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Syndicalisme

Après la nomination d'Anne Le Strat à la tête de l'OFB, le gouvernement ouvre une enquête administrative

Le gouvernement a ouvert une enquête administrative sur la nomination d'Anne Le Strat en tant que directrice déléguée à l’Office français de la biodiversité (OFB), après les émois dans le milieu agricole.

Par Agra Presse et Actuagri
Après la nomination d'Anne Le Strat à la tête de l'OFB, le gouvernement ouvre une enquête administrative
La nomination d'Anne Le Strat a l'OFB inquiète dans les rangs du monde agricole. ©AdobeStock

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé le 27 janvier que le gouvernement avait ouvert une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat en tant que directrice déléguée « mobilisation de la société » à l’Office français de la biodiversité (OFB).

« Comme toutes les autres nominations, elle a relevé d’une procédure administrative. Compte tenu de l’émotion suscitée par cette décision, je tiens à ce que nous soyons attentifs à ce que ce processus se déroule dans la plus grande neutralité», a déclaré la ministre en séance de questions au gouvernement à l’Assemblée.


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« C’est pourquoi le Premier ministre a, dès hier soir [lundi 26 janvier], saisi l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (l’IGEDD), pour enquêter sur les modalités de son recrutement », a-t-elle ajouté, en réponse à la députée Christelle Minard (LR, Eure-et-Loir), qui critiquait le choix d’un profil « clivant ».

Aboutir à une décision claire

Dans un communiqué du 27 janvier, la FNSEA a salué le lancement de l’enquête administrative, « tant cette nomination a suscité une incompréhension massive et une colère légitime au sein de son réseau ». Soulignant le parcours et les engagements passés d’Anne Le Strat qui « sont publiquement associés à des mouvements écologistes radicaux et ouvertement hostiles à l’agriculture », la FNSEA estime qu’avec cette nomination « l’OFB peine à se départir d’une culture idéologique, au détriment de sa crédibilité, de sa neutralité et de la confiance indispensable à l’exercice de ses missions ».

« Comment prétendre rétablir la confiance tout en confiant une mission aussi stratégique à une personnalité aussi idéologiquement marquée ? Comment croire à un dialogue apaisé lorsque la fonction même consiste à porter un discours auprès de la société ? » s’interroge la FNSEA, qui demande au gouvernement « d’aller vite » et que cette enquête soit « conduite avec la plus grande rigueur pour aboutir à une décision claire, sans ambiguïté et sans faux-semblants ». 

Un parcours vert

Ancienne élue des Verts, Anne Le Strat a pris ses fonctions en début de mois, selon une décision de l’OFB du 1er janvier, entrée en vigueur depuis. Dans son parcours politique, elle a été secrétaire générale adjointe des Verts de 1999 à 2001 et adjointe au maire de Paris en matière de gestion de l’eau, assainissement et canaux (2008-2014), selon sa page LinkedIn.

D'après le quotidien Le Monde, Anne Le Strat a également été membre de la direction exécutive des Écologistes en 2024-2025. Elle a par ailleurs développé une expertise sur l’eau, ayant été présidente de Sagep/Eau de Paris (2001-2014), présidente d’Aqua Publica Europea (réseau européen des services publics d’eau, 2008-2014) et plus récemment consultante pour l’ONU à travers l’Alliance mondiale des partenariats entre opérateurs d’eau et d’assainissement (GWOPA).


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Dans un post Facebook, le 26 janvier, le sénateur Laurent Duplomb, l'un des architectes de la loi Entraves, dénonçait lui-même cette nomination. « À travers ce choix militant, l’OFB ne fragilise pas seulement nos campagnes, il met en péril l’avenir même de l’agriculture française ! »

Parmi les missions de l'OFB figure la « mobilisation de la société ». L'objectif est de sensibiliser et de convaincre, d'agir sur les questions de biodiversité les citoyens et l'ensemble des acteurs des territoires, qu'ils soient privés ou publics (professionnels de la biodiversité, acteurs économiques et entreprises, collectivités, associations et syndicats).