Face à l'urgence dans les fermes, les agriculteurs attendent du concret
Les annonces de la ministre de l’Agriculture répondent à plusieurs demandes syndicales. Mais face à l’urgence dans les exploitations, les organisations attendent désormais une mise en œuvre rapide des mesures annoncées.
Dans un communiqué commun du 8 octobre, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA « saluent les mesures annoncées par la ministre de l’Agriculture, qui répondent à plusieurs demandes portées par nos réseaux ». « Le Gouvernement semble aujourd’hui avoir pris la mesure de l’urgence de la situation », se félicitent les deux organisations, qui actent notamment le déclenchement des prêts à taux zéro et les dispositifs de report d’annuités spécifiquement destinés aux jeunes agriculteurs.
« Ces avancées sont le fruit de la mobilisation syndicale engagée depuis plusieurs mois pour faire entendre l’urgence vécue dans les exploitations et obtenir des réponses à la hauteur de la situation ». « Maintenant que les engagements ont été pris, nous attendons que les actes soient à la hauteur des paroles », insistent les deux organisations, qui ajoutent : « La concrétisation des mesures que nous réclamons depuis plusieurs mois sera au cœur de notre prochain rendez-vous avec le Premier ministre, à la mi-octobre ».
Réactions régionales
Dans les rangs de la profession agricole régionale, les annonces de la ministre de l’Agriculture semblent avoir calmé les ardeurs, mais pas l’impatience générée par l’urgence de la situation. « L'expertise terrain que nous avions demandée va bien être prise en considération, mais il faut qu’elle soit faite le plus rapidement possible pour que les agriculteurs puissent toucher les indemnités attendues », a réagi Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA 63.
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« Le prêt à taux zéro va permettre d’acheter des fourrages et des semences pour repartir l’année prochaine », a commenté David Chauve, président de la FRSEA Aura, qui se dit partiellement satisfait.
Patrick Bénézit, président de la FNB, reconnaît également une avancée de la part de la ministre sur le sujet de la sécheresse, mais dénonce une absence d’annonce concernant les prix : « C’est problématique car nous sommes sous pression sur plusieurs catégories de bétail. Si les prix ne sont pas revalorisés, nous risquons une forte décapitalisation cet hiver ».
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Côté FNO (Fédération nationale ovine), le président nouvellement élu, Patrick Soury, craint que les annonces sur la hausse des prélèvements de loups ne cachent « une territorialisation des actions, en faveur des territoires où le prédateur est en expansion et au détriment de ceux historiquement prédatés ».
Si ces annonces envoient un signal favorable aux agriculteurs, la prudence plus que l’enthousiasme domine. Tous ont témoigné attendre de voir ces nouvelles mesures prendre forme et vie avant de s’en réjouir.