé le 5 novembre dans toute la France, pour des manifestations dans plusieurs villes de l'hexagone, pour dénoncer la baisse du prix des produits agricoles et l'empilement des contraintes.

Lucie Grolleau Frécon