MSA
15 000 délégués cantonaux MSA à élire du 20 au 31 janvier 2020

Comme tous les cinq ans, le monde agricole élira le 31 janvier 2020 ses représentants à la MSA. Près de 2,7 millions d'adhérents, actifs et retraités, répartis sur 3 collèges (exploitants, salariés, employeurs) voteront pour élire 15 000 délégués cantonaux. Interview de Robert Verger, membre du bureau de la FNSEA, président de la commission sociale.
15 000 délégués cantonaux MSA à élire du 20 au 31 janvier 2020

La MSA élit ses délégués cantonaux du 20 au 31 janvier prochains. Quel est leur rôle ?

Robert Verger : « En janvier prochain, comme tous les cinq ans, les exploitants, les employeurs et les salariés de l'agriculture, actifs et retraités, procéderont à l'élection de leurs délégués cantonaux auprès de la MSA. Une fois élus, ces délégués qui représentent les assurés sur tout le territoire auront en charge de faire remonter les préoccupations des agriculteurs, sauront orienter les demandes du terrain vers les bons interlocuteurs et participeront au développement des services offerts par la MSA. Grâce à eux, la MSA est connectée avec la réalité de la vie de ses adhérents. »

Dans cette élection, qu'est-ce que les listes FNSEA-JA entendent défendre et promouvoir ?

R.V. : « À l'occasion de ce vote, la FNSEA et JA entendent montrer leur attachement à un régime de proximité, géré par des professionnels élus et adapté aux particularités du monde agricole. Nous tenons par-dessus tout au guichet unique qui rassemble en un seul lieu toutes les branches de la Sécurité sociale : maladie, famille, retraite et accidents du travail. C'est un gage de simplicité mais surtout de réactivité et d'efficacité en cas de crise, d'aléas climatiques et autres situations difficiles oú la MSA peut intervenir rapidement via des reports ou des prises en charge de cotisations sociales. Mais cette défense de notre régime de protection sociale n'est pas un chèque en blanc. La FNSEA et JA veulent aussi être des aiguillons sur la question de la qualité de service aux adhérents qui doit être la même dans toutes les caisses. Certains publics comme les employeurs, confrontés à des obligations sans cesse plus nombreuses, ont besoin de services spécialisés. »

Quel intérêt y a-t-il à conserver une spécificité agricole ?

R.V. : « Une protection sociale spécifiquement agricole est indispensable pour tenir compte des particularités de notre métier. Demandons-nous quelle serait la légitimité des agriculteurs au sein du régime général pour demander des aménagements et des soutiens financiers pour leur secteur... Une chose est certaine : le régime général ne ferait pas aussi bien que la MSA. Ni pour les agriculteurs en difficulté. Ni pour les territoires ruraux. Ni en termes de nombre de guichets ou de taux de cotisations. Les pouvoirs publics n'ont d'ailleurs pas intérêt à la fusion de tous les régimes. Le maintien de plusieurs régimes permet d'avoir des éléments de comparaison en termes de gestion et d'efficacité. »

Après la mise en place de la retraite à 75 % du Smic, la suppression du paiement de la CSG-CRDS pour les femmes bénéficiant d'une allocation de remplacement ou la revalorisation au 1er janvier 2020 des pensions d'invalidité, le combat pour la parité des droits avec les autres catégories professionnelles est-il achevé ?

R.V. : « La revalorisation des pensions d'invalidité discutée en ce moment même au Parlement a demandé plusieurs années de discussion. Ce sera un premier pas vers un alignement avec les autres indépendants. Mais le principal combat à venir porte sur l'égalité de traitement au niveau des retraites. La FNSEA et JA demandent que les agriculteurs soient traités comme les autres assurés dans le cadre du futur régime universel par points. Comme les futurs retraités, les retraités actuels doivent bénéficier du fameux minimum de pension à 1 000 euros par mois. »

Quel est l'enjeu de cette élection pour la FNSEA ?

R.V. : « Cette élection est d'abord un test de participation. Un taux de participation important est un signe indispensable de crédibilité à un moment de fort bouleversement du paysage de la protection sociale. Plus la participation sera élevée, plus nous aurons des arguments pour préserver un régime agricole autonome et de proximité. »

Si vous aviez un message à transmettre aux agriculteurs, notamment ceux qui hésitent à voter, quel conseil délivreriez-vous ?

R.V. : « Votez massivement et portez-vous candidats ! La MSA n'est pas seulement une structure qui perçoit des cotisations, mais une organisation qui verse des prestations. Elle accompagne aussi les agriculteurs quand ils sont en difficulté et leur délivre des conseils. »

Propos recueillis par Actuagri

 

Les élections MSA en pratique

Il ne reste plus que quelques jours pour être candidat. Le dépôt des candidatures aux élections MSA sera clos mardi 19 novembre. Les élections des délégués cantonaux de la MSA auront lieu entre le 20 et le 31 janvier 2020. Le vote aura lieu par correspondance mais également via Internet. Le 20 janvier 2020 au plus tard, chaque électeur recevra chez lui, par courrier, son matériel de vote. Il disposera de deux semaines pour voter. Qu'il s'agisse d'un vote par courrier ou d'un clic via Internet, après le 31 janvier 2020, il sera trop tard. Les résultats seront connus le 6 février 2020. Le 6 avril au plus tard, seront élus les conseils d'administration des 35 caisses de MSA. Le processus s'achèvera en juin 2020 avec l'élection des 29 administrateurs et du président de la caisse centrale de la MSA.