La Vie d’après
« C’était bien qu’on nous donne la parole »

A travers son concours La Vie d’après, le Conseil départemental proposait aux jeunes de 10 à 18 ans d’imaginer des solutions pour le monde de demain. Retour sur cette expérience avec trois des lauréats.

« C’était bien qu’on nous donne la parole »
La remise des prix du concours La Vie d'après avait lieu fin novembre.

Au printemps, durant le premier confinement, le Conseil départemental avait lancé plusieurs initiatives. Parmi elles, un appel aux jeunes à imaginer le monde de demain dans le cadre d’un concours intitulé La Vie d’après. 50 Ligérien·e·s de 10 à 18 ans y ont répondu avec des propositions sur les thèmes de l’environnement, des transports, du commerce ou encore de l’enseignement. Celles-ci pouvaient prendre une forme écrite, vidéo, peinte, dessinée ou même sculptée. « La jeune génération s’est avant tout saisie de la plume et de la caméra pour véhiculer ses messages » et presque tous les contributeurs ont « intégré des considérations environnementales et écologiques à leurs solutions pour le monde de demain », applaudit le Département.

Le jury, « sensible à la maîtrise des technologies audiovisuelles par ces jeunes qui, pour beaucoup, ont reproduit les méthodes des youtubeurs, ces vidéastes du web qu’ils plébiscitent », a récompensé dix dossiers fin novembre. Le premier prix est revenu à Gautier Celle, 15 ans, de Saint-Chamond, pour sa vidéo L’Open space des collégiens. « J’avais vu un reportage sur ce qui existait aux États-Unis et je me disais que ce serait bien de l’importer en France, se souvient-il. Cela pourrait permettre de travailler en autonomie lors de certains cours comme les arts plastiques. » Le Couramiaud, désormais lycéen, a présenté sa démarche dans une animation vidéo très réaliste. S’il connaissait déjà un peu la 3D, celui qui était encore collégien à l’époque s’est formé sur le tas avec des tutoriels en ligne. De quoi joindre l’utile à l’agréable puisque les outils informatiques intéressent celui qui aimerait devenir développeur plus tard.

« Au départ, on pensait qu’il n’avait rien gagné car les résultats sont arrivés tard, raconte Xavier, son père. J’étais déçu que son implication ne soit pas reconnue car il a passé une cinquantaine d’heures sur son projet. Finalement, Gautier a reçu un courrier du Département deux jours avant son anniversaire. On pensait que c’était le Pass’Région (une carte qui permet aux jeunes d’Auvergne-Rhône-Alpes de bénéficier d’avantages, NDLR)... Il a découvert le résultat dans la voiture en ouvrant l’enveloppe, il était évidemment très content. »

« Plein de petits problèmes du quotidien qu’on peut résoudre »

Noémie, 17 ans, est une habituée de ce type de concours. « Il y a plein de petits problèmes du quotidien qu’on peut résoudre, ça m’intéresse », explique cette habitante de Lézigneux, qui a reçu le 2e prix. C’est d’un constat personnel qu’est née sa réflexion sur l’installation de « connecteur de sourires », des salles de visioconférence pour briser l'isolement des personnes âgées en maison de retraite.

L’idée s’est effectivement imposée à cette période où la lycéenne ne pouvait pas rendre visite à son arrière-grand-mère : « Les seules images qu’on pouvait avoir d’elle, c’était grâce au téléphone personnel des aides-soignantes de l’Ehpad où elle vit. » Un constat qui vaut pour nombre de résidents de ces établissements, qui ne peuvent voir leur famille en raison de la distance ou par manque de temps. « La présence d’un espace dédié aux échanges en visioconférence pourrait être un critère dans le choix d’un établissement », relève encore Noémie, qui croyait beaucoup en son projet et espère le voir se concrétiser à l’avenir.

Romane, 11 ans, a été récompensé du 3e prix et s’est distinguée en soumettant trois propositions. Là encore, la situation du printemps dernier a guidé ses pas. « On ne pouvait pas trop se déplacer, on n’avait pas toujours à portée de main les ingrédients qu’il fallait… Or certaines plantes que l’on trouve près de chez nous peuvent remplacer des aliments. J’en connaissais déjà quelques-unes, mais j’en ai découvert d’autres avec ma maman à ce moment-là. Je me disais que ça pouvait intéresser d’autres personnes, d’autant que les plantes peuvent aussi soigner. »

Une deuxième édition en 2021

Peut-être le projet d’une future chaîne YouTube pour la collégienne, qui a également réfléchi à un poulailler pour l’aspect autonomie et un vélo du futur permettant de se déplacer tout en étant protégé. « Je suis très fière de Romane, qu’elle ait eu envie de s’investir, il fallait faire preuve de maturité, surtout dans cette période pas évidente à vivre, souligne Catherine, sa mère. C’est bien de laisser les jeunes s’exprimer et d’avoir une vision autre que la nôtre. »

Un constat que partage l’ensemble des lauréats interrogés, ravis de cette « très bonne expérience personnelle » (Noémie). « Au-delà des prix à gagner, la possibilité de m’exprimer m’a plu, relève Romane. Ce sont toujours les adultes qui parlent, c’était bien qu’on nous donne la parole. » « C’est une belle initiative, acquiesce Noémie. Cela montre que le Département a confiance en nous pour avoir de bonnes idées. » Confiance au point d’annoncer déjà la tenue d’une deuxième édition en 2021.

Franck Talluto

Le palmarès complet

1er prix : Gautier Celle, Saint-Chamond

2e prix : Noémie Auvachey, Lézigneux

3e prix ex-aequo : Angélo Aupert, Saint-Etienne, et Romane Gouttefarde, Chalmazel

4e prix : Foucauld Malaval, Saint-Etienne

5e prix : Colin Bronchain-Lavigne, Montbrison

6e prix : Flavien Bost de Cordelle

7e prix - Raphaël Belan, Saint-Genest-Lerpt

8e prix - Mathis Auvachey, Lézigneux

9e prix - Manon Passel, Essertines-en-Chatelneuf