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Prédation

Attaques de loups dans la Loire : la FDSEA réclame davantage de moyens de défense

Alors que la prédation lupine s’étend dans la Loire et que le plafond national de prélèvement approche, la FDSEA de la Loire demande le maintien de toutes les possibilités de tirs de défense et l’application rapide de la réserve réglementaire de 2 %.

Par FDSEA de la Loire
Attaques de loups dans la Loire : la FDSEA réclame davantage de moyens de défense
En 2026 dans la Loire, neuf attaques d’ovins ont été officiellement attribuées au loup, rapporte la FDSEA. ©AdobeStock

La présence du loup se confirme et s’étend dans la Loire. « Depuis le début de l’année et à la date du 19 octobre, neuf attaques ont été officiellement attribuées au loup - Responsabilité du loup non exclue -, uniquement sur des troupeaux ovins, pour 48 victimes décédées ou blessées », indique Sébastien Chassagneux, responsable du dossier prédation de la FDSEA de la Loire. Les attaques concernent désormais tout le département : Vendranges, Bussy-Albieux, La Valla-en-Gier, etc. Pour lui, dans le Pilat, la situation est « particulièrement préoccupante » : « les suivis de terrain ont confirmé la présence de l’espèce et la découverte de louveteaux atteste désormais de sa reproduction et de l’installation d’une première meute dans le massif, côté rhodanien ».


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Face à cette évolution, les dispositifs d’alerte et de protection des élevages sont renforcés. Néanmoins, les moyens, que sont, les chiens de protection et les clôtures électriques, « demeurent difficile à mettre en place dans certains territoires, comme le Pilat », assure l’élu de la FDSEA. Les tirs de défense des troupeaux restent actuellement possibles dans la Loire, sous réserve du respect du cadre réglementaire. Cependant, « la situation nationale fait peser une nouvelle incertitude sur les capacités d’intervention : au 1er octobre 2026, 212 loups ont déjà été prélevés sur les 227 autorisés pour l’ensemble de l’année, soit près de la totalité du plafond annuel de 21 %, alors même que les derniers mois de l’année restent encore à couvrir. Alors que les attaques se poursuivent, les possibilités de prélèvement se réduisent progressivement dans plusieurs départements, notamment avec des restrictions sur la mobilisation des louvetiers », s’inquiète Sébastien Chassagneux.

Pour la FDSEA, « les éleveurs ligériens ne doivent pas se retrouver sans moyens de protection jusqu’à la fin de l’année. Nous demandons l’application rapide des annonces faites par la ministre de l’Agriculture au Sommet de l’élevage 2026, à propos de l’activation de la réserve de 2 %, qui permettrait au plafond de prélèvement de passer de 21 % à 23 %, insiste le responsable syndical. Le nombre de loups pouvant être prélevés pour cette année 2026 passerait de 227 individus à 248 individus ».


Lire aussi : Des louveteaux nés dans le Pilat inquiètent les éleveurs de la Loire


La loi d’urgence agricole apporte plusieurs avancées importantes au sujet de la prédation, « sous réserve de la publication des décrets », note Sébastien Chassagneux. Notamment : « le tir déclaratif sera accessible dans toutes les communes pour les troupeaux ovins, caprins, bovins, équins, asins qui seront reconnus comme non protégeables, et le délai pour la délivrance du récépissé est raccourci », détaille-t-il. Cependant, « ce texte ne constitue pas la réforme structurelle que nous réclamons depuis plusieurs années, les procédures restant en partie administratives. Nous appelons tous les éleveurs ligériens à réaliser leur déclaration en ligne afin d’être réactifs et de pouvoir réaliser des tirs de défense quand les modalités de mise en œuvre sont respectées ».

Le réseau FNSEA demande également au Gouvernement et au préfet coordonnateur du Plan national Loup la suppression du plafond de prélèvement. « Le véritable indicateur de réussite de la politique du loup ne doit pas être la bonne gestion d’un plafond national, mais la baisse effective de la prédation », insiste l’agriculteur.

A savoir

Le tir de défense (c’est-à-dire létal) doit être pratiqué à proximité immédiate du troupeau, avec une identification formelle du loup à l’aide d’une source lumineuse (lunettes de tir de visée nocturne réservés à la louveterie et à la BMI de l’OFB). Les armes autorisées sont celles de catégorie C, à balle avec ogive d’un diamètre supérieur ou égal à 7 mm obligatoirement.

Les modalités d’obtention d’un tir de défense sont les suivantes : tir déclaratif en cercles 0, 1 et 2, et tir sur autorisation en cercle 3 (conditionné à la réalisation de tirs d’effarouchement au préalable). L'obtention n’est plus conditionnée à la mise en œuvre des moyens de protection pour les troupeaux.

La FDSEA de la Loire recommande que les éleveurs ligériens en cercle 2 fassent tous une déclaration de tir de défense pour être réactifs en cas d’attaque sur les troupeaux.

Le tir d’effarouchement est non létal. Sans démarche administrative préalable, il peut se pratiquer avec munitions caoutchouc ou grenaille métallique d’un diamètre inférieur ou égale à 2,25 mm par l’éleveur ou un mandataire disposant du permis de chasse valide et à proximité du troupeau.

Attaque suspectée du loup : les bons réflexes

Lorsqu’une attaque de troupeau peut être liée au loup, plusieurs étapes sont nécessaires pour permettre son expertise et une éventuelle indemnisation. Les services de l’État rappellent les contacts utiles et les précautions à prendre.

Lorsqu’un éleveur, un berger ou un propriétaire d’animaux domestiques à titre d’agrément constate une attaque récente sur son troupeau (animaux tués présentant des traces fraîches de morsures ou de consommation, animaux blessés avec des traces de morsures…), et que celle du loup est possible, il doit contacter sans tarder la DDT (Direction départementale des territoires) : 06.76.08.73.62 ou 06.73.32.37.79 en dehors des heures d’ouverture. Au besoin, il est aussi possible de contacter le service départemental de l’OFB (Office français de la biodiversité) au 04.77.97.06.50.

La DDT précise les informations à communiquer : nom et prénom, coordonnées téléphoniques, commune, lieu-dit et localisation précise du/des dommages, type et nombre d’animaux blessés et/ou tués, date estimée du dommage, présence de boucles d’identification, ainsi que toute information complémentaire jugée utile.

Le déplacement de l’OFB

Dans un délai de 48 heures maximum après le signalement, un agent du service départemental de l’OFB, formé spécifiquement au relevé d’éléments techniques, se rendra sur place pour dresser un constat de dommage. « La présence de l’éleveur ou d’un représentant de ce dernier est indispensable pour accompagner l’agent », indiquent les services de l’Etat.

Ils complètent : « Dans l’attente du constat, il est essentiel de protéger les victimes des charognards ou d’une surprédation, à l’aide de bâches, sacs, toiles et pierres ; de relever le numéro d’identification de tous les animaux blessés ou morts ; de ne pas déplacer les victimes mortes et de ne pas les envoyer à l’équarissage ; de regrouper les animaux dans des enclos sécurisés ; d’isoler du troupeau les animaux blessés et d’engager les soins ; de prendre des photos des animaux, des éventuels indices (empreintes, déjections), des détails des blessures. » Il peut être judicieux de placer un piège-photo ou un dispositif équivalent à proximité de la dépouille.

La remontée d’informations : un enjeu majeur

Le constat réalisé par l’OFB est transmis au réseau national loup, qui établit une expertise, laquelle permettra de conclure sur la responsabilité ou non d’un loup pour le dommage subi. Il donnera lieu à indemnisation pour les cas de figure où la responsabilité du loup ne peut être écartée.

En dehors des attaques et des dommages causés, les services départementaux de l’Etat insistent sur le fait que « tout indice tel que des observations visuelles avec ou sans photographie, empreintes, poil, fèces, proie sauvage prédatée, dépouille de loup, etc..., doit être communiquée à la DDT et ou à l’OFB » via les numéros précédemment indiqués. Il est aussi possible d’envoyer des éléments relatifs aux indices par mail (ddt-louplynx@loire.gouv.fr).

Ils rappellent que « le loup bénéficie d’une protection stricte, tant au niveau national qu’international. Le code de l’environnement interdit notamment la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, ainsi que la perturbation intentionnelle du loup (Canis lupus), sauf dérogations particulières préalablement obtenues ».

D’après DDT de la Loire