Elections législatives
Quels députés pour porter les dossiers agricoles ?

Dans un scrutin marqué par une très forte abstention au plan national (53,77 %), chaque voix comptait pour les candidats présents au second tour. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les candidats agriculteurs ou proches de l’agriculture ont connu des sorts bien différents. Analyse des résultats.

Quels députés pour porter les dossiers agricoles ?
Jean-Baptiste Moreau, Grégory Besson-Moreau et Jean-Bernard Sempastous, trois députés de la majorité et ayant œuvré pour des lois en lien avec l’agriculture, ne siégeront plus à l’Assemblée nationale.

L’agriculture aura été à l’image de l’ensemble de la dynamique électorale, plutôt défavorable à la majorité, et porteuse pour la Nupes et le Rassemblement national. Quatre figures agricoles de la majorité ont échoué au second tour des législatives, ce 19 juin. Il s’agit de Jean-Baptiste Moreau, Grégory Besson-Moreau, Jean-Bernard Sempastous et Loïc Dombreval. Ils effectuaient tous les quatre leur premier mandat, trois d’entre eux avaient été investis de rôles importants dans l’examen des trois principaux textes « agricoles » de la précédente mandature. Rapporteur de la loi Egalim, Jean-Baptiste Moreau échoue de peu dans la Creuse (48,56 %) face à un candidat Nupes. Tout comme l’auteur de la loi foncière éponyme, Jean-Bernard Sempastous (49,87 %). Dans l’attente de la loi foncière qui pourrait, maintenant, prendre plus de temps à voir le jour compte tenu de la nouvelle configuration politique de l’Assemblée nationale, Jean-Bernard Sempastous avait rédigé une proposition de loi pour assurer la régulation de l'accès au foncier agricole au travers de structures sociétaires. Quant à l’auteur de la proposition de loi Egalim 2, Grégory Besson-Moreau, il est plus sèchement vaincu (46,11 %) dans l’Aube par le Rassemblement national. Même sort pour Loïc Dombreval dans les Alpes-Maritimes (45,34 %), auteur d’une proposition de loi sur le bien-être animal. Deux autres députés moins en vue de la majorité sortent : l’agriculteur retraité Jean-Claude Leclabart dans la Somme et le consultant en vin Michel Delpon en Dordogne.

Quatre autres députés « agricoles » de la majorité ont connu un meilleur sort, reconduits pour un second mandat : l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert (53,13 %, Manche), Sandrine Le Feur (54,4 %, Finistère), Richard Ramos (59,72 %, Loiret) et Frédéric Descrozaille (59,09 %, Val-de-Marne). Chez les LR, le jeune Julien Dive est réélu une seconde fois (58,17 %, Aisne). Loïc Prudhomme rempile également en Gironde pour la Nupes (57,11 %). L’ensemble des députés « agricoles » historiques (par exemple. André Chassaigne, Thierry Benoit, Marc Le Fur, Dominique Potier, Guillaume Garot…) sont réélus. A noter aussi que le rédacteur de la proposition de loi sur la gestion des risques en agriculture (assurance récolte) a été réélu avec 59,09 % des voix face à Thierry Guintrand (LFI/Nupes).

Sans surprise, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau est aussi reconduit (56,47 %) dans le Loir-et-Cher. En revanche, la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin est battue (46,3 %) en Essonne, tout comme l’ancienne secrétaire d’État à la biodiversité Bérengère Abba en Haute-Marne (48,75 %).

De nouvelles têtes

À l’image du reste du scrutin, le second tour des législatives a vu l’élection de trois nouveaux députés issus du monde agricole venus du Rassemblement national et de la Nupes. Il s’agit des viticulteurs Christophe Barthès (53,56 %) et Grégoire de Fournas (56,82 %) respectivement élus dans l’Aude et la Gironde pour le RN, et de l’ouvrière agricole Mathilde Hignet qui l’emporte sur le fil (50,36 %) en Ille-et-Vilaine pour la Nupes.

D’autres figurent émergent moins directement liées à l’agriculture : pour la Nupes, l’économiste d’AgroParisTech Aurélie Trouvé est investie en Seine-Saint-Denis, tout comme le militant animaliste et ancien journaliste Aymeric Caron à Paris. Avec l’étiquette Renaissance, le président du Parc naturel régional du Pilat, Emmanuel Mandon, est élu pour son premier mandat dans la Loire, avec 57,32 % des voix. Toujours dans notre département, le vice-président à l’agriculture du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Pierre Taite, est élu pour Les Républicains (55,74 %).

Parmi les nouveaux profils agricoles à avoir échoué, l’ancien président national des Jeunes agriculteurs, Michel Teyssedou, est sèchement sorti dans le Cantal (30,98 %) pour Renaissance, tout comme l’agriculteur et vice-président du Conseil départemental Philippe Alpy dans le Doubs (27,94 %). De même, la déléguée générale des Eaux minérales naturelles Marie-Ange Badin échoue lourdement dans les Hauts-de Seine (29,83 %) pour Renaissance. Enfin, le maître-nageur en reconversion pour devenir maraîcher, Pierre Smolarz, échoue pour la Nupes dans le Finistère (42,10 %).

 

AgraPresse et Christophe Soulard