« Le premier moyen de soutenir les agriculteurs, c’est de consommer français »
Mardi 13 janvier, les chambres d’agriculture, de commerce et d’industrie et celle des métiers et de l’artisanat de la Loire ont présenté leurs vœux pour 2026, appelant à la confiance et la stabilité.
Ils étaient près de 300 entrepreneurs, artisans, agriculteurs, partenaires économiques, ce mardi 13 janvier, réunis dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Étienne. Les vœux communs des chambres consulaires de la Loire ont une nouvelle fois donné à voir un territoire rassemblé autour de son économie réelle. Un moment institutionnel fort, placé sous le signe de la coopération, du temps long et de la confiance.
« Si nous sommes réunis ce soir, c’est parce que nous partageons une responsabilité commune : faire vivre, faire grandir et faire évoluer nos entreprises et nos territoires », a d’emblée posé Irène Breuil, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne.
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Au fil des prises de parole, un mot est revenu avec insistance : la confiance. Pour la CCI, elle constitue aujourd’hui le principal levier de l’action économique. « Sur le terrain, les chefs d’entreprise ne demandent pas une accélération permanente. Ils attendent surtout de la lisibilité, de la stabilité, des partenaires fiables », a insisté Irène Breuil. Avant de rappeler que « la confiance n’est ni un slogan ni un discours. C’est une décision. On investit, on recrute, on innove, on transmet quand on a confiance. Sans confiance, l’économie se fige. Avec, elle respire et elle ose ».
Agriculture : une année lourde, mais une ambition intacte
Le discours de Rémi Jousserand, président de la Chambre d’agriculture de la Loire, a donné une tonalité plus grave à la soirée. « L’année 2025 a été lourde et exigeante, a-t-il reconnu. Crise sanitaire, conjoncture économique, changement climatique… Les agriculteurs ont traversé de nombreuses épreuves. Et pourtant, ils continuent d’innover, de se battre. »
L’année à venir ne s’annonce pas plus simple. « Les débats sur le revenu, la simplification, la transmission, le changement climatique ou encore la place de l’agriculture dans la société seront au cœur des discussions », a prévenu Rémi Jousserand. Dans un contexte marqué par les accords internationaux, le président n’a pas éludé les inquiétudes. « Nous continuerons à défendre l’agriculture contre les traités qui bradent nos produits. Le monde agricole vit un épisode éprouvant. »
Pour autant, le message se veut apaisant. « Plus que jamais, nous avons besoin de sérénité dans le débat public, a-t-il insisté. L’opinion publique nous soutient sur les réseaux sociaux. Mais qu’en est-il dans les rayons ? Le premier moyen de soutenir les agriculteurs, c’est de consommer français. »
Face à ces enjeux, la Chambre d’agriculture entend jouer pleinement son rôle. « Nous serons présents aux côtés de la Fourme de Montbrison au Salon international de l’agriculture », a rappelé Rémi Jousserand. Mais l’ambition va plus loin. « Dans un climat plus serein, nous devons reconstruire la confiance et avancer collectivement. »
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Le président a annoncé une orientation forte pour les années à venir. « Le bureau a décidé d’aller dans les fermes au cours des cinq prochaines années. Être aux côtés des agriculteurs, comprendre avant d’exiger. » Un positionnement clair. « La Chambre n’est pas un juge, c’est un partenaire. Elle doit rester un lieu de dialogue et de conviction. Accessible, lisible, humain. »
Un message également adressé à l’État et aux collectivités locales. « Nous avons besoin de travailler ensemble sur les dossiers locaux pour défendre la souveraineté alimentaire. Les agriculteurs veulent de la clarté, de la cohérence, et ne pas être seuls. »
Même tonalité du côté de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA). Pour son président, Pascal Calamand, l’artisanat incarne plus que jamais la proximité et la vitalité locale. « Derrière chaque artisan, il y a une histoire, un savoir-faire, une passion, a-t-il rappelé. L’artisanat, ce sont des emplois non délocalisables et des communes vivantes ; le cœur battant du territoire. »
La CMA revendique un rôle clair : être « l’acteur incontournable quand il s’agit d’artisanat ». L’année à venir s’annonce dense : 2026 sera riche en événements, avec une priorité clairement affichée : « Travailler davantage pour l’entreprise artisanale industrielle, qui représente près de 75 % des entreprises immatriculées. »
Au-delà des spécificités de chaque secteur, la soirée a mis en lumière un fil conducteur commun : la transversalité. « La richesse de la Loire, c’est le dialogue, a résumé Rémi Jousserand. Industrie et agriculture sont les deux jambes sur lesquelles s’est construit le département. »
Une conviction partagée par les trois chambres. « Le territoire n’est pas une addition d’institutions. C’est un écosystème vivant », a rappelé Irène Breuil, rejointe par son homologue de la Chambre d’agriculture : « Restons dans un esprit visionnaire et constructif, où chacun trouve sa place », a conclu Rémi Jousserand. « L’intelligence collective peut être durable pour le territoire. L’année sera exigeante. Mais elle peut être utile. Et nous pourrons en être fiers, ensemble. »