L’agriculture consomme 11 % des prélèvements d’eau nationaux
En France, selon le dernier Recensement général agricole (RGA) de 2020, l’agriculture a consommé 3,4 milliards de m3 d’eau. Une consommation hétérogène et saisonnière.
En France, selon les données du ministère de la Transition écologique, en 2020, 30,4 milliards de mètres cubes (m3) d’eau douce ont été prélevés pour l’ensemble des usages humains (industrie, énergie, agriculture, eau potable).
L’agriculture a représenté environ 11 % des prélèvements totaux, soit 3,4 milliards de m³/an, derrière le refroidissement des centrales de production d’électricité (45 %), la production d’eau potable (19 %), l’alimentation des canaux de navigation (17 %) et devant les autres activités économiques, principalement industrielles (8 %). Ce prélèvement concernait majoritairement l’irrigation (92 % selon Carteau et al., 2010), devant l’abreuvement du bétail (6 %) et d’autres utilisations comme le nettoyage des bâtiments et du matériel (2 %).
Abonnez-vous à Paysans de la Loire
En 2020, cette eau a servi à irriguer 1,8 million d’hectares (ha), soit 6,8 % de la Surface agricole utile française (SAU). La surface agricole française dite irrigable en France s’élevait alors à 2,8 millions d’hectares, soit 11 % de la SAU. Le volume prélevé varie selon les années en raison essentiellement des conditions météorologiques (températures, pluviométrie, pluie efficace…) et du type et de la qualité des sols, les ressources en eau disponibles (nappes souterraines, cours d’eau…) et les types de cultures implantées. « Entre 2010 et 2020, les quantités annuelles d’eau douce prélevées pour l’agriculture ont varié de 2,1 à 3,4 milliards de m3 selon les années », précise le ministère de la Transition écologique.
Des besoins contrastés selon les productions
Les besoins d’irrigation ont été, par ailleurs, très variables selon les productions. « Si les exploitations maraîchères et horticoles sont les plus équipées en système d’irrigation (51 % d’entre elles), ce sont les cultures de maïs qui mobilisent le plus de surfaces irriguées (38 %), devant le blé (12 %) et les légumes frais, fraises et melons (9 %) », indique la Data lab du ministère de la Transition écologique.En effet, 590 000 ha de maïs grain et maïs semence et 94 000 ha de maïs fourrage et ensilage ont été irrigués en 2020. « Le taux d’irrigation est plus élevé pour le maïs grain et maïs semence : 34 % de la SAU contre 7 % pour le maïs fourrage et ensilage. »À noter, les surfaces irriguées en vigne ont bondi de près de 138 % en dix ans (69 000 ha en 2020 contre 29 000 ha en 2010).
Lire aussi : Pourquoi la data est le nouvel outil stratégique des coopératives agricoles ?
La note ministérielle indique par ailleurs que le choix des variétés culturales se fait également en fonction de la facilité à mobiliser la ressource. Ainsi, plus rémunérateur que le blé tendre, le blé dur (26 % de la SAU irriguée pour le blé dur) est beaucoup plus fréquemment irrigué que le blé tendre d’hiver (un peu moins de 4 % pour le blé tendre d’hiver). Par ailleurs, les cultures à forte valeur ajoutée comme les fruits, les légumes, les fleurs et les plants sont très fréquemment irriguées.
Efficacité et modernisation
Face à ces enjeux, la question de l’efficacité de l’irrigation est centrale. Depuis plusieurs décennies, les équipements ont évolué : développement du goutte-à-goutte, amélioration des rampes et pivots, pilotage par sondes capacitives, outils d’aide à la décision intégrant données climatiques et bilans hydriques. Selon l’Inrae, ces progrès permettent d’optimiser les apports au plus près des besoins physiologiques des cultures et de limiter les pertes par ruissellement ou percolation profonde.
L’amélioration de l’efficience technique ne supprime pas le besoin en eau, mais elle contribue à réduire les volumes mobilisés à production équivalente. Cette dynamique de modernisation s’inscrit désormais dans une approche plus globale de gestion intégrée de la ressource, où l’ajustement des pratiques agronomiques (choix variétal, dates de semis, couverture des sols) complète les leviers strictement techniques.