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Bulletin maïs

Différencier la matière sèche de la plante et des grains

La Chambre d’agriculture de la Loire fait chaque semaine un état des lieux des cultures de maïs fourrager dans le département. Point au 26 août.

Par Augustin Gravier, Chambre d’agriculture de la Loire
Différencier la matière sèche de la plante et des grains
@AdobeStock
La date de récolte du maïs fourrager ne doit pas se décider sur le taux de MS global de la parcelle, mais uniquement sur celui de plants avec une teneur en grains.

Dans les zones de plaines et de piémonts, mais aussi dans certains territoires de montagnes « chaudes », malgré la baisse des températures fin août et quelques averses, la plupart des maïs fourragers ont vu leur teneur en matière sèche (MS) rapidement avancer. Cela a été accéléré par des températures plus douces que prévu, des variations thermiques jour/nuit accentuées et l’arrêt de l’irrigation sur certaines exploitations.

Sur ces maïs fourragers (ensilage plante entière, épi), deux points de vigilance sont à noter :

- la date de récolte du maïs fourrager ne doit pas se décider sur le taux de MS global de la parcelle, mais uniquement sur celui de plants avec une teneur en grains. Les avortons (plants de maïs sans grain ou sans épi) contribuent peu au rendement global et dilueront toujours la teneur en MS globale de l’ensilage. L’essentiel est de sauvegarder le potentiel en amidon de qualité lactogène, même en sous densité, quitte à n’obtenir qu’un ensilage de maïs à 28-30 % de MS.

- le stress hydrique comme thermique favorisent la dureté du grain (caryopse/enveloppe du grain), ce qui s’avère trompeur pour décider de la date de récolte. L’essentiel est d’étudier les phases vitreuses/pâteuses/laiteuses du grain, en complément de l’estimation de la teneur en MS par étuvage ou AgriNir. Certains grains peuvent paraître très durs, alors qu’ils ne restent que laiteux/pâteux avec à peine de vitrification de l’amidon. Le risque est d’avoir une teneur en amidon le futur ensilage potentiellement diluée.

Dans certaines zones de montagnes plus « tardives » et « froides », seuls les maïs fourragers actuellement au stade 24 à 28 % de MS ont pu profiter ou profitent réellement de ces conditions météorologiques pour conforter le remplissage de leur grain en amidon. Dès à présent, il est possible d’évaluer le potentiel en grain et en amidon des futurs ensilages : certains de ces maïs fourragers de montagnes, bien que très verdoyants, présentent un fort taux d’avortement du grain, ce qui risque de diluer à la fois la future teneur en MS comme la teneur en amidon (<28 % de MS, <25 % d’amidon). Certains leviers peuvent être actionnés pour concentrer cette teneur en amidon de ces maïs fourragers très « végétatifs  » (Cf. bulletin maïs publié dans le journal de la semaine dernière).

Augustin Gravier, Chambre d’agriculture de la Loire