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Jeunes agriculteurs Loire

Ajir’action, deux semaines pour préparer l’installation de 13 futurs agriculteurs

Pendant deux semaines, treize futurs agriculteurs ligériens ont pris le temps de sortir de leur quotidien. Avec le stage Ajir’action, piloté par Jeunes agriculteurs, ils ont découvert les structures qui les accompagneront tout au long de leur carrière, rencontré des décideurs et pris du recul pour faire des choix éclairés.

Par Lucie Grolleau-Frécon
Ajir’action, deux semaines pour préparer l’installation de 13 futurs agriculteurs
Les participants au stage Ajir’action ont pu visiter le Sénat en compagnie du sénateur Pierre-Jean Rochette. © JA42

Treize jeunes dont la date d’installation approche à grands pas ont suivi la première session de l’année du stage Ajir’action. L’objectif des deux semaines de formation (du 12  au 16 janvier, puis du 26 au 30 janvier) était de les extraire de leur quotidien pour leur ouvrir les yeux sur d’autres pratiques agricoles, sur les organismes qui vont les accompagner pendant toute leur vie d’agriculteur, sur l’engagement professionnel pour défendre leur métier et les mandats civiques, mais aussi sur l’intérêt de prendre du recul afin de faire les bons choix.


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Au fil des jours, les stagiaires ont rencontré les représentants des OPA (Organisations professionnelles agricoles) ligériennes partenaires de la formation, des responsables nationaux et des élus du territoire. Ils ont eu accès à des lieux qu’ils n’auraient pas pu visiter seuls, comme le Sénat ou le marché de Rungis. Un déplacement de deux jours dans le Cantal leur a permis de découvrir d’autres modes de productions agricoles.

Le dernier jour, vendredi 30 janvier, un temps de restitution et d’échanges avec les partenaires était programmé à Feurs. Les treize participants s’étaient répartis en trois groupes pour étudier des cas-types de projets d’installation et répondre à des problématiques spécifiques en s’appuyant sur les interventions dont ils ont pu bénéficier pendant leur stage. Les partenaires ont pu les questionner sur leur raisonnement ou apporter des précisions.

Les stagiaires ont eu à étudier l’exemple d’un agriculteur installé depuis 15 ans rejoint sur la ferme par sa conjointe, celui d’un jeune qui reprend une exploitation ayant deux poulaillers et qui projette d’en construire deux autres et enfin celui d’un agriculteur qui s’installe dans un Gaec avec la reprise d’hectares et la création d’un bâtiment pour les vaches laitières. Selon les cas-types, les jeunes ont traité de l’assurance des personnes et de l’adhésion au Service de remplacement, des missions de la Safer pour l’accès au foncier, des économies possibles sur les charges (de matériel avec les Cuma, d’alimentation avec Loire conseil élevage, la maitrise des investissements avec le Crédit agricole), des conditions pour obtenir la DJA (Dotation jeune agriculteur), de la valorisation des produits dans des filières à valeur-ajoutée, du rachat de parts sociales, des solutions de défiscalisation, de la prévention sanitaire à concevoir comme un investissement, ainsi que de la nécessité d’avoir des informations fiables via la presse professionnelle.

Des professionnels pour accompagner

Finalement, les jeunes ont réalisé qu’ils peuvent, et même doivent, se référer aux professionnels qui les entourent pour se faire accompagner dans leur projet d’installation et au-delà. Mathieu Vassel, président de Jeunes agriculteurs Loire, intervenait : « Informez-vous bien car en tant que chefs d’entreprise, la décision finale vous appartient. » Les stagiaires ont aussi rapporté avoir apprécié pouvoir échanger en direct avec des représentants de structures agricoles, permettant de faire tomber des préjugés et de comprendre qu’il est possible de les contacter facilement pour obtenir des réponses.

Des agriculteurs pour défendre le métier

Les stagiaires ont été surpris qu’autant d’agriculteurs défendent leur profession, de l’échelon local au national, et qu’un nombre incalculable de décisions se prennent à Paris. Ils ont compris qu’ils ne doivent pas tout attendre des autres et s’impliquer à leur tour. L’engagement de Ligériens comme sénateurs ou députés, présents plusieurs jours par semaine à la capitale, les a marqués. Ils ont réalisé qu’ils pouvaient eux aussi s’engager dans des mandats civiques, à commencer par le conseil municipal de leur commune.


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Après une brève présentation de leur projet d’installation, les stagiaires ont expliqué dans quelles structures ils souhaiteraient s’engager à plus ou moins long terme. Certains sont déjà impliqués localement ou savent que des missions pourraient leur être confiées prochainement. Plusieurs d’entre eux préfèrent mener à bien leur installation avant de s’impliquer de manière à évaluer leur temps disponible.

La bonne ambiance entre les stagiaires, palpable lors de l’après-midi de restitution, était au rendez-vous de chaque journée de formation, n’empêchant pas les débats d’idées et les échanges constructifs. La conclusion revenait à Mathieu Vassel : « Vous devez construire un outil qui permette de vous épanouir et vous verser un salaire. A vous de vous organiser pour dégager du temps pour un engagement, mais aussi pour votre famille. Vous devez trouver un bon équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. »