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Événement

Le comice de Feurs, un rendez-vous honoré

Malgré un nombre d’animaux en baisse, le comice 2026 a tenu ses promesses. Eleveurs, acheteurs et visiteurs ont répondu présent et animé les écuries foréziennes pendant trois jours. De son côté, la foire-exposition, proposant toujours plus d’animations, enregistre un beau niveau de fréquentation, en dépit du vent et du froid.

Par Lucie Grolleau-Frécon
Le comice de Feurs, un rendez-vous honoré
10 000 visiteurs ont franchi les portes des écuries le week-end dernier à Feurs. ©PdlL

Les bonnets et les écharpes étaient de rigueur au comice de Feurs le week-end dernier. Néanmoins, même s’il n’était pas agréable pour les exposants, toujours plus nombreux, le vent glacial n’a pas dissuadé les visiteurs de sortir. Selon le commissaire général de la foire-exposition, ils ont été 60 000 à déambuler dans les rues du vendredi 13 au lundi 16 mars. De nombreuses animations les attendaient, du Pôle des saveurs à l’avenue des machinistes, en passant par le parc du Rozier avec son pôle lait, son exposition avicole et ses attractions touristiques. Sans oublier les concours d’animaux dans les écuries, situés au cœur de la manifestation et organisés par l’Association du comice agricole de Feurs. Ses responsables estiment à 10 000 le nombre de personnes ayant franchi leurs portes (billets vendus en amont aux entreprises, ceux achetés aux guichets, invitations envoyées, et les enfants qui ne payent pas).

Même si le froid a bien évidemment marqué les esprits de celles et ceux qui ont fréquenté les écuries, c’est surtout le contexte sanitaire que l’histoire retiendra de l’édition 2026 du comice. La réglementation relative à la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) a imposé que seuls les bovins de la zone vaccinale puissent prendre part à la manifestation, ce qui a engendré une baisse des effectifs, tant du côté des catégories charolais et croisés que des limousins. A l’inverse, le concours d’agneaux de boucherie a comptabilisé plus de participants.

Des ventes lentes

Les jugements se sont tous déroulés le samedi matin à huis clos. Une fois terminés, vers 10 heures, visiteurs et acheteurs ont pu entrer dans les écuries et le chapiteau. Globalement, les ventes des animaux ont été plus lentes que d’habitude. Néanmoins, tous les bovins avaient trouvé acquéreur en fin de journée samedi. Leur rareté n’a pas fait flamber les prix. L’écart entre ceux du comice et les cours pratiqués en ferme, au plus haut depuis plusieurs mois, a été réduit par rapport à d’habitude. Les éleveurs s’en sont satisfaits.

« Chaque année, ils préparent des animaux et reviennent au comice. Des nouveaux exposants les rejoignent, commente Frédéric Duchêne, co-président de l’association. C’est bien qu’ils s’y retrouvent et qu’ils gardent leur motivation. Les acheteurs continuent aussi à jouer le jeu. Alors que certains ont été absents cette année, d’autres se sont manifestés. A nous les organisateurs de bien préparer les concours pour apporter satisfaction à tous les maillons de la filière. Comme toujours, un gros travail a été fourni depuis l’hiver. » Dimanche matin, dans son discours, Chantal Brosse, vice-présidente du Département en charge de l’agriculture, soulignait elle aussi l’engagement des bénévoles de l’association.

Promotion de la filière viande

Au-delà de l’organisation des concours, ce collectif se fixe pour mission de « mettre en valeur la viande, et les hommes et les femmes qui la produisent », assure Frédéric Duchêne. D’où la sollicitation de Jeunes agriculteurs Loire pour planifier plusieurs dégustations de viande dans le week-end et l’interprofession bovine régionale pour une animation auprès des enfants des classes foréziennes visitant les écuries le vendredi après-midi.

La ferme aux enfants constitue également un bon moyen de communiquer largement sur l’agriculture. « L’espace a été réagencé cette année, permettant d’améliorer la fluidité de circulation, et nous gagnons en professionnalisme grâce aux animatrices du réseau Bienvenue à la ferme. C’est impressionnant de voir le nombre de familles qui passent à la mini-ferme, lance Frédéric Duchêne. Le renouvellement des générations en agriculture constitue un grand défi pour la profession, il faut donc commencer à communiquer dès le plus jeune âge. C’est pour cela que nous mettons le paquet sur La ferme aux enfants. »


Retrouvez le palmarès du comice ici 


« Nous devons maintenir ce type de manifestations d’élevage pour délivrer des messages en faveur de l’agriculture, qui est source de dynamisme des territoires, mais aussi pour susciter des vocations », insistait le président de la Chambre d’agriculture de la Loire, Rémi Jousserand, lors de la remise des prix dimanche matin. Il relevait aussi la présence de nombreux jeunes autour des bovins et des ovins dans les écuries pour aider les éleveurs. Un signe encourageant pour l’avenir de l’élevage dans le département.

Il mentionnait aussi que le rôle de la chambre consulaire est d’accompagner les agriculteurs. « Il y a quelques semaines, les responsables du comice n’étaient pas rassurés » quant à la tenue des concours en raison de la DNC. « Pour les élus de la Chambre d’agriculture de la Loire, il n’y avait pas de doute, nous devions être là pour eux et avec eux. Alors que l’épisode de cette maladie a été éprouvant pour les éleveurs, les organisations agricoles et les vétérinaires, il nous rappelle que le sanitaire est un pilier majeur de notre élevage. »

Des partenariats majeurs

Lors de la remise des prix, Frédéric Duchêne remerciait la ville de Feurs pour la bonne entente avec l’association du comice. En excusant la maire, Marianne Darfeuille, absente en raison des élections municipales, et le conseiller régional Jean-Pierre Taite, pour les mêmes raisons, il expliquait que l’association avait bénéficié d’une aide financière de la Région pour l’investissement dans les barres au garrot, installées l’hiver dernier dans les écuries. Jean-François Cottin, co-président, en profitait aussi pour remercier les élèves du lycée de Ressins et Sébastien Chevron, qui les encadre depuis plusieurs années. « Ils nous ont aidés à les monter et nous sont d’une grande aide avant, pendant et après le comice. »

Les partenaires ont eux aussi été largement remerciés pour leur contribution financière ou matérielle, mais aussi pour les lots dotant la remise des prix. « Nous voulons vraiment construire un partenariat gagnant-gagnant, assurait Frédéric Duchêne. Les concours peuvent exister grâce à eux. C’est pour cela que nous affichons leurs logos sur les trois écrans présents dans les écuries et aux deux bars. »

La remise des prix du dimanche matin a été l’occasion de remettre les diplômes de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), qui viennent récompenser les bouchers ayant acheté les animaux les plus primés lors des concours. La boucherie Putanier a été récompensée pour l’acquisition du grand prix d’honneur des génisses charolaises et la boucherie Ayet (Savoie) pour celle du grand prix d’honneur des génisses limousines de 30 mois.

Frédéric Duchêne et Jean-François Cottin se projettent déjà sur 2027 : « Nous devons sans cesse nous adapter au contexte. Nous tirerons les conclusions de cette édition pour préparer celle de l’année prochaine. Bien évidemment, nous espérons tous que les écuries et le chapiteau seront pleins. »

Lucie Grolleau-Frécon