Françoise Dumas : le collectif, un véritable moteur
Entre passion, engagement et combat pour la place des femmes en agriculture, Françoise Dumas, éleveuse de vaches allaitantes à Saint-Symphorien-de-Lay, s’affirme comme l’un des visages forts de la Fête du lait 2025.

Françoise Dumas est fille, femme et sœur d’agriculteur. « Je suis tombée dans l’agriculture quand j’étais petite : mes parents avaient une ferme laitière dans le Rhône. J’ai participé à mon premier concours quand j’avais 8 ans. L’ambiance de ces événements ne m’est pas inconnue et je l’apprécie. » C’est au cours de ses études au lycée de Ressins qu’elle a rencontré son mari, Philippe. Elle a trouvé sa place sur l’exploitation de celui-ci, alors en Gaec avec son frère, en prenant en charge l’atelier de transformation et de vente directe de fromages en 1992. En 2002, la structure a été scindée en deux au moment où son conjoint a pris plus de responsabilités au sein du groupe coopératif Sicarev. Un Gaec a ensuite été constitué entre mari et femme lorsque la législation l’a permis.
La ferme, situe à Saint-Symphorien-de-Lay, compte actuellement 60 vaches allaitantes et 90 ha. Les vêlages se déroulent de septembre à novembre. Les mâles sont vendus comme broutards et les vaches de réforme sont engraissées. Toutes les productions végétales sont dédiées à l’alimentation du troupeau : 5 à 7 ha de maïs, 15 à 20 ha d’ensilage d’herbe, prairies permanentes. « Nous sommes en fin de carrière et mon mari est régulièrement absent, nous avons donc beaucoup simplifié le système et nos pratiques. »
Françoise Dumas a toujours souhaité être agricultrice. Cependant, s’il avait fallu en choisir un autre, elle aurait exercé dans le domaine du social ou du commerce. « J’aime le contact, aller vers les gens. » Un de ses doux rêves serait d’avoir une activité d’accueil à la ferme, par exemple un gîte ou des chambres d’hôtes. « Je pourrai expliquer mon métier aux hôtes. » Son engagement dans l’organisation de la Fête du lait n’est pas un hasard… (lire ici)
La place de la femme en agriculture
A la question : « Quel a été le plus grand défi dans votre métier ? », l’éleveuse répond sans hésiter : « La place des femmes en agriculture ! ». Elle raconte : « En 1990, j’avais 24 ans. Quand un représentant arrivait à la ferme, il cherchait mon mari pour parler au “patron”. Avec le temps, je pense que je suis devenue légitime comme cheffe d’entreprise. Je ne regrette pas du tout de faire ce métier, seule la place de la femme m’interpelle. La Fête du lait est une bonne occasion de sensibiliser à ce sujet. »
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Françoise Dumas est trésorière de la Cuma locale. « Je me suis engagée dans cette responsabilité pour montrer que les femmes ont leur place au sein d’organismes liés au machinisme. » Une chose est sûre, Françoise s’est sentie tout à fait à la sienne comme responsable de la commission communication-animation de la Fête du lait 2025 à Fourneaux. « Je n’imaginais pas l’ampleur du travail. C’est prenant et fatiguant, mais valorisant et je m’éclate. Voir un tel engouement pour cet événement est plaisant. » A l’approche du jour J, elle se sent « stressée » et « enjouée ». Outre la contribution à un projet collectif, l’agricultrice avoue terminer cette aventure en se connaissant mieux personnellement. « Je sais là où je veux aller et ce que je ne veux pas, je connais mes valeurs. Je savais que je pouvais apporter au collectif, mais finalement c’est le collectif qui m’a beaucoup apporté. »