Accès au contenu
Salon de l'agriculture

Le SIA, vitrine d'une agriculture vivante et innovante

Le Salon international de l'agriculture (SIA) se tiendra du 21 février au 1er mars et pour la première fois depuis soixante ans aucun bovin ne sera présent. La raison évoquée : la prudence face à la crise sanitaire de dermatose nodulaire contagieuse. Pour autant, les organisateurs et l'ensemble du monde agricole ont tout mis en oeuvre pour offrir une belle vitrine de l'agricutlure aux visiteurs.  

Par Propos recueillis par Charlotte Bayon
Le SIA, vitrine d'une agriculture vivante et innovante
PdlL
Le Salon international de l'agriculture (SIA) se tiendra du 21 février au 1er mars et pour la première fois depuis soixante ans aucun bovin ne sera présent.

Quel regard portez-vous sur cette édition 2026 ?

Jérôme Despey : « L’édition 2026 du Salon international de l’agriculture (SIA) s’inscrit dans un contexte particulier, exigeant, mais révélateur du rôle essentiel du salon. Plus que jamais, le SIA assume sa vocation : être un lieu de rencontre et de dialogue entre le monde agricole et les Français. Nos concitoyens sont si attachés au SIA qu’ils en revendiquent un petit morceau, ce qui donne beaucoup d’attentes chez eux et beaucoup de responsabilité chez nous ! Le salon est une famille. Il permet aux agricultrices et aux agriculteurs de faire connaître leur travail, leurs savoir-faire et leurs réalités, et au grand public de mieux comprendre ce qui se cache derrière son alimentation. Cette proximité constitue l’ADN de la manifestation. Véritable vitrine de toutes les agricultures françaises, elle valorise la diversité des filières et des territoires, tout en jouant un rôle fondamental de pédagogie et de transmission. En 2026, avec le thème Générations Solutions, le salon reste fidèle à cette mission, tout en mettant en lumière une agriculture réelle, parfois en difficulté, mais aussi engagée, innovante et tournée vers l’avenir. »

Jérôme Despey, président du Salon international de l'agriculture.. Crédit : FNSEA

Quels messages le SIA 2026 porte-t-il ?
J.D : « Le premier message est simple : venir, c’est soutenir. Soutenir celles et ceux qui nous nourrissent, soutenir un monde agricole qui doute et qui espère en même temps mais qui continue d’avancer et de chercher des solutions. Le second message est celui de l’espoir et de l’action. Avec le thème Générations Solutions, le SIA met en lumière des réponses concrètes déjà à l’œuvre sur les territoires, portées par les agriculteurs, les filières, la recherche et l’innovation. Enfin, le salon rappelle son rôle essentiel de pédagogie et de transmission, en reconnectant les citoyens aux réalités agricoles et alimentaires. Il affirme ainsi sa vocation : créer du lien et favoriser la compréhension d’une agriculture française réelle et engagée. Nous devons expliquer et expliquer encore le rôle essentiel de notre agriculture. »


Abonnez vous à Paysans de la Loire. Ou offrez un abonnement à un proche. C'est par ici !



Toutes les filières seront-elles présentes ?
J.D : « Toutes les agricultures sont présentes au SIA et c’est ce qui en fait la richesse. L'édition 2026 donne à voir l’ensemble des filières agricoles et alimentaires françaises, animales, végétales, terrestres et maritimes, sans hiérarchie. L’élevage reste central, même sans bovins, avec les filières ovine, caprine, porcine, équine et asine. Les filières végétales – grandes cultures, maraîchage, arboriculture, viticulture – sont également fortement représentées. Le Salon met aussi en lumière la filière pêche, les produits de la mer et de l’eau douce, les Régions de France et les outre-mer, ainsi que les filières engagées dans les transitions agroécologiques, climatiques et énergétiques. Le message est clair : le Salon se découvre dans sa globalité, comme le reflet fidèle de toutes les filières françaises. Nous sommes un salon complet. »


Quels seront les temps forts ?
J.D : « Le Concours général agricole (CGA) demeure un pilier du salon, avec toutes ses épreuves maintenues à l’exception des bovins. Les concours ovins et porcins, les présentations de races et les démonstrations de savoir-faire rythment notamment le Pavillon 1. Dans le contexte inédit de l’absence de bovins, le SIA a fait le choix symbolique de mettre à l’honneur l’ensemble des races bovines françaises, à travers une affiche collective et la présence des organismes de sélection. Le Grand ring devient un espace de spectacles et de démonstrations consacré aux chevaux et aux ânes, mais aussi globalement pour toutes les espèces présentes ou non. Parmi les autres temps forts : Agri'Tech, vitrine de l’innovation agricole, Agri’Culture, qui crée des ponts entre agriculture et culture, la mise à l’honneur de la Côte d’Ivoire et une programmation dédiée à la filière pêche autour des enjeux de souveraineté alimentaire. »


Selon vous, le Salon reste-t-il une vitrine de l’innovation et de la modernité de l’agriculture française ?
J.D : « Oui, plus que jamais. Le salon est un créateur de lien et un espace unique de visibilité, de reconnaissance et d’échanges entre agriculteurs, citoyens, filières et décideurs. L’innovation agricole s’y exprime de manière concrète : technologies, pratiques en évolution, solutions pragmatiques face aux enjeux climatiques et économiques. Je comprends la colère de certains agriculteurs - je suis moi-même viticulteur –, mais renoncer au Salon, ce serait renoncer à un lieu où l’on peut être vu, entendu et respecté. Le salon ne résout pas tout, mais il permet de faire entendre la réalité du terrain. Il y aura d’ailleurs un hackathon de haut niveau afin d’être toujours dans un espace de progrès pour l’ensemble des publics. »


Quelle est la dimension territoriale du SIA ?
J.D : « Les Régions de France, métropolitaines et ultramarines, continuent de voir le Salon comme une vitrine essentielle de leurs produits et de leurs savoir-faire. La dimension internationale se renforce également, avec de nombreux pays représentés et la mise à l’honneur de la Côte d’Ivoire. »