Maladies animales : quels risques pour les élevages et comment s’en protéger ?
DNC, grippe aviaire, clavelée, peste porcine africaine…, autant de maladies présentes en France ou à sa porte. Le GDS (Groupement de défense sanitaire) de la Loire appelle les éleveurs à la vigilance sans pour autant vouloir engendrer l’angoisse.
Connaître les risques liés aux maladies pour mieux protéger son troupeau sans vouloir créer un climat anxiogène est l’objectif visé par le Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Loire, qui communique sur l’actualité sanitaire en Europe, particulièrement dense ces derniers mois. « Dans ce contexte, la vigilance de chacun doit rester importante, en respectant au mieux les règles de biosécurité quelle que soit l'espèce animale détenue. Tout symptôme anormal sur les animaux doit conduire l’éleveur à contacter son vétérinaire sanitaire rapidement afin de pouvoir être le plus réactif possible. »
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La clavelée est un virus proche de celui de la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) qui affecte uniquement les ovins et caprins. Cette maladie se transmet par contact direct ou par des insectes vecteurs. Les symptômes sont de la fièvre, des nodules, un abattement généralisé avec jusqu'à 80 % de mortalités sur les agneaux.
Près de 1 800 foyers ont été détectés dans l'est de l'Europe depuis le début de l'année (Grèce, Roumanie, Serbie, Macédoine du Nord, Bulgarie), ce qui pousse à rester extrêmement vigilants quant aux mouvements d'animaux. Pour rappel, 23 foyers ovins et/ou caprins avaient été identifiés en Espagne en 2022, qui avait assaini son territoire et récupéré son statut indemne en 2023.
La PPA aux portes de la France
La Peste porcine africaine reste (PPA) est une maladie virale hautement contagieuse des porcs et des sangliers contre laquelle il n’existe pas de vaccin. Elle ne représente pas de danger pour la santé humaine, mais elle peut occasionner de sévères pertes économiques dans les élevages. « La PPA est présente dans plusieurs pays limitrophes de la France : Allemagne, Italie et Espagne notamment, avec des cas dans la faune sauvage et/ou des foyers en élevage qui se situent à moins d'une centaine de kilomètres des frontières françaises, indique le GDS. Le risque d'introduction de la maladie reste donc bien présent et menace la filière porcine. »
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Les mesures de biosécurité doivent être strictement observées par les éleveurs afin de protéger leurs animaux : éviter tout contact direct ou indirect avec les sangliers sauvages ; mettre les nouveaux porcs de l’élevage en quarantaine ; empêcher les visiteurs d’être en contact direct ou indirect avec les porcs ; nettoyer et désinfecter tout matériel partagé avec d’autres fermes et des chasseurs de sangliers ; ne pas nourrir les porcs avec des résidus non traités ou des déchets de cuisine. Il convient également de déclarer immédiatement tout cas suspect (vivant ou mort) à son vétérinaire sanitaire.
L’IAHP : les volailles et les vaches laitières
L’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) est toujours présente dans la faune sauvage et reste fréquente dans les élevages de volailles : près de 150 foyers de volailles et oiseaux captifs et plus de 300 cas sauvages ont été recensés en France depuis l'été 2025. « Les mesures de biosécurité restent primordiales et sont d'autant plus justifiées par la circulation de l’IAHP dans la faune sauvage », insiste le GDS, qui assure que la situation est inquiétante car « ce virus a la capacité à infecter ponctuellement les mammifères, dont l'Homme notamment ». Les Etats-Unis ont détecté plus de 1 000 foyers sur des bovins laitiers ces derniers mois et un premier foyer a été identifié sur des vaches laitières aux Pays-Bas. « Il semble que la transmission du virus soit en lien avec la contamination de chats qui auraient consommé des oiseaux positifs à l'IAHP », explique le GDS.
Les symptômes associés à cette maladie sont une baisse brutale de la production laitière, des mammites et parfois des symptômes respiratoires et de diarrhées sur les veaux. Le pic clinique est atteint quatre à six jours après infection et les symptômes décroissent ensuite sous dix à quatorze jours. La mortalité est faible, mais la productivité du troupeau est significativement diminuée, avec des baisses de production laitière relevées jusqu’à 77 jours post-infection. L’excrétion du virus commence plusieurs jours avant les premiers signes cliniques. Il peut être détecté dans le lait de tank par PCR, qui se négative après 45 à 60 jours.
Plusieurs mesures permettent de limiter le risque d’introduction le virus H5N1 dans un élevage bovin indemne. Il convient d’éviter tout contact direct ou indirect entre les bovins de l’exploitation et les oiseaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages en limitant au maximum l’accès des oiseaux aux zones de stockage "ouvertes" des aliments et à l’intérieur des bâtiments, en mettant en place un système d’effarouchement ; en évitant, autant que possible, l’abreuvement des bovins à des points d’eaux accessibles aux oiseaux. En cas de présence d’oiseaux morts dans les points d’abreuvement, les vider, les laver et les désinfecter.
En cas de mortalité anormale d’oiseaux, alerter la mairie, le vétérinaire sanitaire ou la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) ; retirer les cadavres d’oiseaux situés à proximité des bovins, en utilisant les EPI (Équipements de protection individuelle) adaptés ; renforcer la surveillance clinique des bovins et appeler le vétérinaire en cas de doute.
Dans les élevages mixtes (ateliers bovins et volailles), respecter scrupuleusement les mesures générales de biosécurité en élevage. Ce même principe est applicable dans les élevages où se trouve un enclos de volailles domestiques. Il faut également empêcher la divagation de celles-ci.