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Traditions et origines de la fête des rois

Fêtée le 6 janvier, l’Épiphanie célèbre la visite des rois mages à Jésus et s’accompagne du traditionnel partage de la galette des rois. De la galette frangipane aux brioches régionales, en passant par les coutumes européennes variées, cette fête allie histoire, gourmandise et convivialité, réunissant familles et amis autour de valeurs de partage et de transmission.

Par Augustin Schlupp
Traditions et origines de la fête des rois
©Adobe Stock
L’épiphanie permet de se retrouver autour d’une galette bien souvent préparée par un artisan local.

Au cœur de l’hiver, l’Épiphanie — du grec ancien signifiant « apparition » ou « manifestation » — invite au partage de la traditionnelle galette des rois, en famille ou entre amis. Fêtée le 6 janvier, l’Épiphanie offre l’occasion de revenir sur l’origine de cette tradition et sur son sens premier. À l’origine, dans la culture catholique, l’Épiphanie symbolise la visite des trois rois mages à Jésus Christ à Bethléem après sa naissance. L’histoire raconte que les trois voyageurs auraient été guidés par l’étoile du Berger dans leur voyage pour apporter des cadeaux au nouveau-né. Le 6 janvier est donc célébré le partage des cadeaux, symbolisé par la galette et le « tirage des rois » en référence aux rois mages.

Plus tard, à l’époque de l’Empire romain, la tradition prend des origines païennes en se mêlant à la coutume des « Saturnales » : des fêtes célébrant le Dieu romain du Soleil se déroulant au début de l’hiver et au cours desquelles étaient partagés des gâteaux ronds et dorés agrémentés de fèves. Lors de la distribution des parts, la personne obtenant la fève avait le droit de faire ce qu’il voulait durant la journée. Ce privilège, réservé aux plus chanceux, pouvait même s’appliquer aux esclaves.

En France, au XIIIe et au XIVe siècles, la coutume évolue et s’intitule le « Roi boit » : le principe est que la personne ayant la fève paie une boisson à toutes les autres. Pour éviter toute triche, la fève, alors comestible, fut remplacée par une pièce de porcelaine.

L’Épiphanie, symbole gourmand

Du gâteau rond et doré des « Saturnales » à notre galette locale se cache une riche histoire et de grandes diversités. Alors que la majorité de notre pays est converti à la galette traditionnelle composée de pâte feuilletée et de crème d’amande, le sud du pays, lui, prépare des « couronnes des rois », des brioches rondes aux fruits confits et parfumées à la fleur d’oranger.

Selon les départements, l’appellation change, du « royaume » à la « couronne bordelaise » en passant par la « coque des rois », chacun sa variété. Il existe de nombreuses variantes à travers le territoire. Dans le Nord, une brioche fourrée par une crème au beurre fait légion. La Franche-Comté se démarque quant à elle avec sa galette comtoise composée de pâte à choux aromatisée à la fleur d’oranger. Les Normands, eux, célèbrent la fête des rois autour de ce qu’ils appellent des « nourolles de l’Épiphanie », douze petites brioches au beurre à séparer, dont l’une contient la fève pour le roi ou la reine de la journée.

L’Épiphanie au-delà des frontières 

La tradition de l’Épiphanie est une des plus anciennes célébrations catholiques et continue d’être fêtée en Europe. De manières différentes selon les pays avec même des diversités au sein des pays où cette coutume se manifeste de différentes manières.

En Espagne par exemple, les cadeaux apportés par les rois mages sont échangés le 6 janvier après que les enfants aient laissé leur liste au pied du sapin la veille. Les festivités se poursuivent ensuite autour d’un traditionnel pain à l’orange et aux fruits confits.

Nos voisins italiens reçoivent également leurs cadeaux le jour de l’Épiphanie, qui est férié. Une sorcière se charge de distribuer les présents uniquement aux enfants qui se sont bien comportés tout au long de l’année.


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En Allemagne, le 6 janvier est un jour férié uniquement dans certaines régions comme la Bavière. Les enfants se déguisent en rois et parcourent les villages en chantant. Les familles se réunissent ensuite pour partager un gâteau à l’orange et aux épices ne contenant, lui, aucune fève.

Dans la culture anglo-saxonne, l’Épiphanie a la même résonnance qu’en Espagne : il s’agit de la « 12e nuit de Noël ». Un gâteau typique est alors réalisé, un « Twelth cake », une riche préparation aux fruits à laquelle est ajoutée une fève. Le chanceux devient alors le roi de la journée.

D’origine religieuse, cette fête a évolué au fil du temps pour devenir un moment de partage et de convivialité, tout en conservant sa forte portée symbolique. Aujourd’hui encore, l’Épiphanie témoigne de la manière dont les rites anciens continuent de vivre dans notre quotidien, reliant passé et présent autour de valeurs communes telles que le partage, la transmission et l’amitié.