Pâques : des traditions qui perdurent encore aujourd'hui
Pâques sera célébré ce dimanche 5 avril. Une chasse aux œufs sera probablement au programme de cette journée. Mais où cette coutume trouve-t-elle son origine ? Et quelles sont les autres traditions qui marquent cette fête à la base religieuse ?
Pâques est sans conteste l'une des plus anciennes fêtes à être célébrée dans le christianisme. Elle vient commémorer la résurrection de Jésus, le surlendemain de la Passion. Cette année, elle a lieu le 5 avril. A cette occasion, les enfants seront nombreux à déguster de délicieuses friandises en chocolat, mais aussi à se prêter à de joyeuses chasses aux œufs dans le jardin ou la maison. Les familles ont coutume de se réunir autour d'un bon repas à base d'agneau et de légumes de printemps. En effet, Pâques est aussi associée à l'arrivée du printemps. Elle reste symbole de vie, de renouveau et de renaissance. C'est la victoire de la lumière et le retour du soleil.
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Autour de cette journée chrétienne, les symboles sont donc nombreux, mais aussi les traditions. La chasse aux œufs reste incontournable. En réalité, celle-ci est très ancienne. Elle remonte même jusqu'aux civilisations antiques. En Egypte ou dans le golfe persique, les populations avaient l'habitude déjà de colorer des œufs et de les offrir en hommage au retour du soleil et de la vie. En attestent les découvertes d'œufs symboliques datant de la préhistoire et mis au jour lors de fouilles archéologiques.
L’œuf, symbole de la vie
A l'époque, l'œuf symbolisait déjà la vie et le renouveau. Depuis longtemps, il fait l'objet de chasses aux œufs géantes auxquelles s'adonnent les enfants dans de nombreux pays. Plusieurs explications pouvaient leur être données, la plus ancienne étant celle du lièvre ou du lapin. Même s'il ne pond pas, cet animal est associé à la fertilité et l'abondance. Une croyance associée à la déesse germanique Ostara, symbole du printemps, toujours accompagnée d'un lapin.
Au XVIIe siècle, on racontait aux enfants que c'étaient les cloches qui, de retour de Rome, étaient remplies de friandises après avoir été bénies par le pape. Encore aujourd'hui, il est de coutume de décorer les œufs de plusieurs manières, en les peignant notamment ou alors en utilisant d'autres techniques comme le grattage ou la teinture. Cette tradition proviendrait des pays de l'Est.
Quant aux friandises en chocolat représentant des animaux comme les lapins, les poissons et les poules, elles font leur apparition plus tard, vers le XIXe siècle. Elles sont alors introduites par les boulangers et chocolatiers.
Si la tradition des chasses aux œufs a perduré jusqu'à aujourd'hui, d'autres, en revanche, ont disparu. C'est le cas des vitrines. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les boucheries exposaient leurs plus belles viandes pour célébrer la fin du carême. On voyait alors des devantures décorées de feuillages, de guirlandes de papier colorées et de rosaces. Une tradition dont les journaux témoignaient alors dans leurs pages. Les promeneurs venaient ainsi admirer les « vitrines » et leurs ornements, mais aussi visiter les « paradis » des églises : des reposoirs fleuris où l'on pouvait trouver les Saintes Espèces (le pain et le vin changés en corps et en sang du Christ durant la messe).
Une autre coutume existe encore : celle de l'agneau de Pâques. Son origine provient d'un épisode biblique, lors duquel des agneaux sont sacrifiés par les Juifs afin que soient épargnés leurs enfants, peu avant l'exode des Hébreux vers la Palestine. L'agneau pascal est donc resté le symbole, lui aussi, du renouveau de la vie et figure souvent au menu des festivités de Pâques.
Et ailleurs dans le monde ?
Enfin, les traditions varient selon les différents pays du monde. En Espagne, la ferveur est intacte : les confréries religieuses ont coutume d'organiser des processions, durant lesquelles les fidèles parcourent les rues et défilent avec des pasos, des supports sur lesquels figurent des images religieuses. Les processions sont particulièrement spectaculaires à Séville ou encore à Malaga. La ville de Jérusalem accueille elle aussi une procession impressionnante sur le mont des Oliviers.
En Ecosse, les enfants se prêtent à une course d'œufs durs qu'ils jettent du haut d'une colline, avec pour objectif que ceux-ci atteignent la ligne d'arrivée intacts. Aux Bermudes, la coutume veut que la population fabrique des cerfs-volants colorés pour ensuite les faire voler dans le ciel.
En Suède ou en Finlande, les enfants fabriquent des bouquets colorés qu'ils échangent contre des desserts typiques.
Enfin, dans la commune de Haux, en France, les habitants participent à la confection d'une omelette géante ! Préparée et cuite sur la place du village, celle-ci est élaborée à partir de quelque 4 500 œufs !
Les Français et le chocolat
Le chocolat s’invite inévitablement le jour de Pâques. Derrière cette tradition se cache une économie et une histoire. Originaire d'Amérique du Sud, le cacaoyer est cultivé dès le VIe siècle par les Mayas. Ce peuple d'Amérique du Sud baptise « cacau » le fruit de l'arbre à cabosse. Christophe Colomb revient de son voyage aux « Indes » avec un sac de fèves de cacao mais il faut attendre 1519 et la venue du conquistador Hernan Cortès pour que ce produit rencontre un franc succès auprès de l’aristocratie européenne.
Ce n'est qu'en 1615 que le chocolat arrive dans l'Hexagone à l'occasion du mariage d'Anne d'Autriche (fille du roi d'Espagne Philippe III) avec Louis XIII. Cependant, le cacao est resté un produit de luxe pendant des décennies. Ce n'est que vers 1820 qu'il se démocratise avec l'émergence d'industriels comme Antoine-Brutus Menier et Rodolphe Lindt.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est le principal pays producteur de fèves de cacao à l’échelle mondiale, avec 38 % du volume (campagne 2024-2025, source Syndicat du chocolat). Elle est suivie par le Ghana (12 %), l’Equateur (10 %), le Nigéria et le Cameroun (7 % chacun), puis l’Indonésie et le Brésil (4 % chacun).
En France, en 2024, près de 70 % du chocolat a été vendu en grandes surfaces, représentant 343 099 tonnes. Il se répartit ainsi : 34,3 % en tablettes, 29,3 % en pâtes à tartiner, 14,9 % en barres, 12,6 % en confiserie et 9 % en petit déjeuner chocolaté. Les 30 % du chocolat restant sont commercialisés dans d’autres circuits : détaillants, stations-services, kiosques, boulangerie, etc.
La profession de la chocolaterie représente 115 entreprises et emploie plus de 30 000 salariés au total (dont 15 850 en production industrielle). Elle participe donc à l’activité économique de toutes les régions françaises. Elle comprend des groupes de taille internationale qui ont des sites de production en France, une cinquantaine de PME, des fabricants avec des magasins de proximité et de nombreux artisans. Le département de la Loire recense d’ailleurs plusieurs grands noms et marques de ce secteur.
La consommation moyenne de chocolat en France s’élève à 12,3 kg par an par foyer (poudre, tablette, boisson). Les Français sont les plus grands amateurs européens de chocolat noir (30 % de la consommation totale de l'Hexagone, contre 5 % en moyenne en Europe).
Des prix au plus haut
Le cours du cacao est inférieur de 60 % par rapport à l’an passé. Cependant, les prix pratiqués au moment de Pâques restent au plus haut. Le Syndicat du chocolat explique ce phénomène par le fait que les fèves de cacao utilisées pour confectionner les œufs et autres produits de Pâques ont été achetées il y a plusieurs mois (entre six et 18 mois), au prix fort. La forte hausse des prix du cacao ces dernières années s’explique par la spéculation sur de mauvaises récoltes en raison du manque de pluie en Côte-d’Ivoire et au Ghana.
LGF