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Sécheresse

Le Département annonce une aide de 1 million d'euros

1 million d'euros, tel est le montant de l'aide dédiée aux agriculteurs ligériens que le président du Conseil départemental, Bernard Bonne, et la vice-présidente en charge de l'Agriculture, Chantal Brosse, vont soumettre prochainement au vote des élus du Conseil départemental.
Le Département annonce une aide de 1 million d'euros

La profession agricole avait sollicité le Conseil départemental pour une aide aux agriculteurs qui doivent cette année faire face à une sécheresse sévère. Le président et la vice-présidente en charge de l'agriculture ont répondu favorablement à cette demande en proposant une aide de 1 million d'euros, redue publique lors d'une conférence de presse le 11 septembre. « Les problèmes rencontrés par les agriculteurs sont plus importants qu'en 2011 », année de forte sécheresse également. « C'est pour cela que l'aide du Conseil départemental est supérieure en 2015, a précisé Bernard Bonne. Nous devions absolument montrer que le Département est très soucieux du maintien et du développement de l'agriculture sur le territoire. »
Chantal Brosse a rappelé qu'effectivement les cultures et les prairies ont souffert des précipitations, mais surtout de la chaleur : « Les agriculteurs subissent des pertes en fourrages importantes, 50 % en herbe et en maïs. C'est pour cela que les agriculteurs attendent un coup de pouce, d'autant plus que la situation économique est compliquée en ce moment pour les agriculteurs. »
L'aide du Conseil départemental devrait être adossée au régime des calamités. Le montant pour chaque agriculteur pouvant en bénéficier sera proportionnel aux pertes, comme l'aide venant du fonds des calamités. Ainsi, bien évidemment, il n'est pas question de diviser le montant de l'aide départementale par le nombre d'agriculteurs ligériens. Pour l'instant, aucune décision n'a été prise concernant les critères d'attribution. Cependant, Bernard Bonne assurait que le dispositif départemental sera prêt au moment du versement de l'acompte national pour les calamités, probablement en fin d'année.
« Cette aide conjoncturelle aidera les agriculteurs à passer une mauvaise période, mais nous devons aussi travailler sur des aides structurelles », précisait Chantal Brosse. Le Conseil départemental aide déjà les agriculteurs, par exemple pour le stockage de l'eau, visant l'autonomie alimentaire des exploitations d'élevage, ou pour trouver des moyens de substitution pour l'abreuvement des animaux autre qu'avec l'eau potable. Pour ce deuxième exemple, « 30 exploitations par an peuvent bénéficier de l'aide. 200 l'ont déjà utilisée, ce qui représente l'équivalent de 500 foyers en moins sur le réseau d'eau potable, précise Chantal Brosse. Le coût pour l'abreuvement des animaux est moindre pour les éleveurs et le réseau d'eau potable est soulagé. » Bernard Bonne confirmait que le Conseil départemental travaille pour « empêcher les problèmes dans le but d'éviter d'apporter une aide ponctuelle en cas de difficulté. Nous savons que dans les années à venir, nous aurons affaire à des calamités de plus en plus souvent et de plus en plus fortes. C'est pour cela qu'il faut anticiper les difficultés à venir, en particulier pour l'eau ».

Lucie Grolleau Frécon

Raymond Vial : « Une aide qui a du sens »

Le président de la Chambre d'agriculture de la Loire était présent à la conférence de presse du Conseil départemental le 11 septembre. Il a réagi à l'annonce de l'aide d'un millions d'euros.
Raymond Vial a tout d'abord rappelé que « dès le mois de juin, la Chambre d'agriculture a envoyé un questionnaire aux agriculteurs pour connaître leur situation quant aux fourrages. Nous avons ensuite créé l'association Solidarité sécheresse Loire 2015 pour proposer de l'ensilage de maïs aux agriculteurs. D'autres se sont débrouillés par eux-mêmes pour en acheter. Mais beaucoup d'agriculteurs ont dit qu'ils ne pourraient pas acheter de fourrages, faute d'argent, et qu'ils préféraient vendre des animaux et ne garder que ceux qu'ils pourront nourrir. C'est pour cela que nous avons sollicité les collectivités, Conseil régional et Conseil départemental, pour une aide. C'est le cumul de toutes ces aides qui permettra aux agriculteurs de passer le cap ». Il faut savoir que le Conseil régional a déjà annoncé une aide.
Pour le président de la Chambre d'agriculture, « le fait d'adosser l'aide du Conseil départemental au régime des calamités est une bonne chose. Les règles sont nationales ; elles ne pourront pas être remises en cause. C'est également un moyen pour que cette aide n'entre pas dans le cadre des minimis ». Raymond Vial poursuivait : « Dans le courant de l'été, un numéro vert a été mis en place. Beaucoup d'agriculteurs ont téléphoné pour savoir de quelles aides ils pourront bénéficier. Certains ont fait des achats de fourrages, d'autres vont le faire, sachant qu'ils pourraient toucher une aide. C'est aussi plus facile pour les agriculteurs pour négocier avec les banques. L'annonce du million d'euros du Conseil départemental a donc du sens. Les agriculteurs peuvent être rassurés et effectuer leurs achats de fourrages. » La situation de sécheresse se poursuivant cette fin d'été, les stocks de fourrages diminuent et les achats seront plus que nécessaire. « La sécheresse de 2015 est plus forte qu'en 2011 et 2003. Il faut remonter à 1976 pour constater le même manque d'eau dans les sols. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas eu assez de pluie pour assurer la repousse de l'herbe. » De compléter : « Le stockage de l'eau est essentiel pour l'élevage du département. La création de retenues collinaires aide aussi à maintenir l'économie locale. C'est plus logique de mettre de l'argent pour l'investissement que pour des situations de crise. C'est pour cela que j'ai demandé au préfet de mettre en place un groupe de travail sur le stockage de l'eau. »