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Convention

La profession agricole renouvelle son partenariat GRTgaz

La FNSEA et les chambres d’agriculture ont renouvelé leur convention de partenariat avec la société GRTgaz pour une durée de trois ans. Par ce biais, ces trois acteurs de poids souhaitent développer la production de biométhane issue des exploitations et favoriser les actions en faveur de la biodiversité.
La profession agricole renouvelle son partenariat GRTgaz

Un an après avoir cosigné un protocole relatif aux conditions d'implantation des canalisations de gaz sur les terrains agricoles, la FNSEA, l'APCA et GRTgaz viennent de renouveler leur partenariat afin d'aller encore plus loin. « Aujourd'hui, les agriculteurs, propriétaires ou locataires, sont directement concernés par le développement de ce réseau », déclare Claude Cochonneau, le nouveau président de l'APCA à l'occasion de la signature de la convention, le mardi 29 novembre. Les interactions entre les terres agricoles et les 32 200 km de réseau de gaz sont en effet indéniables. Au-delà des multiples synergies en perspective, le partenariat cible deux actions prioritaires.

 

Plus de biométhane et plus de biodiversité

 

L'objectif inscrit dans la loi relative à la transition énergétique (promulguée en 2015) vise, à l'horizon 2030, 10 % de la consommation totale en gaz renouvelable. « On estime le potentiel de biométhane agricole a au moins 50 térawatt-heure (TWh) », indique Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz. Le potentiel agricole permettrait de répondre aux objectifs de la loi. Cependant, « il faut bien comprendre que ce potentiel agricole peut s'orienter vers plusieurs formes : en électricité, en chaleur, en digestats etc. », tempère Thierry Trouvé. Aujourd'hui en France, près de 230 exploitations agricoles possèdent des méthaniseurs qui font, pour la quasi-majorité, de la cogénération (électricité et chaleur) à partir de biogaz. Relatif cette fois à l'injection de biométhane (biogaz épuré) dans le réseau de gaz classique, seulement 25 unités sur l'ensemble du territoire national pratiquent cette activité, dont les deux tiers en moyenne sont des exploitations agricoles. « On vise 600 installations d'ici 2030. C'est faisable », annonce optimiste Thierry Trouvé. Monter un projet de méthanisation reste néanmoins compliqué. « Il faut identifier le bon type d'intrants, choisir le bon constructeur, élaborer un exercice de faisabilité, remplir un dossier d'ICPE, de subventions etc. Cela prend en moyenne 5 ans », énumère Frédéric Terrisse, responsable approvisionnement et valorisation méthane chez Engie. En parallèle, le décret du 7 juillet 2016 relatif à l'approvisionnement des méthaniseurs en cultures alimentaires vient réglementer cette démarche globale. « Il limite à 15 % la part de cultures alimentaires autorisée. Avant c'était autorisé aussi, mais beaucoup de subventions octroyées par les collectivités étaient conditionnées à ne pas utiliser de cultures alimentaires. La France a toujours eu une orientation d'une méthanisation basée sur les déchets organiques a contrario de l'Allemagne ou de l'Autriche », informe Frédéric Terrisse. Le deuxième volet privilégié par cette convention tripartite concerne celui de la biodiversité. « Les bandes de servitude qui sont situées au-dessus des canalisations sont de véritables espaces naturels. Une des idées de ce partenariat, c'est de confier leur entretien aux professionnels agricoles », souligne Thierry Trouvé. Le partenariat souhaite également accompagner les réseaux respectifs « dans la construction des mesures d'évitement, de réduction et de compensation écologique ». « Le concours national des prairies fleuries a aussi pour but de montrer l'engagement des agriculteurs en faveur de la biodiversité », renchérit Claude Cochonneau.