Juger, expliquer et mettre en valeur la race Limousine de la Loire
Dimanche 30 août, à Merle-Leignec, le concours départemental de la race Limousine a réuni 32 animaux. Au-delà du classement, il a été l’occasion de parler d’élevage au public.
La bonne humeur était une fois de plus au rendez-vous au sein du groupe d’éleveurs limousins participant au concours départemental de la race, dimanche 30 août à Merle-Leignec. Quelques fidèles retraités les accompagnaient, autant pour les soutenir que pour gérer quelques aspects logistiques. 32 animaux venus des quatre coins de le Loire avaient fait le déplacement dans le sud des monts du Forez, au Comice de la vallée de l’Ance(1).
Les responsables de l’Arebli, l’association des éleveurs limousins de la Loire, avaient confié à Nicolas Peyrard, agriculteur en Haute-Loire, la mission de départager les animaux. Au terme de la journée, il soulignait leur « bonne qualité. Dans l’ensemble, la préparation était parfaite. » Toute la journée, sous un soleil resplendissant, le juge a vu défiler dans le ring tous les mâles et toutes les femelles limousines. Ils étaient répartis en plusieurs sections selon leur âge. « Même si le nombre de bovins n’était pas important, j’ai bataillé à en juger certaines », expliquait-il.
Ange, meilleur animal du concours
Pour l’éleveur altiligérien, « deux bovins sortent du lot ». Il faisait allusion à Ange et Aznavour, une femelle et un mâle sans cornes d’un an, appartenant au Gaec Bernard de Saint-Just-Saint-Rambert. Après le classement des sections, ils concourraient, en fin de journée, pour le prix du meilleur animal du concours. Le juge a préféré la jeune génisse, qu’il a qualifiée de « parfaite ». « On ne rencontre pas ce type d’animal tous les jours, assurait-il. Celle femelle m’a tapé dans l’œil dès son entrée dans le ring le matin. »
Le jugement se terminait par un temps fort : l’attribution du prix d’élevage. Quatre fermes étaient représentées, avec trois bovins chacune, pour l’ultime sortie dans le ring. Après avoir rappelé qu’il recherchait des lots homogènes, c’est-à-dire des animaux se ressemblant, Nicolas Peyrard attribuait la distinction au Gaec Mercier Pierre et Joëlle de Coutouvre. « Ces mâles sont racés, avec des bassins parfaits. »
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Le juge a apprécié sentir « le public nombreux et très attentif » autour du ring. A plusieurs reprises, profitant d’avoir le micro en main, il a fait de la pédagogie auprès des spectateurs non-initiés en apportant des précisions sur l’élevage, la sélection et son jugement. Par exemple, au moment d’attribuer les prix des meilleurs animaux sans cornes, il expliquait l’intérêt d’avoir des animaux non cornus pour leur sécurité et celle des éleveurs, mais aussi comment ce gène a été introduit dans la race Limousine. « Ils doivent bien évidemment avoir les mêmes qualités que les autres », complétait-il.
Lors du jugement des prix des meilleurs animaux à fort développement musculaire (un mâle et une femelle), Nicolas Peyrard était accompagné d’un boucher à la tête de plusieurs établissements (boucheries Jaillet à Saint-Etienne, Firminy et Bas-en-Basset). Ces prix étaient l’occasion de mettre en évidence la finalité des animaux allaitants : l’approvisionnement de la filière viande. Le juge et le boucher ont par exemple apprécié en Aldo, du Gaec Surgey à Valeille, son filet et sa finesse d’os. « Il a un rendement viande/os idéal. » Aluna, une jeune femelle du même élevage, a aussi été récompensée dans cette catégorie.
Rendez-vous en 2027
Pierre-Yves Fréry, président de l’Arebli, était satisfait du déroulement de la journée et de l’ambiance. Il aurait malgré tout apprécié compter des animaux adultes au sein de l’exposition, des taureaux et des vaches avec leur veau. « Ils représentent toujours un attrait pour les visiteurs. » Il espère que ce sera le cas pour l’édition 2027 du concours, qui devrait se dérouler dans le cadre de la Fête du lait à Montbrison en septembre.
(1) Le Comice de la vallée de l’Ance, qui se tenait cette année à Merle-Leignec, accueillait un concours de vaches laitières et diverses animations pour tous les publics (matériels agricoles anciens, groupe de musique et de danse, maquillage pour les enfants…).