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Action syndicale

FDSEA et JA ciblent la DDT de la Loire

JA Loire et la FDSEA ont de nouveau manifesté à Saint-Étienne, dénonçant l’absence de réponses à leurs revendications sur plusieurs dossiers sensibles propres au département.

Par Lucie Grolleau Frécon
FDSEA et JA ciblent la DDT de la Loire
Après les sous-préfectures et préfecture il y a deux semaines, c’est la DDT (Direction départementale des territoires), qui était visée mercredi soir par le réseau FDSEA-JA. crédit : JA42

En ce mercredi 1er avril, en soirée, les tracteurs des agriculteurs de Jeunes agriculteurs (JA) Loire et de la FDSEA étaient une nouvelle fois de sortie dans les rues stéphanoises. Cette fois-ci, c’est la DDT (Direction départementale des territoires) qui était visée par les manifestants avec leurs bennes remplies de déchets agricoles et leurs banderoles. « Nous ne voulions pas faire de jaloux ! lance ironiquement Christelle Seyssiecq, secrétaire générale de JA Loire. Plus sérieusement, nous estimons que certaines de nos revendications la concernent et qu’elle doit agir. »

Deux semaines auparavant, mercredi 25 mars, les deux syndicats avaient déjà mobilisé leurs réseaux pour des actions “coups de poing“ devant la préfecture, les sous-préfectures et l’OFB (Office français de la biodiversité). Vendredi 27 mars, lors d’une entrevue, les responsables avaient prévenu la préfète, Muriel Nguyen, que si des réponses aux sujets mis sur la table n’étaient pas apportées rapidement, d’autres opérations de ce type seraient reconduites. Ils attendaient beaucoup de son intervention lors de l’assemblée générale de la FDSEA le 24 mars à Feurs. C’est finalement le secrétaire général de la préfecture et le directeur de cabinet qui s’étaient présentés à eux, la préfète ayant été retenue pour une réunion régionale. Les jours passant sans apporter d’avancée, un nouvel appel à manifester a été lancé. « Nous estimons que nous n’avons pas été entendus, justifie la jeune agricultrice. Nous avions mis un ultimatum, il est arrivé à son terme. »

Incohérences

Elle revient alors sur les revendications. Concernant la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse), « l’Etat a voulu faire vite pour attribuer les aides, tellement vite que nous n’avons pas pu échanger sur leurs modalités d’attribution. Les agriculteurs se sont dépêchés de faire leur déclaration. Finalement, l’administration veut revoir les critères, ce qui retarde la mise en paiement. La démarche manque de cohérence ! »

La soirée en images

Incohérence également au sujet de l’autorisation de brûlage des déchets verts : « C’est possible dans le Puy-de-Dôme, pas dans les monts du Forez côté Loire ! », s’indigne Christelle Seyssiecq. De plus, un délai supplémentaire pour l’entretien des haies avait été obtenu dans la Loire, mais « il n’est pas le même dans tous les départements de la région ! »

Les dégâts de sangliers sont en hausse en raison de l’augmentation des populations, en particulier dans les zones sensibles. « Des prairies ont été retournées par ces animaux, mais les agriculteurs ne peuvent rien faire en raison de la réglementation. Nous attendons que les services de l’Etat apportent des solutions pour leur remise en état. » De plus, la période des semis de maïs approche. Selon la responsable, « les clôtures ne suffiront pas à arrêter les sangliers, ils sont tellement nombreux… » Autre animal indésirable : le loup. « Il est installé dans le Pilat, à proximité des zones urbaines. Est-ce que l’administration attend qu’un enfant ou un jogger se fasse attaquer pour agir ? Nous ne voulons pas de ce prédateur dans notre département, d’autant plus que les moyens de protection des animaux d’élevage sont difficiles à mettre en œuvre sur ce secteur, que ce soit les chiens patous ou les clôtures. »

Les zonages préoccupent aussi les agriculteurs ligériens et leurs représentants. « Nous ne voulons pas que des terrains agricoles soient dans les zones de protection forte, les enjeux sont trop importants », martèle la secrétaire générale de JA Loire. Elle assistait récemment à une réunion du bassin Loire Bretagne sur la révision des zones vulnérables aux nitrates. « On nous a expliqué que lorsque l’origine de la pollution n’était pas identifiée, elle était considérée comme agricole. Ces propos ne sont pas entendables quand on sait que des stations d’épuration ne sont pas aux normes. »

Le contexte géopolitique, avec ses conséquences sur les prix des engrais et du gasoil, et économique, avec une baisse du prix du lait, amplifient l’agacement des agriculteurs.