L'apprentissage agricole confirme sa forte progression
De nombreux jeunes choisissent aujourd’hui la voie de l’apprentissage pour se former à leur futur métier. Les formations agricoles ne sont pas en reste. Les effectifs d’apprentis y ont progressé d’environ 60 % depuis 2010 selon le ministère.
Après la forte dynamique engagée à partir de 2019, l’apprentissage confirme en 2024 son installation durable dans le paysage de la formation professionnelle. D’après les dernières données publiées par la Dares (ministère du Travail), dans son étude L’apprentissage en 2024 (janvier 2026), 889 400 contrats d’apprentissage ont débuté en 2024, soit une progression de 4 % sur un an.
Abonnez-vous à Paysans de la Loire
Au 31 décembre 2024, 1 048 800 contrats étaient en cours, en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. La Dares souligne que cette croissance reste soutenue, mais plus modérée que celle observée entre 2019 et 2022, période marquée par la réforme issue de la loi du 5 septembre 2018 et par la mise en place d’aides exceptionnelles à l’embauche.
L’étude indique également que les formations préparant à des titres à finalité professionnelle progressent fortement : elles représentent désormais 34 % des contrats signés en 2024, en hausse de 11 % sur un an. Pour la première fois depuis 2019, la hausse des entrées est plus marquée dans l’enseignement secondaire (+ 6 %) que dans le supérieur (+ 3 %). Par ailleurs, 75 % des nouveaux contrats sont conclus dans le secteur tertiaire, tandis que 44 % débutent dans des structures de moins de dix salariés, confirmant l’importance des petites entreprises dans le développement de l’apprentissage.
48 648 apprentis agricoles
Dans ce paysage national, l’enseignement agricole présente des caractéristiques propres. Selon les données publiées par le ministère de l’Agriculture (statistiques Agreste, année scolaire 2024-2025), l’enseignement agricole compte 48 648 apprentis, soit 4,8 % de l’ensemble des apprentis en France. Les effectifs ont progressé d’environ 60 % depuis 2010, traduisant une montée en puissance régulière de l’apprentissage dans les formations agricoles.
Lire aussi : Quelles sont les voies pour devenir ingénieur en agriculture ?
La répartition par diplôme illustre la diversité des parcours. Toujours selon les chiffres du ministère de l’Agriculture pour 2024-2025, 11 064 apprentis préparent un CAP agricole, 13 810 un baccalauréat professionnel agricole et 13 821 un Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA). Ces formations couvrent les métiers de la production, de l’aménagement, des services ou encore de la transformation.
Structuré autour d’établissements relevant du ministère de l’Agriculture et d’un maillage territorial dense, l’apprentissage agricole repose en grande partie sur des exploitations et entreprises de petite taille, en cohérence avec la structure du tissu productif. Dans un contexte de renouvellement des actifs et de transmission des exploitations, il constitue un levier central d’accès aux compétences et d’intégration progressive dans les métiers.
L’apprentissage est un mode de formation professionnalisante par alternance, qui combine enseignement théorique et pratique en centre de formation et expérience en entreprise. Il repose sur un contrat de travail spécifique conclu entre un jeune et un employeur, sous la supervision d’un maître d’apprentissage : ce contrat permet à la fois de se former à un métier et de toucher un salaire tout au long de la formation. Ce dispositif vise à faciliter l’acquisition de compétences directement opérationnelles, grâce à un partage du temps entre un établissement de formation, où l’on reçoit enseignement général, technique et théorique, et une entreprise, où l’on met en pratique les savoir-faire du métier. L’apprentissage permet de préparer des diplômes nationaux ou des titres professionnels, du CAP et baccalauréat professionnel jusqu’aux diplômes supérieurs (BTS, licences professionnelles, masters, etc.). Ce système d’alternance s’adresse principalement aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, avec des exceptions possibles. La durée du contrat varie généralement de six mois à trois ans, en fonction du niveau de qualification visé.