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Événement

Comice de Feurs : En 2026, un contexte inédit, mais une mobilisation sans relâche

Contraintes sanitaires, effectifs en baisse, cours élevés, réorganisation des bâtiments : la préparation de l’édition 2026 du comice agricole de Feurs a demandé plusieurs mois de préparation. Un collectif intergénérationnel est mobilisé pour maintenir l’attractivité du rendez-vous annuel.

Par Lucie Grolleau-Frécon
Comice de Feurs : En 2026, un contexte inédit, mais une mobilisation sans relâche
Après une phase de test l’an passé, les barres au garrot ont été généralisées à toutes les écuries. ©PdlL

Des niveaux de prix de vente des bovins en ferme jamais atteints et une réglementation sanitaire liée à la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) limitant le nombre d’animaux inscrits dans les écuries : le décor est planté pour l’édition 2026 du comice agricole de Feurs et ses concours d’animaux de boucherie (bovins charolais, limousins et croisés, agneaux). Quelle sera la réaction des acheteurs le samedi matin après le jugement des animaux à huis clos ? Quel sera le niveau de prix demandé par les éleveurs ? Les responsables de l’Association du comice agricole de Feurs ne s’avancent pas à faire des pronostics, mais espèrent bien que chacun y trouvera son compte.


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Leur seul objectif est de tout mettre en œuvre pour que l’événement se déroule dans de bonnes conditions. Depuis plusieurs mois, malgré les incertitudes liées au sanitaire, ils préparent cette nouvelle édition du comice. Le règlement a été finalisé début janvier, en concertation avec les représentants du GDS (Groupement de défense sanitaire) de la Loire : rien n’empêche l’événement de se tenir, mais uniquement avec des bovins de la zone vaccinale DNC. D’où la proposition aux éleveurs situés en zone indemne d’inscrire des animaux pour un concours parallèle, dont le jugement s’est déroulé dans les fermes début mars. Mi-février, au moment de clore les inscriptions, c’est sans surprise que les responsables des concours ont enregistré une baisse des effectifs.

Baisse des effectifs bovins

Une diminution cependant plus importante qu’attendue du côté de la race Limousine. La majorité des exposants habituels sont dans ce périmètre. « Je pensais que la plupart d’entre eux inscrirait des animaux, d’autant plus que nous avions réalisé une belle édition 2025, avec beaucoup de bovins de boucherie exposés, des acheteurs venus en nombre et des belles ventes », commente Jean-Luc Conseillon, le responsable de cette exposition au sein de l'association C’était sans compter sur des arguments divers et variés. Finalement, le concours d’animaux de boucherie enregistre 27  inscriptions par neuf élevages, contre 57 l’an passé.

Du côté du concours de bovins de boucherie charolais et croisés, 140  animaux seront présents, contre 160 à 180 habituellement. En parallèle du jugement dans les écuries, les organisateurs du concours ont proposé aux éleveurs de la zone indemne DNC d’inscrire des animaux pour un concours avec un jugement dans les fermes. Huit élevages ont présenté 26 bovins au jury qui s’est déplacé dans les fermes lundi 2 mars. Le classement sera dévoilé pendant le comice et les éleveurs ont été invités à aller y chercher leurs plaques, des récompenses prisées des acheteurs.

La DNC a également eu des répercussions sur l’exposition-vente de bovins mâles reproducteurs : six limousins sont inscrits (sensiblement pareil que les années passées) par trois élevages et six charolais présentés par deux élevages. Cette race paie les conséquences du zonage puisque la majorité des exposants habituels sont du Roannais, en partie en zone indemne.

Plus d’agneaux de boucherie

L’exposition ovine enregistre cette année 32 cases de 4 agneaux de boucherie chacune, contre 28 en 2025. La création, à la demande des éleveurs, d’une nouvelle catégorie, celle des "races rustiques", y est sûrement pour beaucoup. Cette section, comme son nom l’indique, accueille des agneaux de races dites rustiques, réputées pour être très maternelles et pour s’adapter à des conditions de milieu difficiles. Il s’agit des races Grivette, Rava, Blanche du Massif Central, Noire du Velay. Les deux autres catégories historiques du comice sont les "races bouchères" et les "races croisées rustiques".

La première fait référence aux races herbagères, qui présentent de bonnes qualités maternelles et de bonnes caractéristiques bouchères (Charollaise, Ile de France, Suffolk). La seconde comprend des agneaux issus d’un accouplement entre une brebis de race rustique et un bélier de race bouchère. « Jusqu’à maintenant, les agneaux “rustiques“ courraient avec les agneaux croisés. Les premiers sont moins conformés que les seconds et avaient moins de chance de se hisser en tête du classement », argumente Daniel Poyade, le responsable de l’exposition au sein de l’association du comice.


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Aux côtés des agneaux de boucherie sont exposés des reproducteurs (béliers, brebis, agnelles). Ils représentent les races élevées dans la Loire : Charollais, Ile-de-France, Suffolk, Grivette et Rava.

Travaux conséquents

L’hiver a été mis à profit pour aménager les bâtiments. Pour assurer la sécurité des éleveurs, les barres au garrot ont été généralisées dans l’ensemble des écuries pour le concours de bovins de boucherie charolais et croisés. Plusieurs membres de l’association, aidé d’élèves du lycée de Ressin, se sont activés pour tout soit prêt le jour J.

Autre modification notable : la réorganisation de la petite écurie accueillant La ferme aux enfants. Elle est désormais propriété de l’association, après l’avoir achetée à la ville de Feurs. Une entreprise forézienne s’est chargée de la réfection de la toiture et de la démolition du mur au centre du bâtiment. Les bricoleurs de l’association se sont chargés des finitions. Et bien plus encore : ils sont toujours prêts à créer un banc pour les jeunes visiteurs ou encore à couper et souder des barrières.

Travail de l’ombre

L’équipe s’est aussi affairée à vendre aux entreprises des billets d’entrée pour les écuries, mais aussi à reconduire les partenariats ou en chercher de nouveaux. Ce rendez-vous annuel constitue également une charge administrative conséquente.

Au sein de l’association, chacun sait ce qu’il a à faire (commande des plaques, recherche des animaux pour La ferme aux enfants, organisation de la conférence de presse…). Néanmoins, la force du collectif est de pouvoir confronter les idées et de s’entraider pour affiner l’organisation. Le mélange des compétences et des générations constitue un plus, les aînés portant l’histoire du comice et les plus jeunes proposant des approches différentes, qui s’appuient bien souvent sur l’informatique.

A voir et à faire dans les écuries

Chaque année, les membres de l’association et leurs partenaires cherchent à proposer de nouvelles animations dans les écuries. Ils se sont encore plus creusé les méninges cette année puisque toutes les places dans le bâtiment ne sont pas occupées en raison de la baisse des effectifs pour cause de DNC (Dermatose nodulaire contagieuse). Aussi, l’espace libre, entre le stand de Paysans de la Loire et l’exposition ovine, a été pensé comme un lieu où les générations peuvent se rencontrer. Les enfants ont la possibilité de se poser un instant pour jouer, se faire prendre en photo ou concevoir un joli dessin. Les adultes peuvent eux aussi s’installer pour discuter, voir même laisser un mot pour relater leurs souvenirs au comice.

Les responsables de l’association du comice agricole ont sollicité JA (Jeunes agriculteurs) Loire, et plus spécifiquement les membres du canton de Feurs, pour organiser, à plusieurs reprises dans le week-end, une dégustation de viande. L’occasion pour se faire rencontrer producteurs et consommateurs.

De même, Interbev (Interprofession bétail et viande) Auvergne-Rhône-Alpes et les éleveurs de la FDSEA de la Loire se mobilisent pour proposer, ponctuellement pendant le comice, une animation ludique, à partir d’un quizz, pour faire découvrir aux visiteurs les métiers de la filière viande. Qui sait, peut-être qu’elle fera naître des vocations…

L’association des moutonniers de la Loire, dont les responsables estiment que le comice constitue une belle vitrine pour leur filière, organise une démonstration de tonte. Plusieurs fois dans le week-end, des tondeurs professionnels montreront leur dextérité.

LGF