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Bulletin prairies

Les clés pour un déprimage réussi

La Chambre d’agriculture de la Loire et Loire conseil élevage proposent un suivi hebdomadaire de la croissance de l’herbe pour aider les éleveurs ligériens à bien maîtriser le pâturage et la récolte de l’herbe. Voici le bulletin du 24 février.

Par Stéphane Laurent, Loire conseil élevage Augustin Gravier, Chambre d'agriculture de la Loire
Les clés pour un déprimage réussi
Crédit : AG
Une prairie apte au déprimage. Un déprimage précoce stimule le tallage des graminées et la densification de la prairie.

Suite à des cumuls de pluies localement très importants (monts du Pilat et du Forez), la portance des prairies s’est fortement dégradée, ce qui a freiné les fertilisations initiales sur prairies (organiques comme minérales). Les conditions ensoleillées et douces, combinées à une hausse de l’ETP, (évapotranspiration) devraient assurer un ressuyage rapide, dans un contexte attendu de pleine croissance de l’herbe. Les croissances actuelles décollent vigoureusement depuis deux semaines surtout :

- si les fertilisations organiques (et minérales) ont été assurées en fin d’automne 2025 ou très tôt en février ;

- sur les prairies temporaires avec une proportion de ray-grass ou dactyle ;

- sur les prairies qui ont été bien préparées à l’hiver, sans surpâturage de fin d’automne/début d’hiver (facteur de retardement du démarrage en végétation) ;

- sur les prairies déjà déprimées fin janvier/début février très rapidement, ou même broyées finement cet hiver (en cas de surplus de biomasse en fin d’automne).

Le créneau est idéal pour démarrer ou intensifier le déprimage, en plaines et piémonts, comme dans certaines zones de montagnes, tout en finalisant la fertilisation (selon portance).

Voici les repères des sommes de températures à avoir en tête :

- lisier : apport trois semaines minimum avant exploitation, plus de cinq semaines si les conditions météo sont séchantes ;

- fumier : il est trop tard pour faire un apport de fumier, même composté ou en zones de montagne ;

- apport minéral : à 200 °C (voire avant) à partir du 1er janvier (à nuancer en zone directive nitrates) ;

- mise à l’herbe (déprimage) : entre 250°C et 300°C à partir du 1er février (à nuancer selon la météo annoncée et l’offre en herbe).

Les sommes de températures depuis le 1er février et le cumul pluviométrique sur le mois de février dans le département sont les suivantes (source Infoclimat / Météo France au 22/02/2025) :

- Chalmazel, 89°C, 231 mm ;

- Noirétable, 120°C, 200,9 mm ;

- Saint-Sauveur-en-Rue, 110°C, 124,8 mm ;

- Violay, 117°C, 97,8 mm ;

- Chazelles-sur-Lyon, 143°C, 52,4 mm ;

- Fourneaux, 157°C, 66,1 mm ;

- La Valla-en-Gier, 147°C, 68,8 mm ;

- Panissières, 141°C, 73,2 mm ;

- Saint-Georges-en-Couzan, 135°C, 101,8 mm ;

- Arthun, 158°C, 46,2 mm ;

- Balbigny, 174°C, 49 mm ;

- Nandax, 167°C, 86,8 mm ;

- Pélussin, 166°C, 79,1 mm ;

- Savigneux, 168°C, 41,6 mm ;

- Veauchette, 166°C, 38,2 mm ;

- Roanne, 170°C, 56,6 mm.

Focus sur le suivi de la croissance de l’herbe dans plusieurs exploitations du département (hauteur en cm et croissance en kg de matière sèche/ha/jour) :

- Saint-Héand (575 m) : 6,0 cm ; 19,8 kg ;

- Cottance (580 m) : 5,9 cm ; 23,2 kg ;

- Soleymieux (630 m) : 5,9 cm ; 3,7 kg ;

- Périgneux (680 m) : 5,7 cm ; 14 kg ;

- Essertines-en-Chatelneuf (800 m) : 5,2 cm ; 12 kg ;

- Lérigneux (850 m) : 5,3 cm ;

- Saint-Bonnet-le-Courreau (1 070 m) : 5,2 cm ; 6,1 kg ;

- Champoly (660 m) : 4,7 cm ; 3,5 kg ;

- Magneux-Haute-Rive (375 m) : 5,8 cm ; 17,8 kg ;

- Vivans (320 m) : 7,9 cm ; 22 kg ;

Pour un bon déprimage

Le déprimage n’est qu’un étêtage, une bouchée grapillée par les animaux sur leur chemin. Une prairie apte au déprimage doit remplir ces conditions :

- être dépendante de ce déprimage pour gagner en potentiel alimentaire comme en gain de rendement (prairies permanentes surtout, voire certaines temporaires) ;

- hauteur d’entrée de 7 cm maximum, pour une sortie autour de 4-4,5 cm ;

- une portance suffisante ou même qui peut être limitante. Il faut éviter les jeunes prairies. Il est préférable de marquer légèrement le sol plutôt que de trop attendre avant de procéder au déprimage.

- une surface adaptée aux nombres et catégories d’animaux dédiés à ce déprimage ;

- avoir un aménagement des parcelles, avec des connexions sécurisées entre elles, des points d’affouragement/minéralisation et d’abreuvement bien répartis dans des endroits sains/portants.

Les objectifs du déprimage sont multiples : préparer ses animaux à une transition au pâturage (animaux en production) ; améliorer le potentiel de pousse et de valeurs alimentaire des prairies de pâturage de printemps (lumière aux légumineuses, tallage graminées stimulé, …) ; échelonner les pics de croissance d’herbe au pâturage, voire même les lisser ; éliminer des biomasses endommagées des prairies de fauche et pérenniser les légumineuses sans attendre la première coupe ; améliorer la qualité alimentaire de certaines coupes semi-précoces, voire tardives.

Le déprimage n’a pas pour objectif de nourrir les animaux, encore moins des gros ruminants. Les 3 à 5 kg MS ingérés réellement doivent être complétés par des fourrages complémentaires (rentrée chaque jour ou plateforme bien délimitée d’affouragement sur prairies).

Croissance de l’herbe / La Chambre d’agriculture de la Loire et Loire conseil élevage proposent un suivi hebdomadaire de la croissance de l’herbe pour aider les éleveurs ligériens à bien maîtriser le pâturage et la récolte de l’herbe. Voici le bulletin du 24 février.